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NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE,

APPLIQUÉE AUX ARTS,

A l'Agriculture, à rÉconomie rurale et domestique, à la Me'decine , etc.

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES ET D'AGRICULTEURS.

Nouvelle Edition presqu'entièrement refondue et considé- rablement augîïientée ;

AVEC DES FIGURES TIRÉES DES TROIS REGNES DE LA NATURE.

TOME VIL

DE L'IMPRIMERIE D'ABEL LAIÎîOE, HUE DE lA HARPE.

A PARIS,

Chez DETERVILLE, libraire, rue hautefeuille, jn» »S.

M DCGC XVII.

Indication des Pages oîi doivent être placées les Planches du Tome VII, avec la note de ce {jumelles représentent.

B 24- Animaux mammifères Pag- i6r

Cachicame (tatou). Callitriche (guenon). —Civette.

B 28. Plantes * 209

Clusier rose. Cocotier nucifère. Copayer officinal.

Coquemollier d'Ame'rique.

B 27. Insectes 255

Cicindèle champêtre. —Cigale plébéienne. Cimbex à e'pauletle. Cinips des chrysalides. Cistelle sulphu- réuse Clairon des ruches. Clytre quadriponctuée.

Coccinelle à sept points. —Cochenille du nopal, mâle et femelle. Conops rufipède et sa tête grossie. Corise striée. —Criocère du ils. —Criquet stridule.

Cucujus rufipède.

B 38. Oiseaux 342

Anatomie. Formes et positions de la langue du Coli- bri et de rOiseau-Mouche.

B 19. Oiseaux (Colibris) 372

Oiseau -mouche amétiste. —Oiseau -mouche rubis- topaze. Oiseau-mouche huppé. Ortolan de neige.

B 29. Oiseaux ^99

Calao à casque concave. —Combattant ou Paon de mer. «^Crick poudré ou Meunier.

B 26. Plantes -439

Cestrau nocturne. Chalef à feuilles étroites. Clathre en colonnes. Condoré à graines rouges.

B 3o. Oiseaux . Pag. ^g/^

Cassican calyb^. —Cardinal huppé. —Coq de roche.

B 3l. Coquilles ^33

Dénomination des parties des Coquilles, et Anatomie des Animaux qui les habitent.

NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE.

C H O

i^HORLITE, Bostratiila, Vieil!.; Scolopax, Lalh. Genre de l'ordre des Oiseaux Echassiers , et de la famille des HÉ- LONOMES. V. ces mots. Caractères : Bec plus long que la tête, un peu grêle , un peu renflé vers le bout ; mandibule supé- rieure sillonnée latéralement , courbée et lisse à la pointe ; l'inférieure plus courte , droite et déprimée à l'extrémité ; narines linéaires , situées à la base du bec dans une rainure ; langue médiocre , filiforme , pointue ; tête un peu angulaire ; quatre doigts , trois devant grêles , les extérieurs unis à la base par une très-petite membrane ; l'interne libre ; le pos- térieur portant à terre sur le bout ; ongles falculaires ; ailes courtes , un peu concaves ; les deuxième et troisième rémiges les plus longues. On ne connoît que l'extérieur des chorlites ; mais comme ils ont de l'analogie avec les Lécassines , on peut soupçonner qu'ils ont le même genre de vie. On les trouve en Afrique et aux grandes Indes.

Le Chorlite du Cap de Bonne-Espérance , Roslratula capensis , Vieill. ; Scolopax capeiisis ^ Lalh. , porte cinq bandes sur la tête , une roussàtre , deux grises et deux blanches ; le manteau est d'un gris bleuâtre , mélangé d'ondes noires , et traversé par une ligne blanche ; il y a une zone noire sur le haut de la poitrine ; le ventre est blanc , la queue cendrée et rayée transversalement de noirâtre , avec quatre taches jaunes de chaque côté. Longueur totale , dix pouces.

Le Chorlite de Madagascar, pi. enl., n.°922, Scolopax

capensis, Var., Lath., n'est qu'une variété de sexe ou d'âge du

précédent. Il a la tête et le cou roux; deux traits au-dessus

de l'œil, l'un blanc 2 l'autre noir; un collier cette dernière

vu. 1

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couleur au bas Ju cou ; le dos noirâtre et gris ; les couver- tures des ailes variées de ces deux couleurs et de roussâtrc ; des bandes transversales noirâtres , et quatre rangs de taches ovales d'un roux clair , et entourées de noir sur les ailes et i>ur la queue ; le dessous du corps blanc.

Le ChORLITE de la Chine , Rostratula sincmis , Vieill. ;sco- îopax sinensis, Lath., a la tête rayée de noir et de blanc ; le cou piqueté de grisblanc; le manteau varié de taches et de lignes d'un gris-brun, bleuâtres, noires et d'un roux clair ; le dessous du corps blanc; un large feston noir sur la poitrine ; la taille un peu inférieure à celle de la bécassine commune.

Le ChORLITE des Indes , Rostratula indica^ Vieill. ; Scolo- pax intUca, Lath. , a la tête blanche , lavée de gris terreux sur le sommet ; deux raies grises sur les côtés ; la gorge et le ventre blancs ; le cou et la poitrine blanchâtres et tachetés de gris : cette dernière teinte règne sur le dos , le croupioa et les petites plumes des ailes, dont les grandes ont des bandes transversales; le bec et les pieds sont noirs. On le trouve aux Indes.

Le ChORLITE vert, Rostratula viridis , "Vieill. ; Rallus lengalensts , Lath. Oiseau assez rare , et décrit succinctement par Albin , qui , le premier , Ta fait connoîlre. On en a fait un cheoalier, une hécassine et un râle , et cependant il me semble appartenir au genre choHlie ; c'est aux naturalistes qui le verront en nature, à décider si je suis dans Terreur; tou- jours est-il certain que ce n'est ni un chemlier, ni un râle. Une teinte verte règne sur le dos et les ailes ; dont les quatre pre- mières pennes sont pourprées avec des taches orangées ; le cou et les côtés de la tête sont bruns ; celle-ci est, sur le som J met , du même blanc que la poitrine, (v.)

CHORLITO. Nom sous lequel M. de Azara a décrit des f/i^- vnlicrs et des/r/n^as du Paraguay, et à la suite desquels il a rangé une espèce qui me paroît n'appartenir à aucun genre connu. C'est à peu près le sentiment de M. de Azara, qui la regarde comme bien distincte et éloignée des chorlites , non-seule- ment par la conformation du bec, mais aussi par ses pieds , très-différens de ceux des autres.

Cet oiseau , qu'il appelle ckorllto à tarse comprimé ^ a le bec foible , droit et diminuant si sensiblement de grosseur depuis sa base , qu'il est très-mince à son bout; le tarse n'a pas une demi-ligne d'épaisseur , et il en a deux de large ; le doigt du milieu est joint au doigt extérieur par une membrane jus- qu'à la première articulation , et un peu avec l'extérieur : celte membrane accompagne les bords des doigts dans toute leur longueur; la queue est un peu échancrée , les deux pennes inlcnnédiaires étant plus courtes d'une ligne et démit-

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que les dix autres , et très-pointues. En voilà bien assez , je crois , pour constituer un genre nouveau. V. STEGA^'OP£. CHORN. C'est le Bouleau chez les ïartares tschuwaches*

(LN. )

CHORO. Singe d'Amérique, décrit par M, Humboldj, ei qui appartient au genre Alou AT£ ou Siîsges hurleurs.(desm.)

CHORODAMON, Dioscoride. Cette plante se rappro-- che de la Berce , heradeum spoiidylium , L. (LN.)

CHOROK ou PUTOIS DE SIBÉRIE, Mmiela sibi- rka, Pall. V. 31arte. (desm.)

CHORORO. Oiseau de l'Amérique méridionale, dont M. de Azara ( Voyages) a parlé le premier. Comme je ne l'ai pas vu en nature, et que sa description ne m'instruit pas assez pour déterminer le genre qui lui convient dans une mé- tJhode , je le décris isolément. De Azara place cette espèce à la suite de ses Yambus ( /^. ce mot); mais il convient qu'on doit l'en séparer, vu qu'il en diffère en ce qu'il a une queue , tandis que its yambus n'en ont pas; de plus, il a le doigt postérieur et les ongles plus longs ; la jambe et une enver- gure plus courtes , une arête saillante derrière le tarse le bec semblable à celui des gallinacés; enfin , les narines et la langue conformées tout autrement. On rencontre cet oiseau solitaire dans les forêts épaisses et humides, sous le 26."^ dc- gr^ de latitude australe. On l'approche et on le tue difficile- ment , si ce n'est au coucher du soleil , lorsqu'il marche dans les sentiers , ce qu'il fait avec grâce et la queue relevée.

Cette espèce a le bec long de neuf lignes , épais et large de quatre , presque droit; la langue en fomie de lancette ej; un peu velue à la pointe ; 1 aile composée de vingt pennes dont la cinquième est la plus longue ; la queue garnie de .douze pennes égales, excepté l'extérieure, qui est plus courte de quatre lignes que les autres ; il a huit pouces de longueur taie ; la tête de couleur de café mal grillé ; le reste des par- ties supérieures d'une teinte plombée et verdàtre , avec du blanc à l'extrémité de la queue et du noirâtre sur les pennes alaires; un trait blanc sur l'œil, lequel s'étend jusqu'aux côtés de l'occiput ; les plumes de toutes les parties inférieures blanches , bordées de noir, et avec une tache triangulaire de cette couleur sur le milieu ; les pieds d'un blanc roussâtre; le bec blanchâtre et l'iris noirâtre. {Esp. rioin'.) (v.)

CHORRAESCH. Nom donné par les Arabes à une va- riété naine de TEuphorbe des anciens, euphorbia antiçuorum, L.

(LN.)

CHORS. Nom persan de l'OuRs. (desm.)

CHORTO KADIPHE. Nom donné par les Grecs mo-

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deines aune espèce de Buphthalme, huphthalnium mand- vnim , L. (ln.),

CHORYZEME, Cfwjizema. Genre de plantes éiabli par Labillardière , dans la diadelphie décandrie et dans la famille des légumineuses. Ses caractères sont : calice à deux lèvres et àcinqdivisions; corolle papilionacée; stigmate simple, aigu; gousse oblongue , ventrue , à une seule loge polysperme.

Ce genre renferme trois à quatre espèces de sous-arbris- seaux à feuilles alternes et à fleurs disposées en grappes axil- laires peu garnies, tous originaires de la Nouvelle-Hollande, et qui se font remarquer par leurs feuilles épineuses en leurs bords comme le houx, et pour leurs fleurs d'un jaune brillant.

Le ChoryzÈme à trois lobes , qui a été placé par quel- ques botanistes parmi les Pultenées, et appelé Podolobion par d'autres. Il est figuré dans deux ou trois ouvrages , entre autres, pi. i477 d" Botaniccd Magasine de Curlis. On le cul- tive dans nos jardins, (b.)

CHOSCHI. Les Mongols nomment ainsi le Cembro , espèce de Pin. Une autre horde de Tarlares, les Burèles, l'appelle Cultschi. (ln.)

CHOSTEREK et KOS. Noms tartarcs du Noyer , ju- gions regia , L. (LN.)

CHOTIN. Nom qu'Adanson donne à une coquille du genre Cône, (b.)

CHOTUBRE. Nom kalniouck de la Lote. (desm.)

CHOU. Nom marchand de IHiPPOPE. (b.)

CHOU , Brassira , Llun. {^tétradynumie siliqueuse. ) Genre de plantes de la famille des Crucifères , qui a beaucoup de rapports avec les moutardes et les radis, mais qui se distin- gue des premières par le calice fermé , et des derniers par sa silique qui n'est point renflée à sa base , ni articulée.

Le chou a : un calice formé de quatre folioles droites, légè- rement bossues à leur base , rapprochées des pétales , de la lon<^ueur de l'onglet , et caduques ; une corolle à quatre pé- tales disposés en croix ; six étamines , dont deux plus courtes, avec quatre glandes sur le réceptacle , deux entre chaque étamlne courte et le pistil, et deux entre les étamines lon- gues et le calice; un ovaire supérieur, surmonté d'un style court et plus épais que lui. Son fruit est une silique allon- gée , un peu cylindrique, légèrement comprimée et divisée en deux loges par une cloison longitudinale , un peu plus lonque que les valves. Chaque loge renferme plusieurs se- mences rondes.

Parmi les espèces de ce genre , qui sont au nombre de trente, on compte aujourd'hui le Navet, la Rave et la Ro- quette, dont Tournefort avoit fait autant de genres séparés.

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Nous les traiterons à leur lettre. Nous n'allons parler dans cet article que du chou proprement dit , et seulement du Chou cultivé, Brassica oleracea ^ Linn.

Le chou tenoit, chez les anciens , le premier rang entre les plantes potagères. 11 a été cultivé de temps immémorial chez presque tous le^ peuples ; et il présente maintenant un si grand nomhre de variétés , que leur exposition devient embarrassante.

On distingue six races principales de choux , savoir :

Le colsa , qui semble représenter l'espèce naturelle , sans altération.

Les choux verts, qui s'élèvent le plus et ne pomment jamais.

Les choux cabus, remarquables par la pomme des feuilles qu'ils forment dans leur Jeunesse.

Les choux-fleurs , dont les rameaux et les fleurs naissantes forment une masse charnue et colorée très-particulière.

Les choux - races , dont la première tige s'épaissit eu pomme.

Le chou-naoet^ dont la racine est tubéreuse et charnue comme dans le navet.

L Colsa ou Chou-colsa , Brassica oleracea arvensîs, Linn. C'est le chou qui tient le plus de la nature sauvage. Il a une racine pivotante , menue et fibreuse. Quand il croît sans cul- ture, sa hauteur est de quinze ou dix-huit pouces , et il s'é- lève jusqu'à quatre ou cinq pieds quand il est cultivé. Ce chou pousse des tiges rameuses, grosses, munies de feuilles sinuées, découpées plus ou moins profondément, peu larges ; les inférieures sont en lyre , celles de la tige en cœur, allon- gées et sessiles. Il porte communément des fleurs jaunes.

Plusieurs auteurs ont confondu mal à propos le colsa avec la navette. On retire , il est vrai, par expression de chacune de ces plantes , une huile qui forme une branche de com- merce ; et ces huiles , assez semblables , sont en général vendues sous la dénomination dhuile de navette ; mais ce ne sont pas moins deux plantes très-différentes. Le colsa est décidément un chou, et la navette une rave.

On cultive en grand le colsa dans les Pays-Bas , aux en- virons de Lille et dans d'autres cantons du nord de la France. Cette culture fournit dans ces pays la meilleure huile qu'on puisse retirer des productions du sol. Une bonne terre vé- gétale , et qui a de la profondeur , est celle que le coîsa exige. On le sème ou comme le grain, ou en pépinière pour le replanter ensuite. C'est ordinairement au commencement de juillet que ce semis a lieu. Vers le milieu de septembre, OU transplante le colsa ; les pieds doivent être espacés de.

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«louze h quinze pouces en tous sens. Après quelques Jours, on les sarcle ; on remplace ceux qui n'ont pas repris ou qui languissent,

La graine est ordinairement mûre au mois de juillet sui- vant , quelquefois plus tard. Aussitôt que les siliques s'ouvrent, on coupe la plante avec une faucille , et on la porte en pe- tits faisceaux sous des hangars aérés de tons cotés , pour la faire sécher. Quand elle est sèche , on la met en meule comme le blé , et on la bat ensuite dans un temps con- venable.

Tout est utile d^s le colsa. L'huile qu'on retire de sa graine est bonne à manger, et propre à brûler, à faire du savon noir , à préparer les cuirs , et à fouler lesj étoffes de laine les pains ou tourteaux dont ou l'a exprimée, servent à nour- rrr et à engraisser les bestiaux de toute espèce , bœufs, vaches, cochons et moutons ; on les leur donne émiettés et mêlés avec du son ; les vaches qui en mangent ont du lait en abondance ; ces tourteaux sont encore un des meilleurs engrais pour les terres destinées à recevoir les semences du colsa. Tous les bestiaux mangent aussi les houppes des pieds de cette plante, et la menue paille qui sort du van quand la graine est net- toyée.

n. Chou vert, Bmssica oleracea viridis, Linn. Ce chou ne pomme jamais comme ceux de la troisième race (les choux rabus), et comprend les sous-variétés, parmi lesquelles se 1 couvent les choux de la plus haute taille , tous plus foris que le colsa, et utiles par leurs feuilles.

Le grand chou vert ou chou vert en arbre, vulgairement le rhuu riioalier , est remarquable par sa grandetir. Il a l'apparence d'un arbrisseau , sans avoir rien de ligneux. On le cultive comme le précédent, et pour le même usage : il peut se mul- tiplier de bouture.

' Le chou vert frangé , vulgairement le chou frisé d' Allemagne^ le chou à rejets du Brabanl. Sa tige s'élève à la hauteur d'un à deux pieds, et se garnit de petites feuilles très-frisées, qui varient beaucoup pour la couleur, et ont besoin d'être attendries par les gelées. On coupe l'extrémité de la tige qui porte les feuilles les plus tendres. De l'aisselle de celles qui restent, il sort, pendant l'hiver, des rejets ou broques qui sont Irès-bons.

Le chou vert à forasse cote. Sa lige s'élève peu ; ses feuilles sont vertes, rondes , unies, épaisses ; leur côte est grosse, blanche , pleine , tendre.

Le cJiou pancalier ou chou veri frisé ^ vulgairement le chou de Savoie, le chou de Hollande^ le chou d'Espagne. C'est une

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des deux races intliquées comme originaires d'Italie ; sa tige ( ou souche radicale ) est grosse , haute dun pied et demi , garnie de grandes feuilles vertes ou blondes, très-foncées ou frisées par les bords , portées par des pétioles gros , courts, tendres et comestibles.

Le chou à faucher. Il a des feuilles oblongues, dentelées et crispées sur les bords.

Il y a le rhou vert romvnm^ très-cultivé dans quelques pai lies de la France , et surtout dans le Maine. Ses feuilles sont amples, ailées à leur base, ondulées, crépues et à côtes saillantes; elles servent, en été, à la nourriture des animaux, et pendant Thiver, lorsqu'elles ont été attendries par les ge- lées, on en fait usage dans la cuisine.

C'est en pépinière et au printemps qu'on sème le rliou m arftre., et on le replante à la cheville dès qu'il a cinq à sept feuilles. La terre doit être famée et profondément labourée. Ce chou est distingué de tous les autres par son caractère vivace ; il n'a pas besoin d'être semé et replanté chaque an- née. Le rliou vert commun se cultive de la même manière , ainsi que le chou fiisé d' Allemagne. Les grandes feuilles de ce- lui-ci sont arrachées des tiges vers la fm de l'été. En octobre, on commence à couper les jets que ces tiges ont poussés , et qui se renouvellent pendant tout l'hiver. Les choux verts et les choux hlonds à grosses côtes sont semés à la fm de juin ; on les repique le mois suivant , et on les plante jusqu'au milieu de septembre. Le blond est plus délicat, mais il craint le grand froid ; le vert v résiste très-bien , et les gelées mêmes l'attendrissent ; quand on le fait cuire couvert de glaçons , il est meilleur. Le cltou pancalier s'attendrit aussi par les neigcç et par les frimas. Ce chou est d'une grande ressource dans les cantons montagneux et froids.

III. Chou-Cabu ou Chou pommé, Brossîca oleracea capi- iata., Linn. Celte race de chou est remarquable en ce que les individus, avant le développement de leur tige et de leurs branches, ont leurs feuilles grandes , peu découpées , pres- que arrondies, concaves, et tellement rapprochées, qu'elles s'embrassent les unes les autres, se recouvrent comme les écailles d'un bulbe, se compriment fortement, et, s'envelop- pant , forment une grosse tête arrondie , massive, qui enfer- me pendant long-temps la tige et les branches en raccourci, lesquelles enfin n'en sortent qu'en rompant cette tête ou pomme monstnieuse. Voici les sous-variétés principales de ce chou ; il y en a de plusieurs couleurs.

Le chou pommé blanc. C'est le chou le plus commun dans toutes les parties de la France, parce qu'il est gros , peu

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difficile sur le terrain , et moins sensible que les autres aux intempéries des saisons.

Le cliou pommé de Saint-Denis ou d'Auberviiliers. Il diffère du précédent par sa tige plus élevée , et par sa pomme un peu pointue à son sommet ; elle est ferme et blanche. C'est l'espèce la plus commune des environs de Paris. 11 se rapproche beaucoup du suivant.

Le rhou pommé blam: hâtif on de Bonneuil. S&% feuilles sont grandes, arrondies, d'un vert lavé de bleu; sa pomme de grosseur médiocre , un peu aplatie au sommet , ferme et pleine.

Le chou pommé frisé précoce ou d'Yorck. C'est le plus pré- coce des choux pommés, c'est-à-dire celui qui forme sa tête le plus promptement. Sa tige est fort courte; ses feuilles, d'un vert clair , sont finement dentelées et un peu froncées par les bords ; sa tête est petite , blanche , ferme : il est tendre , doux , excellent.

Le chou pommé en pain de sucre ou le chou chicon. Ses feuil- les sont presque de la forme d'une raquette , très-concaves, allongées, étroites vers la queue, s'élargissant régulièrement jusqu'à l'extrémité, qui est arrondie. Sa pomme est à peine de grosseur médiocre , de la forme d'une laitue romaine ou d'un cône renversé, peu ferme, souvent même un peu creuse, blanche , tendre , douce , excellente. Il est un peu moins précoce que le précédent; les amateurs le préfèrent à tous les autres.

Le chou pommé de Strasbourg. Il est précoce, de la seconde saison. Il a une tête sphérique , très-aplalle à son sommet , blanche , tendre , fort bonne.

lue chou pommé d'AlIeinaf;ne ^ on chou quinUd. Il est très-peu connu en France, mais le plus cultivé en Allemagne, et celui qui demande le moins de soins. Ses feuilles sont d'un vert pale. Aucun chou ne forme une plus grosse tête que celui-ci ; elle est ronde, blanche, à nervures un peu grosses.

Le chou pa^mé rouge, oes feuilles sont grandes, d'un pour- pre brun, ouvertes , avec les côtes et les nervures rouges. Ce chou a plusieurs sous-variétés dégénérées : il est plus d'usage en médecine que dans la cuisine.

Le petit chou pommé rouge ou le knuper des Hollandais. Sa pomme est fort petite ; elle a ses feuilles entièrement teintes d'un rouge violet et à nervures d'un rouge moins foncé : c'est un excellent chou.

Le chou pommé frisé ou le chou pommé frisé d'Allemagne. Il ressemble au chou d Allemagne par sa force ; sa tête , qui est presque aussi grosse, est blanche, encore plus tendre et excel- lente.

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Le gros chon pommé de Milan. Sa tige est haute et Lien garnie de feuilles d'un vert foncé , grossièrement frisées ; il forme une pomme assez grosse , ferme et pleine -, il est un peu dur s'il n'a été attendri par les gelées. C'est le chou qui donne le plus de variétés.

Dans le midi de la France on'sème le chou pommé oucabus à l'entrée de l'hiver , et on le replante en mars. Quand les fortes gelées surviennent , on le couvre de paille. Au prin- temps, on forme des carreaux entiers avec ces choux; ils sont plantés à deux pieds en tous sens sur un ados de sillon-, l'autre ados est garni de salades ou autres menues herbes. Dans le nord et aux environs de Paris, on sème ce même chou en août , et on le plante en octobre , dans un endroit abrité il passe l'hiver, en le garantissant des fortes gelées ; lorsqu'elles le surprennent avant qu'il ait été garanti, on attend que le soleil l'ail fait dégeler, et on le couvre ensuite. 11 est replanté en mars, et on commence à le manger en août.

Tous les choux cabus ont une tendance à crever et à se fendre ; dès lors la pluie, pénétrant dans l'intérieur de la pomme, la fait pourir. Quand on la voit au point de sa gros- seur, on prévient cette rupture en arrachant la plante à moi- tic ; la végétation est ralentie par le brisement d'une partie de ses racines.

IV. Cuou-FLEUR et Chou-brocolis, Brasska oleracea bo- iiylls^ Linn. La surabondance de nourriture, dans cette race, au lieu de se porter , comme dans les autres , soit dans les feuilles , soit dans la souche ou la racine , se porte dans les branches naissantes de la véritable tige , et y produit un gon- flement si singulier, qu'il les transforme en une masse épaisse ou une tête mamelonnée , charnue , blanche , ten- dre , en cime dense , qui ressemble en quelque sorte à im bouquet , et qui est fort bonne à manger. Si on laisse pousser cette tête jusqu'à la hauteur convenable , elle se divise , se ramifie , s'allonge et porte des fleurs et des fruits comme les autres choux. Les feuilles des choux-fleurs sont plus allons gées que celles des choux-cabus ; et leur tête est , dans les belles variétés, d'un blanc éclatant. Les plus intéressantes variétés de cette race sont : le chou-fleur dur commun, le chou-fleur dur d'Angleterre , le chou-fleur tendre , le chou- brocolis commun, le chou-brocolis de Malte , le chou-bro- colis blanc.

Le chou-fleurde Malte, celui de Hollande, celui d'Italie, ce- lui de Chypre et autres , ne se distinguent que par un peu plus ou un peu moins de volume, de blancheur, de finesse, de

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précocitë. On doit regretter le brocolis vivace , cultivé jadis en Italie, et décrit par Columelle et par Pline.

Culture. Dans une terre bien amendée, le chou-fleur se soutient par des arrosemens , sans dégénérer ; il redevient chou lorsqu'on le néglige. Plus il s'éloigne des pnys méridio- naux, plus il diminue de grosseur et de qualité. Les deux espèces, le hâlif ou tendre, et le tardif ou dur, dans le Midi de la France, sont d'abord élevés sur coucbe, et ensuite repiquées en pleine terre. Dans le nord , elles de- mandent au moins deux transplantations. Le dur est semé en automne , et le tendre en janvier ; on les repique l'un et l'autre sur une ou deux couches , et au printemps on les plante à deux pieds dans un terrain engraissé et labouré suffisamment- Cette plante aime l'eau : elle a besoin d'être arrosée tous les deux jours , après sa dernière reprise. Quand la pomme a acquis la grosseur du poing, pour la faire blanchir, on la recouvre en liant les feuilles par l'extrémité.

On sème aussi les choux-fleurs durs en septembre, et les tendres depuis janvier jusqu'en mai. Dans ce dernier mois ils peuvent être semés en pleine terre ; mais il faut toujours les repiquer une fois, ou même deux, pour les arrêter et les em- pêcher de monter.

Le brocolis demande une terre substantielle, bien divisée et fumée. Sa culture , tant au nord qu'au midi , est h. peu près la même que celle du chou-fleur tendre. Dans les con- trées chaudes de la France , les brocolis sont plus beaux et plus délicats que ceux qu'on obtient à force de soins aux en- virons de Paris et dans les climats semblables. On mange le brocolis crud ou cuit , et on le confit ainsi que le chou-fleur.

V. Chou -RAVE ou Chou de SiAM, Brassica oîerarea gongy- Idides , Linn. Dans cette race, la surabondance de nourri- ture se porte à la souche ou fausse tige de la plante , et y produit un gonflement remarquable , qui la transforme eu une masse tubéreuse , succulente et bonne à manger.

Il y a le chou-raoe. commun^ dont les feuilles sont d'un vert pale , et dont la tige devient une tubérosité arrondie , de trois à quatre pouces de diamètre , ayant une écorce verte et une pulpe ferme et blanche; le chuu-rave vio/et, plus gros, plus tendre que le précédent , et qui s'en distingue aisément par des traits de violet , sur les pétioles et les nervures de ses ftwiilles , et par la même couleur sur presque toute la peau de son tubercule.

Culture et usof^e de ce chou. Le tubercule du chou-rave C T-rsfnicf. sur/n culture et l'usage des choux , par la Conjmission d Agric.) est la partie de cette plante dont on fait surtout

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nsage. Sa chair ou pulpe est beaucoup plus ferme que celle du navet ; elle en a la saveur mêlée de celle du chou. Dans les années pluvieuses , ou lorsque ce chou a été soi- gneusement arrosé , cette pomme crue est tendre , cassantff et de bon goût : cuite , on la man^e au gras ou au mai- gre. Elle confient beaucoup à la nourriture des bestiaux. On fait en Allemagne un assez grand usa^e de cette pro- duction. Dans les années sèches , ou lorsque les arrose- mens sont négligés , elle se durcit et devient ligneuse. Pour l'avoir bonne, on sème peu de ces choux à la fois, et à trois ou quatre époques , depuis le milieu de mars jusqu'au commencement de juin ; on les bine et on les arrose fré- quemment. On s'en sert pour la table , lorsqu'ils sont à peu près à demi-grosseur. Quand on cultive en grand cette espèce pour les bestiaux , on la sème à la dernière époque indiquée. Les rosées de la fin de l'été et de l'automne, la fraîcheur des nuits plus longues alors , et les pluies assez ordinaires , les attendrissent , et rarement ils se cordent en cette saison. -En hiver , on en fait usage comme des aulfes racines ; sans être ensablés ou enterrés , ils se conservent fort long-temps à l'abri de la gelée. Les feuilles du Chou-rave peuvent êlr'e données aux bestiaux.

VI. Chou-navet, Brassica ohracea, tiapo-hrassim flAxxry. Il semble, dans cette race, que l'espèce du chou soit altérée et participe de la nature du naoel. Comme lui , le chou-navet produit ses feuilles à fleur de terre ; elles sont plus ailées et plus découpées que celles du chou-raoe ^ mais douces au tou- cher , comme tous les choux , et assez ressemblantes aux feuilles du chou à faucher^ quoique moins nombreuses. Cette plante diffère du chou-rave , en ce que la tige de celui-ci est renflée et forme une protubérance au-dessus de la terre ; tandis que la protubérance que forme la racine du chou-na- vet est enfoncée dans la terre. Cette racine est presque ronde , de trois à quatre pouces de diamètre ; elle contient «ne pulpe comestible , plus (erme que celle des navets , cou- verte d'une peau dure et épaisse. Du milieu des feuilles ra- dicales, il s'élève, la seconde année , à trois ou quatre pieds, une tige rameuse qui donne des fleurs et des graines comme les autres choux. Cependant on doit remarquer, à cet égard, que, dans cette race et dans la précédente, la graine est communément fort grosse ; tandis qu elle est fort petite , au contraire , dans les choux-fleurs.

On dislingue le chou-navet ordinaire et le chou-navet de La- pnnie , qui n'en est peut-être qu'une variété. Le premier vient d'être décrit; le second est moins connu. Il a , il est vrai , beaucoup de ressemblance avec l'autre: mais ses feuilles sont

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plas nombreuses, plus épaisses , et d'un vert plus foncé; il pousse plusieurs tiges , tandis que le chou-navet commun n'en produit qu'une ; et d'ailleurs il n'a pas, comme celui-ci, au- tour de sa racine , la même quant ilé de filets ou de fibres , parmi lesquels il s'en trouve souvent d'un pouce de grosseur. Enfin, ce qui le distingue particulièrement , c'est la propriété qu'il possède de résister aux froids les plus rigoureux , et même de végéter et de prendre de Taccroissenient sous la neige et la glace ; propriété précieuse que n'a pas , au même degré, le chou-navet commun.

Le chou de Laponie est , pour ainsi dire , une plante nou- velle pour nous. Les Suédois l'ont d'abord cultivé avec suc- cès , et les Anglais en font un grand usage depuis enviroa quinze ans. Sonnini est le premier qui ait fait connoître en. France celle précieuse plante , et qui l'ait cultivée en grand. Ce savant éditeur de Buffon , a lu, en 1787, à l'Aca- démie des Sciences et Arts de Nancy , et fait imprimer de- puis, un mémoire intéressant sur la culture de ce chou. Pour faire ses expériences , il a choisi sa terre de Lironcourt , située en Lorraine , sur les confins de la Franche-Comté et de la Champagne. C'est un pays peu éclairé , et dont les habitans sont la plupart misérables. Ils ont vu d'abord avec indifférence les essais de Sonnini ; mais bientôt, témoins de la belle végétation de ce nouveau chou , que la rigueur de l'hiver n'interrompoit pas , et de l'embonpoint du bétail qui en étoit nourri , dans un moment la disette des fourrages afdigeoit les campagnes , ils ont été forcés d'ouvrir les yeux sur la grande utilité de cette plante. Alors Sonnini en a dis- tribué gratuitement des semences à ceux qui lui en ont de- mandé , et insensiblement , la culture de ce végétal précieux s'est étendue dans la contrée. C'est ainsi que Texeniple est plus fort que l'enseignement. Cela est surtout vrai dans l'é- conomie rurale.

Les ennemis des choux, en général , sont les pucerons , les allises , \a punaise des jardins^ les limaces ^ les limaçons et la chenille. Celle-ci seule est plus redoutable que tous les autres.

Plus l'hiver est long dans un pays , plus on doit multiplier les espèces de choux qu'on peut tenir en réserve, ou celles qui ne craignent pohit le froid. Tels sont les choux verts et blonds à grosses rotes , le colsa , le punrcdier^ le chou en arhre , sans compter le chou-navel ^ dont il a été parlé. On donne communément aux bestiaux les feuilles des choux en nature ; ce n'est pas la plus économique ni la njeilleure nourriture. Voici une méthode préférable, et pratiquée avec succès. Dans toute grande ferme , on entrelient un feu presque con- tinuel à la cheminée de la cuisine. Ayez toujours sur ce feu

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ttn chaudron de la plus grande capacité ; remplissez-le de feuilles de choux avec les grosses côtes et les tronçons ; qu'une certaine quantité d'eau surnage les plantes : pour leur assaisonnement , jetez dans ce vaisseau quelques poignées de son , un peu de sel , et surtout l'eau grasse de la lavure des vaisselles. Lorsque les herbages seront à moitié cuits, retirez- Its , laissez-les tiédir , et donnez-en soir et matin une cer- taine quantité aux bœufs , aux vaches , etc., avec l'eau qui a servi à les cuire. Il est peu de nourritures qui entretiennent mieux en chair le gros et le menu bétail.

Tout le monde connoît l'emploi du chou dans la cuisine » et la prodigieuse consommation qu'en font surtout les habi- tans des campagnes dont il est l'aliment journalier : cet ali- ment est pourtant quelquefois malsain. Les choux d'été que l'on fait cuire et que l'on mange aussitôt après qu'ils ont été coupés , sont venteux et indigestes. Ils le seront moins , ou point du tout , si avant de les consommer on laisse leurs feuilles se fanerpendant plusieurs jours. Les meilleurs choux, et en même temps les moins lourds à l'estomac , sont ceux d'hiver, que la gelée a flétris et attendris.

Dans quelques pays , on fait sécher les choux-fleurs et on confit les choux-pommes. Les premiers dépouillés de leurs feuilles sont coupés par branches ; on les fait bouillir deux minutes dans une eau légèrement salée ; ils sont aussitôt re- tirés et misa égoutter sur des claies, qu'on expose ensuite deux ou trois jours au soleil ; après ce temps , on porte les choux-fleurs dans un four à demi-chaud , et on les y tient jusqu'à ce que leurs tronçons soient secs ; alors on les ren- ferme dans du papier pour les soustraire à l'humidité.

Pour confire les chouco-cabus , on les divise en six ou huit parties , suivant la grosseur ; ils sont jetés un moment dans l'eau bouillante , puis retirés et plongés dans le vinaigre , qu'on change de temps à autre , surtout dans le commence- ment, en y ajoutant un peu de sel. Ces deux préparations peuvent être utiles sur mer pour les voyages de long cours ; la première réunit l'agréable à l'utile , et la seconde est un remède excellent contre le scorbut, (d.)

CHOU BATARD. Nom de I'Arabette turrite. (b.) CHOU CARAÏBE. C'est le Gouet sagitté. (b.) CHOU DE CHIEN. C'est la Mercuriale, (b.)

CHOU DU BRÉSIL, Chou caraïbe et Chou poi- vré. Différens noms que l'on donne, dans les îles, au (xOUEt comestible, arumesculentumj L. (ln.)

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CHOU DU COCOTIER. On appelle aînsi le paquet de feuilles non développées qu'on trouve ausojnmet de plusieurs espèces de Cocotiers , et qui se mange comme le chou. Foyez les mots Pal3iier et Cocotier, (b.)

CHOU-FLEUR. V. Chou, (b.)

CHOU-FLEUR. Nom marchand du Pocillopore coRNf. DE DAIM de Lamarck. (b.)

CHOU MARIN SAUVAGE. V. Crambe biaritime.

(B.)

CFIOU DE MER. Le Liseron soldanelle porte ce nom dans quelques cantons. V. ce mot. (b.)

CHOU PALMISTE. C'est , pour les autres palmiers, ce que le chou du cocotier est pour le cocotier. V. au mot Pal- mier, (b.)

CHOU POIVRE. Nom vulgaire du Gouet commun.

(B.)

CHOUAN ou CHOUANT. C'est, dans la Bretagne et dans l'Anjou , le nom du Hibou ou Moyen-duc. (v.)

CHOUAN. On donne ce nom à la Chevanne. V. au mot Cyprin, (b.)

CHOUAN. Semence qu on apporte du Levant, et qui a un goût légèrement aigrelet: on l'emploie quelquefois dans la teinture ; c'est la graine de la Trigonelle fenugrec.

M. Desvaux, dans le n." g de la seconde année du Journal de Pharmacie, établit que \ç. chouan est la sommité des bran- ches de I'Anabase a feuilles de tamarisc. (b.)

CHOUANA MANDARU. C'est, dans Rumphius, la Bauhinie pourpre, (b.)

CHOUART. Dans le Vendômois , c'est la Chouette

EFFRAIE, (s.)

CHOUC. V. le genre Corbeau, (v.)

CHOUCA. V. CuicAS. (s.)

CHOUCADOR. V. le genre Merle, (v.)

CHOUCALLE. V. le mot Calle. (b.)

CHOUCARI DE LA NOUVELLE GUINÉE. Voyez CoRACiNE. Dans le Règne animal , de JM. Cuvier , lescAoMtam font un genre particulier, (v.)

CHOUCAS, r. l'article Corbeau.

Le Choucas des Alpes. F. Choquart.

Le Choucas proprement dit. F. le genre Corbeau.

Le Choucas à bec et pieds rouges. F. Coracias.

Le Choucas chauve, F. Coracine.

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Le Choucas de la Jamaïque. V. Quiscales, Yjejisicolou et Barita. (V.) Le Choucas de la Mer du Sud. V. Coraci>e à FRo^^

BLANC.

Le Choucas de la Nouvelle-CtUINÉe. V. Coracine à ventre rayé.

Le Choucas d'Owihée. V. Cassican noir.

Le Choucas des Philippines. T-Drongo Balicasse. (v.)

CHOUCE. Dans l'Inde, c'est la Cresserelle. (s.)

CHOUCHETTE, CtlOCOTE, CHOUETTE. Noms vulgaires du Choucas, (v.)

CHOUCOU. r. le genre Chouette, (v.)

CHOUCOUHOU. V. le genre Chouette, article des Cuouettes-éperviers. (v.)

CflOUD. Nom de I'Épicia {Pinus ailes') chez les Tar- tares-'Wogules. (ln.)

CHOUDET. Nom vulgaire du Moyen-duc ou Hibou,

(V.)

CHOUE, augmentatif de Chouette. En Lorraine, ce mot est la dénomination générique des oiseaux de nuit. C'est , aux environs de Niort , le nom du choucas, (v.)

CHOUE CORNEROTTE. Eu Bourgogne, c'est le nom du Hibou ou Moyen-duc (^Strix otus ) ., Linn. (desm.)

CHOUPLTTE, Sljix, Lath. Genre de l'ordre des Acci- piTRES , de la tribu des Nocturnes et de la famille des j^Egoliens. F. ces mots. Caractères : bec droit à la base chez une seule espèce , incliné dès l'origine chez les autres, (garni d'une cire molle , couvefte par des plumes sétacées , dirigées en avant), épais, comprimé latéralement ; mandibule supérieure abords dilatés, crochue, aiguë, l'inférieure droite, plus courte , obtuse , échancrée vers le bout ; narines orbi- culaires , ou ovales, ou elliptiques, cachées sous les plumes; langue canaliculée , épaisse , charnue , obtuse , échancrée à la pointe ; tête , oreilles et yeux grands ; bouche très-fendue ; tarses le plus souvent couverts de duvet ; quatre doigts, trois devant et un derrière , l'intermédiaire uni au doigt externe par une membrane ; celui-ci versatile chez la plupart ; ongles trèi-rétractiles, forts, crochus et aigus; les première, deuxième et troisième rémiges ordinairement dentelées sur les bords.

Ce genre est divisé en deux sections : la première , sous le nom de Chouette , renferme les espèces qui n'ont point la tête garnie de deux aigrettes; la deuxième , sous celui du Hibou , celles qui en sont pourvues. J'ai placé , au commencement de la pre- mière, \ei ciiouettes épervUrs , lesquelles se rapprochent davan-

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tage des acxlpitres diurnes^ par leur forme , par leurs mœurs, par la longueur de leur queue , par leurs oreilles ovales et recouvertes de plumes effilées qui ne viennent que de dessous l'œil; tandis que les chouettes et les hiboux ont la queue pro- portionnellement plus courte et les yeux entourés de plumes écailleuses. Ces deux divisions sont celles adoptées par Lin- nœus, Latham, etc.

Les hiboux et les chouettes se font remarquer par une grosse tête, de grands yeux dirigés en avant et entourés d'une col- lerette de plumes effilées , qui , d'un côté , s'étendent sur une partie du bec , et de l'autre au-delà des yeux. Tous ont une grande fmesse d'ouïe ; aussi les canaux semi-circulaires des oreilles sont plus grands chez eux que chez les accipitres diurnes. Les cavités attenantes à la caisse de leur tympan sont d'une étendue très-considérable et entourent même la hase du crâne dans V effraie \ l'orifice extérieur de l'oreille est fort large et posé dans une gtande cavité , revêtue d'une peau nue, repliée en cloison, qui en fait une espèce de conque, comme dans l'homme ; des plumes du tour de l'œil la re- couvrenl, et contribuent à donner un aspect de chat à la tête 3e ces oiseaux. C'est principalement d'après l'étendue de la collerette , la grandeur et la forme des oreilles , que M. Sa- vigny a divisé génériquement les oiseaux nocturnes. J'ai dé- duit , à l'article des accipitres nocturnes , les motifs qui m'ont empêché .d'adopter ces nouveaux genres. M. Cuvicr, Règne animal, les a isolés à peu près de même, et a cité de plus des espèces exotiques. Comme le travail de ces deux savans na- turalistes présente un grand intérêt , je ne puis m'abstenir d'en indiquer les résultats.

Les oiseaux de nuit composent cinq genres dans l'ouvrage de M. Savigny (Oiseaux de la Syrie el de l'Egypte). Le pre- mier (iVoc/ua) a pour principaux caractères distinctifs, les tarses laineux de toutes parts, les doigts velus jusqu'à la base des deux dernières phalanges; les cercles périophthalmiques médiocres et peu réguliers; les oreilles externes petites, rondes et dénuées d'opercules; la tête sans aigrette. Espèce, la Chevêche. Dans le deuxième {Scops), les tarses sont lai- neux et écailleux par derrière; les cercles et les oreilles comme dans la première; la tête est surmontée de deux ai- grettes. Espèce , le Petit-Duc Dans le troisième (^Bubo), les tarses sont empennés de toutes parts , les doigts velus jusqu'à la base des dernières phalanges ; les cercles grands et échancrés sur les côtés du front ; les oreilles externes exces- sivement grandes, arquées de manière à suivre le contour de la face , et couvertes chacune d'une valve membraneuse ,

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emplumée , qui s'ouvre par son bord postérieur ; la icfe est surmontée de deux aigrettes. Espèces, les Hiboux moyen et d'Egypte. Les oiseaux de la quatrième (^Syniium) ont les tarses et les doigts pareils à ceux des précédens ; les cercles grands, réguliers ; les oreilles grandes et operculées ; la tête dépourvue d'aigrette. Espèce, le Chat-huani', ululmis. Dans la cinquième (Slrix) , les tarses sont pareils et les doigts poilus jusqu'aux dernières phalanges ; les cercles et les oreilles com- me les précédens ; la tète sans aigrette. Espèce, l'EFFRAfE.

Les divisions des oiseaux de proie nocturnes sont, dans le Rès^e anîmdl de M. Cuvier, aunombre desept : t." les Hiboux otus , se distinguent en ce qu'ils ont sur le front deux aigrettes de plumes qu'ils relèvent à volonté; laconque deToreille éten- due en demi-cercle depuis le bec jusque vers le sommet de la tête, et garnie en avant d'un opercule membraneux; les pieds garnis de plumes jusqu'aux ongles. Ce sont les S/ri'x asrulapus de Savigny , otus , ulula et brachyotos de Linn. et de Gm.

2." Les Chouettes ( Ulula) ont les oreilles des hiboux et non les aigrettes. Ce sont les Strix litiurata de Retzius et iiebulosa de Gmelin.

3." Les Effraies {Stiix) portent des oreilles aussi grandes que celles des hiboux, et pourvues d'un opercule qui Test encore plus que celui de ces derniers ; leur bec ne se courbe que vers le bout ; leurs tarses sont emplumés, et les doigts ne sont que poilus ; le masque formé par les plumes effilées qui entourent les yeux , a plus d'étendue. On ne connoît qu'une seule espèce, le Strlx jlammea.

4.." Les Chats-uuans {Symium) ont le disque de plumes effdées et la collerette comme les précédens ; mais leur conque se réduit à une cavité ovale qui n'occupe pas moitié duhaut du crâne; ils n'ont point d'aigrettes, et leurs pieds sont emplumés jusqu'aux ongles. Ce sont les Slrix aluco et slridula.

5.° Les Ducs {Bubo)^ qui, avec la conque aussi petite et le disque des plumes moins marqué que les chats-huans , pos- sèdent des aigrettes ; les pieds sont emplumés jusqu'aux on- gles. Tels sont le Stnx bubo^ et les Chouettes a aigrettes.

6.0 Les Chevêches ( Noctua ) n'ont ni aigrettes ni conque de l'oreille évasée et enfoncée ; l'ouverture en est ovale , à peine plus grande que dans les autres oiseaux ; le disque de plumes effilées est moins grand et moins complet encore que dans les ducs. C'est parmi celles-ci que se trouvent les Chouettes ÉPERVIERS , Slvix funerea , hudsonia , uralensis , accipitrina; et parmi celles à queue courte, on y trouve les Strix nyctea , passcrina ^ tengmalmi ^ pygniœa, cayennensis, huhul et torquata ; quelques-unes ont les tarses et les doigts nus ; l'une j entre autres , est le Strix nudipes. .

VII. -j.

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y." Les Scops ( Scops ). Leurs oreilles sont à fleur de l«;le , les disques imparfaits, les doigts nus comme les précédons, et les aigrettes analogues à celles des ducs et des hiboux :,on ne cite encore que le Stiix scops d'Europe.

La nature , toujours prévoyante , a placé une destruction plus ou moins prompte à côté d'une population plus ou moins grande. Pour balancer celle de ces petits animaux dévasta- teurs des grains et des végétaux, elle a donné à des oiseaux de proie la faculté devoir aux heures lesuns quittent leur re- traite pour chercher leur pâture, et les autres se livrent au sommeil. Les chouettes saisissent leur proie au lever de l'au- rore , au crépuscule tombant, et pendant la nuit au clair de la lune. Quoique les rayons du soleil les éblouissent toutes , il en est cependant quelques-unes, les harfangs et\esrJioveties- épeiviers, qui chassent pendant le jour; plusieurs des autres poursuivent les petits oiseaux, mais en prennent rarement, si ce n'est sous un ciel brumeux. Le grand-duc n'y voit que pour voler à une assez grande distance ; mais cette vue , que le trop grand éclat offusque, et qui s'exerce si parfaitement à une foible clarté , ne peut percer l'obscurilé d'une nuit close. Pendant ce temps et celui le soleil est sur l'horizon, la plupart se tiennent soit dans des trous d'arbres ou de mu- railles, soit blotis sur de grosses branches. Si on trouble leur repos , si on les inquiète , ils ne peuvent faire que de très- petites courses; leur vol est court , incertain, embarrassé, et les petits oiseaux, qui semblent connoître leur gênante si- tuation, les insultent impunément; plus ils s'aperçoivent de leur embarras, plus ils redoublent leurs cris, plus ils les as- saillent ; les plus petits , les plus foibles même les tourmen- tent avec le plus d'opiniâtreté , et sont assez hardis pour les attaquer et les frapper. Mais lorsque le soleil est près de se coucher, cette audace se change en crainte ; ils s'éloignent, fuient et cherchent un asile qui puisse les mettre à l'abri de la voracité de leurs ennemis.

Quoique les oiseaux nocturnes ne paroissent pas pouvoir voler fort loin, l'on en voit cependant en mer à une très- grande distance de terre. Celui qu'a vu Catesby éloit entre les deux continens d'Afrique et d'Amérique , par les vingt-six degrés de latitude nord; ce qui suppose un point Irès-éloigné de Tun et de l'autre. Lors de mon retour des Etals-Unis , au mois de septembre, étant à près de quatre-vingts lieues de toute terre , un hibou vint se poser sur les vergues du na- vire : il n'étoit pas fatigué autant qu'on devoit le croire en le voyant à une si grande distance de terre; car, dès qu'on s'en approcha , il s'enfuit et ne repaient plus.

Les chouettes et les hiboux ne se réunissent jamais en

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troupes , et se tiennent rarement en famille. On les rencontre presque toujours seuls, ou seulement par paire composée du mâle et de la femelle. Presque toutes les espèces qui habi- tent le nord des deux continenssont voyageuses. Les unes ni- chent dans des fentes de rocher, de muraille ou dans des arbres creux ; d'autres sur les poutres des édifices ; d'autres sur la terre, dans des touffes d herbe , ou dans des trous qu'elles creusent elles-mêmes. Leur ponte est de deux à quatre œufs. Les petits naissent couverts d'un duvet épais, prennent d'eux-mêmes, dès leur naissance, les alimens que le père et la mère leur présentent entiers ou par lambeaux. Comme les chouettes peuvent ouvrir le bec, assez pour pren- dre les souris, les rats, les loirs, et que leur gosier, aussi ample et aussi large que l'ouverture du bec leur permet d'avaler, ils regorgent souvent des pelotes de poils , de peaux et d'os non digérés.

Quoiqu'on ne cesse de répéter que les oiseaux nocturnes ne sont nullement nuisibles, et qu'ils méritent, plus que tout autre, d'être protégés, puisque sans eux nos grains et nos végétaux les plus précieux et les plus nécessaires seroient en grande partie détruits dans nos champs et nos greniers par les petits animaux rongeurs, dont ils se nourrissent de préférence ; cependant leur utilité semble toujours mé- connue ; tant est puissant le préjugé qui les fait prendre en horreur. Certaines chouettes sont, aux yeux du vulgaire, des oiseaux funèbres et les messagères de la mort, si elles s'arrê- tent sur la maison d'ua malade , et si elles y font entendre leurs cris sinistres. Ce môme préjugé existe aussi chez les peuplades américaines; néanmoins il faut en excepter celles de la rioride et de la nouvelle (iéorgie , qui regardent un hibou empaillé comme le signe du savoir , de la sagesse et de la pénétration dans l'avenir : aussi est-ce une marque dis- tinctive réservée à leurs prêtres.

Tout le monde sait que les diverses chasses que l'on fait aux petits oiseaux avec la chouetle ^ et spécialement la pipée , sont fondées sur l'antipathie que les pinsons, les rouge-gorges, les mésanges, les geais, etc.,ont pour elle ; son cri seul, même imité , suffit pour les faire venir les pièges sont tendus.

A. Oiouettes-Eperviers.

La Chouette-Caparacoch, Strix Imdsonia , Linn. , Gm. ; S. funerea , \ ar. A. , Lath. , pi. B. 2 des Oiseaux d Edwards, se trouve à la baie d'Hudson. Elle a le bec et l'iris orangés ; le sommet de la tête blanc ; le cou et la moitié du dos d'un brun obscur , varié de blanc ; les ailes tachetées , et les scapu- laires rayées transversalement des mêmes couleurs ; le bas du

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dos et les parties postérieures d'un brun foncé, avec des raies transversales plus claires ; le dessous du corps blanc et tra- versé de lignes brunes ; le dessus de la queue d'une teinte obscure , avec des raies transversales étroites et blanches , et le dessous cendré ; les ^^lumes des pieds traversées de pe- tites lignes brunes sur un fond blanc. La femelle est un peu plus grosse , et a des couleurs plus claires que le mâle. Ils portent à la baie d'Hudson , le nom de Caparacoch.

La Chouette Choucouhou , Strlx niduella, Lath. , pi. 3^ des Oiseaux d'Afrique de M. Levaillant : sa taille égale celle du moyen Dzif, et son bec est presque caché dans les plumes qui l'entourent ; elle a l'iris d'un jaune de topaze ; une plaque de plumes blanches sur la gorge ; tout le plumage brun , moins foncé en dessous , et varié de blanc ; la queue rayée de brun , et d'un blanc roussi en dessous , longue et étagée ; les plumes qui recouvrent les jambes sont grisâtres ; les ongles et le bec d'unbleu noirâtre. La femelle, est un peu plus grosse que le mâle, et a moins de blanc dans son plumage. On trouve cette espèce à l'extrémité orientale de l'Afrique.

La Chouette funèbre, Strix funerea^ Lath. i, pi. 87. fig. 2 de VOrniihol. de Brisson, a treize pouces de longueur; le des- sus delà lete et ducou et les pennes des ailes noirâtres , avec des taches blanches ; le dessus du corps et les couver- tures des ailes bruns , variés des mêmes taches ; le dessous du corps , jusqu'au ventre , blanc et rayé transversalement de brun ; le ventre, les couvertures inférieures et les pennes de la queue blancs et rayés de brun ; les plumes des pieds d'un blanc sale tacheté de brun ; le bec blanchâtre et les ongles gris.

Je me suis trompé , dans V Histoire des Oiseaux de V Amé- rique srpteiUrionalc , en rapportant cet oiseau à la Chouette né- buleuse; car c'est une espèce très-dislincte.

La Chouette Huhul, Strix huhida, Laih. , est de la taille du Hibou il aigrettes courtes ; mais son corps est moins gros ; son bec est plus apparent, parce qu'il est moins couvert de poils ; sa queue est plus longue , et les ailes pliées ne s'é- tendent guère au - delà de sa première moitié ; tout son plumage est varié de marques blanches sur un fond noirâtre; ces marques sont plus larges sur les parties inférieures du corps , très-petites sur la tête , arrondies en demi-cercle à l'extrémité des plumes ; cette même couleur termine les pe- tites couvertures, les pennes secondaires des ailes , et borde les primaires, qui sont d'un brun noirâtre; la queue, dont les pennes sont étagées , est de la même teinte , mais plus foncée et marbrée de trois bandes blanches irrégulières; les plumes duveteuses , qui recouvrent les tarses dans toute leur

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longueur jusqu'aux doigts sont noirâtres et tachetées de blanc ; le bec , les doigts et les ongles sont jaunes. On la trouve à Caycnne; elle vole et chasse pendant le jour. Elle est figurée pi. 4i <les Ois. d'Afrique.

La Chouette des moints Ourals , Sirix uralensis , Linn, , Gm.; S.funerea, Var. B., Lath. , pi. enl., n.» 463 de YHist. nat. de Buffon. Tout son plumage est blanchâtre , avec une marque brune longitudinale à chaque plume : le bec d'un jaune de cire ; Tiris et les paupières sont noirs ; la face est cendrée, le croupion blanc; les ailes sont marquetées de brun; la queue est rayée de brunâtre, longue et terminée en forme de coin; le duvet qui couvre les pieds est d'un blanc sale. Cet oiseau , de la taille de la hulotte, n'est pas rare dans diverses contrées de la Sibérie.

N'ayant pu comparer en nature toutes les Chouettcs-Eper- viers, je ne puis garantir qu'il n'y ait pas de doubles emplois , notamment parmi les Strix funerea , hudsonia , uralensis , arrÀ- pitrina , et que Lathamne soit pas fondé à les réunir , en pré- sentant les trois dernières comme desvariétés de la première.

B. Chouettes proprement dîtes.

La Chouette ou Grande-chevêche, StrLvuluhi^ Lath., pi. enl. 438 , est le même oiseau que le KiBou A aigrettes

COURTES.

La Chouette d'Acâdie. V. Chouette chevêchetxe. La Chouette à ailes et queue fasciées , Strix/asciata, Vieill. Longueur , treize à quatorze pouces ; parties supé- rieures, gorge et poitrine brunes , avec des zigzags d'un rouge jaunâtre ; plumes du venlre roussâtres et tachetées longitu- dlnalement de brun rougeâtre sur la tige ; duvet des tarses d'un roux pur ; quelques plumes scapulaires d'un blanc rous- sâtre; ailes brunes, les pennes primaires rayées de cette teinte et de blanc , les secondaires à bandes transversales d'un brun pâle ; queue avec desl^andes effacées en dessus , blanches et brunes en dessous , et terminées de gris cendré ; doigts nus et jaunes. Cette chouette a été apportée de la Martinique.

La Chouette akctiqve ^ Strix arctica , Sparmann,/«5c. 3, mus. cari, tab. 5i , paroît être un individu de l'espèce du Hibou à courtes oreilles. La Chouette bariolée. F. Chouette cendrée. La Chouette blanche à aigrettes. F. Hibou à aigret- tes couchées.

La Chouette blanche tachetée , Sinx alla , Lath. , que Scopolia donnée comme espèce particulière , me semble être une jeune chouette harfang. Elle se trouve quelquefois en Au- triche et dans le Tyrol.

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La Chouette boobook, 5/n'a; loohook^ Laih. Tel est le nom que cet oiseau poi le à la Nouvelle-Hollande. Taille de la grande chouette ; tête rayée ; dos tacheté de jaune ; gorge de cette même couleur, rayée et tachetée de brun ; ventre fer- rugineux avec des taches plus pâles et irrégulières ; pieds couverts de plumes jaunes et marqués de noir ; bec petit et brun.

La Chouette brune , Strix fusca , Vieill. , se trouve à Saint-Domingue et à Porto-Ricco , d'où ont été apportés les deux individus que je décris ci-après. Leur plumage est brun sur toutes les parties supérieures , avec quelques taches blan- ches en forme de larmes sur les ailes ; blanc sur les infé- rieures et couvert de taches brunes plus ou moins grandes ; la collerette est totalement grise chez l'un , blanchâtre près du bec chez l'autre ; les pennes de la queue brunes: les la- térales tachetées de blanc en dehors , de cette couleur en de- dans , avec de larges bandes transversales brunes ; les doigts velus ; le bec et les ongles couleur tle corne.

La Chouette deCayenne, Strix caytmensîs^ Lath. , pi. cnl.de Buffon, n.^ 4^2, a la taille de la hulotte; les yeux jaunes ; tout le plumage roux , avec des lignes transversales fort étroites et brunes sur les parties supérieures, sur la poi- trine et sur le ventre ; les plumes de la collerette d'un blanc sale , et noires sur leur tige ; le bec rougeâtre et les ongles noirs. Cette chouette constitue une espèce particulière , et non pas une variété de ïejfrnic, comme l'ont pensé des natu- ralistes. Cependant celle-ci se trouve aussi à Cayenne , mais avec un plumage plus coloré.

La Chouette Caspienne , Sliix uhda , Var. , Lath. , est une variété d'âge du hibou ù aigrclles courtes.

La Chouette caburei , Slrixferox , Vieill., se trouve au Paraguay. Sa longueur est de six pouces et deiiii ; les côtés et le dessus de la tête sont d'un bnm noirâtre , tacheté de blanchâtre; les sourcils blancs; une tache noirâtre dont la circonférence est indiquée par de petites plumes blanches, se fait remarquer sur chaque côté de Tocciput ; cette partie , le dessus du cou et du corps , la queue et les couvertures supérieures des ailes sont d'un brun noirâtre ; de petite? bandelettes transversales, interrompues, et com.posées de taches rondes et blanches sont sur les pennes caudales; celles des ailes sont ravces de roussâtre clair; les scapulaires et le dernier rang des moyennes couvertures , ont de petites taches rondes et blanches , rangées à la file ; la gorge , le devant du cou et la poitrine sont bruns , mais il y a du blanc sur la première partie ; le ventre est tout blanc; le dessous des ailes et de la queue rayé de brun et de jaune paille ; le bcç

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verdâlre ; la langue noire , et l'Iris d'un jaune foncé. Les jeunes n'ont point de taches blanches à la tête ; on remarque quelques variétés accidentelles. Chez les unes, une teinte noirâtre remplace le brun ; chez d'autres , c'est une nuance de rouge vif; celles-ci sont les plus rares. La femelle res- semble au niàle. Il n'est point , dit M. de Azara , d'oiseau plus vigoureux , à proportion du volume du corps , ni plus féroce , plus indouiptabie que cette chouette. Elle a le cou- rage et l'adresse de se fourrer sous les ailes de tous les oi- seaux , sans en excepter les dindons et les caracuras ^ de s'y attacher, de leur dévorer le côté et de les mettre à mort. Les cabureis ne sont pas rares ; ils se tiennent dans les grandes forcis, se perchent vers le bas des arbres, et de préférence sur les branches cassées ou peu feuillées. Leur ponte est de deux œufs, dans un trou de vieil arbre, sans apparence de nid.

La Chouette DU Canada. V. Chouette funèbre. La Chouette cendrée , Strix clneren , Lath. On trouve celte espèce dans les environs de la baie d'Hudson. La cou- leur cendrée , mélangée de noir , domine sur son plumage; mais elle incline au brun sur les ailes et les parties supérieures du corps ; elle est plus pâle sur les cuisses, ([ui ont en outre des lignes transversales brunes ; le cercle de plumes qui en- toure la face est noir près des yeux, plus pâle au-dessus, et blanchâtre près du bec ; le fond de chaque plume est cendré avec quelques lignes noires , et celles qui terminent la fraise sont, de plus, d'une couleur de buffle ; la disposition de ces teintes est telle que les yeux paroissent placés dans le milieu de divers cercles noirs , cendrés et roussâtres ; le bec est blanchâtre : longueur totale , dix huit à dix-neuf pouces ; mais ce qui caractérise cette espèce , c'est d'avoir une ligne éten- due , depuis la gorge jusqu'à la queue , privée de plumes. Enfin le noir , le cendré et le brun sont tellement fondus en- semble , que le plumage en entier paro'it, au premier coup d'o&il, couvert d'une seule teinte fuligineuse.

La Chouette chat-huant , Strix stridula^ Lath., pi. enl. de Buffon , n.» l^l^'J. Des auteurs présentent cet oiseau de nuit pour la femelle ou le jeune de la hulotte , et celle-ci pour le mâle. Cependant j'ai eu, ce printemps, en ma possession, quatre jeunes hulottes , prises dans le même nid, qui toutes ressembloient à celle-ci , si ce n'est par les différentes nuances qui caractérisent le premier âge. Ces auteurs n'ayant pas déduit les raisons qui ont donné lieu à cette réunion , et n'ayant pas trouve , dans mes observations , des motifs suffisans pour me ranger du sentiment de ceux qui nous donnent ces deux chouettes pour deux espèces

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distinctes, j'ai eu recours à un ornithologiste très-judicieux,' M. Bâillon , et voilà ce qu'il m'écrit. « J'ai élevé, pendant plusieurs années de suite, des jeunes chats-huans ^ pris dans le nid , et encore couverts de duvet , auquel a succédé un plumage roux et totalement pareil à celui des adultes ; et je n'en ai jamais vu avec les couleurs de la Imlotte. De plus , j'ai lue , il y a plusieurs années , un mâle et une femelle chat- huant accouplés ; celle-ci ne différoit guère du mâle qu'en ce que la teinte rousse éloil moins vive; et celui-ci avoit, en outre , le cercle de plumes qui entoure les yeux , d'un roux très-ardent , sans taches entre ceux-ci et la collerette et du côté extérieur ; tandis que chez la femelle , cette même partie étoit d un roux foible , avec quelques légères taches Lrunes. Ayant eu, depuis, beaucoup de chats huans , je n'ai jamais aperçu d'autres dissemblances ; elles existent même dans les jeunes , dès qu'ils commencent à se couvrir de plumes. J'ajouterai encore, qu'en ayant ouvert cinq ou six tués adultes , j'ai tojjjours trouvé chez les uns les par- ties sexuelles du mâle , et chez les autres celles de la fe- melle. » 11 résulte de ces faits , qu'il y a sous la couleur rousse, des individus des deux sexes, et que les teintes de la hulotte , ne sont pas le caractère distinclif du mâle chal-huant. De plus, M. Bonelli, professeur d histoire naturelle à l'urin , a assuré à M. Bâillon que, dans le Piémont, les hulottes ctoient très- communes, tandis que les chats-huans y étoient rares. C'est le contraire en Picardie ; ce qui ne de- vroit pas être, si réellement ces deux oiseaux étoient le mâle et la femelle de la même espèce. Mais cette espèce ne seroit- elle pas composée de deux races ? car M. Bâillon ajoute qu'on lui a apporté, l'année passée, deux individus tués en- semble , dont l'un étoit femelle et d'un beau roux, tandis que l'autre , totalement pareil à la hulotte, étoit mâle ; mais tous les deux plus grands de deux pouces que ceux dont il a été question ci-dessus. Si ces. deux oiseaux étoient accouplés, il s'ensuivroit nécessairement qu'une des deux races seroit plus grande que l'autre; que dans la petite , le mâle, la fe- melle et le jeune portent «ne livrée rousse , et que , dans l'autre, cette couleur n'est le partage que de la femelle ; alors les quatre jeunes hulottes que j'ai vues au printemps de cette année, serolent donc toutes les quatre des mâles, ce qui seroit bien extraordinaire dans la même nichée. Mais avant de rien .statuer , il nous reste une vérification à faire ; c'est de s'as- surer s'il y a des femelles sous le plumage de la hulotte , et s'il s'en trouve , je ne balance pas à croire que celle-ci et le chat-huanl sont deux espèces très-distinctes. Au reste , ils n'ont pas le même cri. Celui du chat-huant est effrayant dans

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le silence cle la nuit , surtout quand il gèle ; il ressemble au hurlement d'un loup , et semble exprimer les syllabes hoM , hohô , holiô : hohohohô ^ ou hoiihou ^ houhoiihou. Celui delà hulolte exprime g-zW/z; , gnvilz, selon M. Meyer.

On trouve des chats-huans dans toute l'Europe, jusqu'aux terres les plus au nord. 11 a de i3 à i4 pouces de longueur; les yeux d'unbrun marron, etnon pasbleus, comme le dit Buffon; les plumes de la collerette rousses; le bec d'un jaune verdâtre; le dessus de la tête et du corps , les couvertures des ailes et de la queue d'un roux ferrugineux , varié de noirâtre , de lignes effacées brunes , transversales et en zigzags , mélangé de quelques taches blanches sur la têle et les scapulaires , et vers l'exlrémilé des grandes couvertures des ailes ; le dessous du corps varié de blanc , de noirâtre et de roux ferrugineux, avec des lignes et des zigzags pareils à ceux du dessus; les pennes des ailes et de la queue couvertes de bandes transversales alternativement brunes et rousses ; les pieds garnis jusqu'aux ongles de plumes d'un blanc sale , avec de petits points bruns et roussâtres; les ongles couleur de corne.

La Chouette cqevèciïe, Sirix passen'na, Lath. , pi. enl. , n.o 439 de VHisi. nat. de Buffon. Le domicile ordinaire de la chevêche est dans les masures écartées des lieux peuplés, et les ruines d'anciens édifices abandonnés ; on la trouve rare- ment dans les forêts, mais assez souvent dans les églises et les cimetières; elle s'approche quelquefois des maisons, sur- tout à l'automne, voltige autour, et se pose sur les toits, elle fait entendre un cri lugubre. Le peuple superstitieux l'a appelée oiseau de mort ou de cadiwre , s'imaginant qu'elle présageoit la mort des malades , parce qu'elle se sera perchée par hasard sur la maison qu'il habite. Ce même préjugé existe aussi pour Yeffraie, etc. , le peuple ne faisant au- cune distinction entre les oiseaux nocturnes. Elle a en- core un autre cri qu'elle répète en volant, pou, pou. Cette espèce voit, pendant le jour , beaucoup mieux que les autres chouettes ; elle s'exerce à la chasse des petits oiseaux, mais si infructueusement que ceux-ci ne craignent pas de s'en ap- procher , de l'insulter et de l'assaillir comme les autres. Elle diffère encore de ses semblables , en ce qu'elle déchire les petits quadrupèdes, et plume les oiseaux avant de les manger,

La chevêche supporte long-temps la faim ; j'en ai gardé une pendant douze jours sans lui donner aucune nourriture , et elle ne me parut nullement affectée de cette abstinence ; mais deux jours après elle mourut. Cette espèce place son nid presque à nu , dans des trous de rocher ou de vieilles murailles , et y dépose quatre à cinq œufs arrondis et blancs. On la trouve dans la plus grande partie de l'Europe. Elle a

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huit pouces de longueur ; le bec noirâtre à sa base et jaunâtre vers son bout ; Tins jaune ; le dessus de la tête brun, avec une bande longitudinale blanche sur chaque plume ; la face variée de ces deux teintes ; la gorge blanche ; le cou , la poi- ti-ine, le dessus du corps et des ailes bruns, avec des lâches blanches plus nombreuses sur le cou ; le ventre brun et blanc; la queue rayée transversalement de bandes rovissâtres inter- ^ rompues sur un fond brun ; les pieds couverts d'un duvet blanchâtre lavé de fauve , et les doigts velus.

La CuoUETTE CHEVÊCHE DE Perse, Strix perslca ^ Vieill, Taille de notre chei?êche, dont ce n'est peut-être qu'une va- riété; plumage blanchâtre, tacheté de gris un peu blond ; doigts velus ; bec et ongles jaunâtres.

La Chouette chevècuette, Strix pygmea , Bcchst. C'est dans Lathamune variété de la chouette tengmaïm^ et une es- pèce distincte , sous le nom de strix, acadiensis. En effet, celle- ci estle même oiseau; mais la première ne peut être une va- riété de l'autre, dont elle diffère par une taille plus petite et par la distribution des couleurs. Elle a six pouces de longueur, les parties supérieures d'un gris rougeâtre foncé , varié de taches et de points blancs; les inférieures de cette couleur , avec des taches longitudinales brunes et des raies transver- sales sur les flancs ; la queue traversée par quatre bandes étroites , blanches ; les pieds emplumés jusqu'aux ongles. Cette chouette se trouve dans le nord des deux coutinens , dont elle s'écarte quelquefois, puisqu'un individu a été tué à Gibraltar, lequel est figuré pi. 46 des Oiseaux d'Afrique de Le vaillant,

La Chouette chevêchette perlée, Strix perl(ita,\iei\L , pi. 284 des Oiseaux d'Afrique de Levaillant. Plumage roussâ- tre , parsemé de taches blanches , rondes sur la tête et le derrière du coti, longitudinales sur le bord des couvertures des ailes et sur les pennes de la queue ; joues et gorge d'un blanc ombré de noir sur le devant du cou, qui a sur le bas un collier bigarré de noir ; poitrine variée de brun noir sur un fond roux; les parties postérieures nuancées de roux sur un fondblanc;duvetdes tarses et des doigts de cette dernière cou- leur; pennes des ailes terminées par un liseré blanc , noirâ- tres à l'intérieur, avec des bandes rousses; bec et ongles d'un brun jaunâtre. Elle se trouve au Sénégal.

La Chouette chichictli , Strix chichichtli, Lath. Tout son plumage est varié de fauve, de blanc, de brun et de noir. Ses yeux sont de cette dernière couleur, etses paupières bleues. Elle se tient sur les bords du lac du Mexique.

La Chouette cuoucou, Strix choucou, Lath., pi. 38 des Oiseaux d'/ifiique, de M. Levaillant. Le corps de cette

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choiielie est allongé, sa tête arrondie , le bec très-court et noir ; les jambes sont petites; l'iris est d'une teinte orangée brillante ; la queue ctagée ; un gris brun roussâtre recouvre les parties supérieures du corps ; on remarque des taches blanches sur les ailes; le dessous du corps est d'un blanc pur; cette même couleur forme des bandes transversales sur les pennes de la queue , à l'exception des intermédiaires qui sont pareilles au dos. Elle se trouve auCapdeBonne-Espérance. La Chouette des clochers. V. Chouette effraie, (v.) La Chouette a collier, Strix, lorquata^ Daudin; Stvix perspicillata ^ Var. ; Lath. , pi. ^2 des Ois. d'Afrique de Le- valllant, est répandue dans toute l'Amérique méridionale; elle a dix-sept pouces de longueur tolale ; le dessus de la tête et la face noirs; les sourcils blancs; les parties supérieures d'un brun noirâtre; un collier presque noir, qui prend nais- sance à la nuque et entoure le bas du cou, de la largeur de deux pouces; une tache pareille sous le bec, qui est bleuâtre et jaune à la pointe; de jusqu'au collier, la go-ge bi.m- che ; le reste des parties inférieures et les pieds sont d'un blanc roussâtre; d'autres ont les plumes du manteau bor- dées de blanc, avec des raies transversales de la même couleur; les scapulaircs et les couvertures des ailes rayées de gris. Les jeunes ont, à quatre mois, le dessous, du corps d'un blanc roussâtre, du noirâtre à la gorge, des plumes noires sur le front, et du brun mêlé de noirâtre sur toutes les parties supérieures: dans un âge plus avancé, mais tou- jours dans la même année , leur plumage ressemble à celui de l'oiseau adulte , si ce n'est qu'ils ont une large bande blan- che composée ds plusnes droites qii dépasseuc celles de la tête; cette bande qui conmience au bec, se partage, au- delà de l'œil, en deux portions, dont l'une tourne derrière l'oreille, et, par le bas du bec, vient se jomdrc de nou- veau à la bande devant l'œil, et renferme une grande tache noire et presque ronde, dont celui-ci occupe le milieu; l'autre portion, qui consiste en plumes aiguës et décompo- sées à leur pointe , se dirige vers le haut de l'occiput , elle s'élargit et forme une petite circonférence.

Leur première robe , à l'exception des ailes et de la queue, est formée de plumes à barbes frisées et pllssées, si fines et si déliées, qu'à la vue et an toucher, elles paroissent comme du coton blanc; les plumes de la tête, implantées perpendiculairement, sont plus serrées et frisées, et ont l'apparence d'une houppe à poudrer, faite de duvet de cy- gip ; les ailes et la queue sont brunes et rayées transver- salement d'une teinte plus claire; les grandes couvertures lies ailes ne diffèrent qu'en ce qu'elles ont le fond d'un

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brun plus léger, et leur extrémité blanche; cette dernière couleur est celle des autres couvertures, dont les plumes gont décomposées; la partie intérieure de l'aile est brune, ainsi que quelques taches sur le haut du dos; tout le reste du plumage est très-blanc, à l'exception de la face qui est couverte par une tache d'un beau noir , figurée en forme de cœur, qui commence au bas de la pointe du bec , se pro- longe par un contour jusque derrière l'œil, et retourne en dessus, pour se terminer à la base des mandibules. Nacu-^ rutu est le nom que cette chouette porte au Paraguay , et au- quel M. de Azara a ajouté , sans aigrettes^ pour le distinguer du ïiibou nacuruiu.

La Chouette de Coquimbo. V. Chouette a terrier.

La Chouette ETTKME^SùixJîawmea, Lath., pi. enl. de Buff., n.°4-4o et 4-74-1*1 treize à quatorze pouces de longueur; le dessus du corps jaune, onde de gris, de brun, et tacheté de points blancs ; le dessous , blanc , marqué de points noirs ; les yeux environnés très- régulièrement d'un cercle de plumes blanches, et si fines, qu'on les prendroit pour des poils; les pennes pareilles au dessus du corps ; l'iris brun; le bec et les plumes des tarses blancs; les ongles noirâtres. Des in- dividus sont d'un beau jaune sur la poitrine et sur le ventre, avec des points noirs; d'autres ont les mêmes parties d'un jaune uniforme; et quelques-uns les ont totalement blanches sans aucune tache ; enfin, on en voit dont le dessous du corps est roussâtre , ci les points sont bruns.

La femelle est un peu plus grosse que le mâle; ses cou- leurs sont plus claires et plus distinctes.

Celle espèce se plaît dans les lieux habités et même les mieux peuplés; elle se retire pendant le jour dans les tours, les clochers, les toits des églises et les greniers des fermes ; elle en sort après le coucher du soleil, et y rentre avant son lever; elle vit de rats, de souris, et en détruit plus que les chats; c'est pourquoi, des agriculteurs ne souffrent pas qu'on i'inquièle , lorsqu ils ont l'avantage d'en avoir dans leurs greniers. C'est dans les mêmes endroits, soit dans un trou de muraille, soit sous les toits, que l'effraie pond cinq à six œufs blanchâtres et d'une forme allongée; les petits sont tout blancs dans leur premier âge, et l'on prétend qu'ils ne sont pas mauvais à manger au bout de trois semaines, étant alors gras et bien nourris. Cette chouette des clochers doit son nom d'effraie à ses soufOemcns rJw, chéi^ cJieû , rhiôii ^ et à ses cris lugubres g^m, gre^ crei. Son soufllement ressemble , dit-on, à celui d'un homîïie qui dort la bouche ouverte ; ^c pousse aussi en volant et en se reposant, différens sons aigres, tous si elfrayans, qu'elle inspire de l'horreur et de la crainte

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aux gens qui la regardent comme un oiseau funèbre, parce qu'elle habite les cimetières et les églises.

Cette espèce est très-commune en Europe ; on la trouve en Suède comme en France, dans les parties septentrio- nales et méridionales de l'Amérique , dans les déserts de la Tartarie, dans la Perse, l'Indostan, et enfin dans l'Aus- Iralasie ; mais elle ne porte pas partout une livrée tota- lement pareille : son plumage est, à Cayenne, plus doré qu'en Europe ; la face et le dessous du corps ont plus de mouchetures. Les individus qu'on trouve à la Nouvelle- Hollande ont, sur les parties supérieures , de grandes taches d'un brun foncé. La Chouette épervier. V. Chouette caparacoch.

La Chouette fauve, Slrixfuha^ Lath. , se trouve à la Nouvelle-Zélande : taille de la clwuette chevêche-, bec cou- leur de corne, et noir à sa pointe; couleur générale du plumage, fauve, mais presque brune sur le dessus du corps, et avec des taches blanches et très-pâles sur la face.

La Chouette PERRUcmEUSE, Slnx rufa, Lath. , dont Sco- poli a fait une espèce particulière , ainsi que Latham et Gmelin, est rapportée par M. Meyer à la chouette hulotte. ou chat-huant; je croi^ qu'il est fondé. Voici la description très-succincte qu'en fait Scopoli : iris bleuâtre; corps d'une couleur ferrugineuse, et tacheté de brun. Cet oiseau a été vu dans les forêts de la Carniole , près d'Idria.

La Chouette de Géorgie , Sirix georgîca , Lath. La cou- leur brune qui règne sur le plumage de cet oiseau, est coupée, sur les parties supérieures, de bandes jaunâtres , et sur les inférieures, sur les ailes et la queue, de bandes blanchâtres ; elle prend une teinte rouge , et forme des raies longitudinales sur le ventre et les parties postérieures , qui sont d'un blanc jaunâtre; le duvet qui recouvre les pieds est varié de quelques points noirâtres; longueur, près de quinze pouces; bec jaune. On la trouve en Amérique, dans l'intérieur de la Géorgie méridionale.

La Chouette grise, Strix Utturata^ Retzius. Taille un peu inférieure à celle du grand hibou; plumes des parties supérieures rayées en travers et en longueur, de brun sur un fond gris ; les raies sont déliées sur la tête , interrom- pues et plus larges sur le manteau; collerette pareille, mais blanchâtre au-dessus de l'œil; plumes des parties in- férieures blanches, avec une longue tache brune sur le mi- lieu, et de petites ondes presque imperceptibles sur le fond blanc; bec jaunâtre; ongles bruns. Elle se trouve dans les montagnes du nord de la Suède.

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M. Themminck la donne , dans son Manuel d'Ornithologie, comme ne différant pas de la chouette nébuleuse de rAuiéri- que septentrionale, qu ilprétend se trouver aussi en Europe, peut-être, parce qu il lui rapporte celle de cet article. Au reste , M. Cuvicr , Ilcgne aniiiud, la présente pour une espèce particulière , et je le crois fondé.

La Chouette harfang, Slrix nyctea^ Lath, pi. i8 de l'Hist. nat. des Oiseaux de l'Am. sept. Cette helle chouette égale en grosseur le grand-duc; son plumage est d'un blanc éclatant sur le front, la gorge, les plumes des pieds et des doigts ; plus ou moins tacheté de roux et de brun noir sur le reste du corps; 1 iris est d'un jaune Irès-brillant ; le bec et les ongles sont noirs; longueur totale, vingt pouces^ A mesure que cette chouette avance en âge , les taches dis- paroissent, et elle finit par être totalement blanche. Ce grand chasseur de lapins, de gelinottes et de perdrix, leur fait la guerre non-seulement pendant les crépuscules, mais encore pendant le jour; car ses yeux ne sont point offus- qués par la lumière, ni éblouis par la neige.

Cette espèce habite le nord de l'Europe , s'avance très- rarement dans nos contrées, et est commune à la baie d'Hudson. Il n'est pas rare de voir ^es harfangs dans les Étals-Unis, pendant l'hiver, et quelquefois on les rencontre à la Louisiane ; on trouve leur nid dans les rochers es- carpés, ou sur de vieux pins ; leur ponte est de deux œufs blancs tachetés de noir.

On les dit communs en Russie , aux environs de l'Liik, ainsi qu'en Sibérie ; les Tatares les nomment toumana , cl les Kalmoucks , jakhan-schunhloo. Tuer une de ces chouettes seroitun crime chez ces peuples , pour qui ces oiseaux sont un présage de bonheur ou de malheur, s'ils prennent leur vol a droite ou à gauche; ce dernier côté est le fâcheux.

La Chouette hulotte, Strix aluco , Lath., pi. enlum. de Buff., n." 4-4-I7 ^ douze à quatorze pouces de longueur; l'iris d'un noir un peu bleuâtre ; la face grise; le bec d'un blanc jaunâtre; le sommet de la tête , le manteau et les couvertures des ailes d'un gris foncé , tacheté et rayé de blanchâtre; le dessous du corps d'un blanc un peu rous- sâlre, avec des taches et des lignes noires, longitudinales et transversales; des bandes rousses, noirâtres et blanches, sur les peniîes des ailes et de la queue ; les plumes du tarse et des doigts pointillées de noir; les couleurs des jeunes sont moins foncées, et blanchâtres vers l'abdomen. Les naturalistes ne sont pas d'accord sur cette chouette ; les uns la présentent comme le mâle du chat - huant , et

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prennent celui-ci, pour la femelle ou un jeune. En effet, plu- sieurs hulottes que j'ai eues vivantes, étoient des mâles, et je ne puis assurer qu'il existe des femelles sous son plumage ; c'est pourquoi je l'isole, ainsi que l'ont fait Brisson , lluffon, Linnœus, Latham , etc., avec d'autant plus de motifs, que j'ai eu cette année en ma possession quatre jeunes, pris dans le même nid, et qui tous quatie portoient la livrée de la hulotte adulte, à quelques différences près, qui ca- ractérisent le premier âge. Son cri est hien différent de celui du chat-huant, car il exprime les syllabes gtiwVz, giwUz.

La hulotte habite les bois pendant l'été, se cache dans les arbres creux, ou dans l'épaisseur d'un taillis, et y reste sans changer de place ; elle chasse et prend souvent les petits oiseaux; mais elle rend un grand service à l'agricul- ture , en leur préférant les mulots et les campagnols. Lors- que l'hiver la prive de cette nourriture , elle s'approche des habitations, et vient dans les granges, faire une guerre, non moins avantageuse pour leur possesseur, en détruisant les rats et les souris.

Elle s'empare ordinairement des nids étrangers, surtout de ceux des cresserelles, des corneilles et des pies, pour y déposer ses œufs , qui sont souvent au nombre de quatre , arrondis et blanchâtres.

La Chouette de l'île de la Trinité, Slrix phaleno'ides y Lath., pi. 9 de l'Hist. des Ois. de l'Amer, sept., sous le nom de dwuetle phalénduh , n'a que six pouces de longueur; le dessus du corps d'une teinte fauve , avec plusieurs taches blanches sur les couvertures des ailes; la face et toutes les parties inférieures variées de roux et de blanc; le duvet des jambes et des doigts roussàtre; le bec et les ongles noirs. On la trouve dans les grandes Antilles.

La Chouette a longue queue de Sibérie. V. Chouette

DES MONTS OURALS.

La Chouette de Java, Strlx javanica . Lath. Avec une description aussi succincte que celle que M. ^^ urmb {Ma- gasin scientifique de Licldemherg) donne de cet oiseau nocturne, il est difficile de déterminer, si vraiment c'est une espèce particulière ; son corps est cendré , avec des nuances rous- sâtres. On remarque sur le dessus du corps des taches blan- ches et d'autres noires; ces dernières^ seules sont sur les parties inférieures, dont le fond est d'un blanc lavé de jau- nâtre sale, plus foncé sur les flancs.

La Chouette jougou , Slrix si nensis ^ Lath. , se trouve à la Chine et à Java. Elle a seize pouces de longueur ; les

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tarses et la moitié des doigts couverts d'un duvet roux clair ; les parties supérieures d'un roux rembruni très-foncé , avec des taches blanches très-nombreuses et de diverses formes , sur la tête et ie derrière du cou, transversales sur le dos et les ailes , dont les pennes sont , ainsi que celles de la queue, d'une couleur uniforme ; la face rousse ; la gorge d'un blanc pur, de même que les parties postérieures qui ont sur chaque plume quatre raies transversales, très-étroites et noires; le bec et les ongles de cette dernière couleur, et la partie nue des doigts, jaune.

La Chouette lapin. V. Chouette a terrier.

La Chouette a lunette, Strix perspidllata ^ Lath., pi. 57 du Synopsis de cet auteur, a dix-neuf pouces de longueur; le bec jaune et couvert à sa base de soies noires ; les plumes du sommet de la tête et du cou cotonneuses et blanches, la face d'un brun noir ; le dessus du corps et une bande sur la poi- trine de couleur marron ; le reste du dessous du corps d'un roux blanchâtre ; les ailes et la queue brunes, rayées en tra- vers d'une teinte plus pâle et terminées de blanc ; les plumes du tarse d'un blanc jaunâtre , et les ongles couleur de corne. Cet oiseau porte , à Cayenne , le nom de plongeur.

La Chouette à masque noir diffère en ce que les plumes qui entourent l'œil sont noires ; les ailes et la queue brunâ- tres ; les scapulalres tachetées de noir; le reste du plumage blanc ; le bec et les plumes des tarses noirâtres. Cef oiseau , pi. 4-4 de l'Ornlthol. d'Afrique , est donné, par Latham, pour une variété d'âge ou de sexe de la Chouette a lunette j cependant son plumage indique un oiseau parfait.

La Chouette de la 3ier Caspienne, Slrix ardpitrina; Pallas; me paroît être un individu de l'espèce de la CuouETTE

ÉPERVIER ou CAPARACOCH.

La Chouette du Mexique. V. Chouette tolchiquatli.

La Chouette montagnarde, Strix barhata ^ Lath., ha- bite les montagnes de la Sibérie orientale. Elle a le bec et l'iris jaunes, le menton et le tour des yeux noirs ; le reste du plumage cendré.

La Chouette nébuleuse , Slrix nebulosa , Lath. , pi. 1 7 de Xllisl. des Oiseaux de l'yim. sept. , a près de seize pouces de longueur; le bec ^'une teinte cendrée, l'iris jaune, la fraise d'un cendré clair, uniforme, avec quelques petites taches brunes dans sa partie inférieure ; le dessus du corps et la poitrine bruns et tachetés de blanc; les taches sont plus nom- breuses sur la tcle , le cou cl la poitrine ; des raies trans-

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versales, allernativement d'un brun plus ou moins clair sut- les pennes des ailes , avec des taches d'un blanc sale sur les bords extérieurs , et d'un brun foncé sur les secondaires ; la queue rayée transversalement de brim et de blanc ; le ventre et le bas-ventre blanchâtres, avec des raies d'un brun ferru- gineux; longitudinales sur le premier, et transversales sur le second, le duvet des pieds et des doigts d'une teinte pâle. Cette espèce habite la baie d'Hudson pendant l'été , et se retire , pendant l'hiver, dans les Etats-Unis.

La Chouette noctuelle , StrÎM noctua^ Lath. , n'est point une espèce particulière, mais une variété de la Chouette

HULOTTE.

La Chouette de la. Nouvelle-Zélande. V. Chouette

FAUVE.

La Chouette nudipède , Sliix nudipes, Lath. , pi. i6 de YHist. des Oiseaux de V Am. sept., a sept pouces et demi de long; le dos d'un fauve rembruni ; les petites couvertures des ailes tachetées de blanc, le dessous du corps d'un blanc sale, avec des taches brunâtres et lyrées ; les pieds nus et bruns, le bec noirâtre. Cette espèce se trouve à Porto-Riceo et à Saint-Domingue.

La Chouette ondulée, Slrix undulata ., Lath. Cette es- pèce , qui se trouve dans l'ile de Norfolk , a douze pouces de longueur; le dessus du corps de la même couleur que le hi- bou à aigrettes couiies; les couvertures des ailes et les petites plumes marquées de blanc à leur extrémité; la tête, la gorge et tout le dessous du corps ondulé de blanc ; le bec de cou- leur de plomb ; les plumes du tarse jaunes, les doigts nus et les ongles noirs.

La Petite chouette. V. Chouette chevêche.

La Chouette de Porto-Ricco. V. Chouette nudipède.

La Chouette rayée de la Chine. V. Chouette jougou.

La Chouette rouge. V. Coracias.

La Chouette houge-lrun. V. Chouette cuevèchette.

La Chouette de Saint-Domingue, Strix dominicensis , Lath. , me paroît être de l'espèce de la Choueite suinda. V. ce mot.

La Chouette de Sologne, Stiix sologniensis , Lath. , n'est point une espèce particulière , mais bien une variété de la choueite hulotte. Elle a la face blanche ; la collerette et le sommet de la tête variés de taches blanches et de roussâtre; le dessus du corps d'un brun noirâtre , nuancé de fauve ; le dessous des ailes et de la queue blanchâtre; le bec noirâtre , ainsi que les ongles.

La Chouette à sourcils blancs, Strix superciliaris., Vieill. Face d'un blanc roussâtre ; larges sourcils blancs ; bec de

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cette couleur; parties supérieures d'un brun marron, parscitié de petits points blancs sur la îête et de quelques mouche- tures arrondies sur les ailes ; parties inférieures blanches , avec des bandes transversales d'un brun marron , très-rares sur le ventre , et nulles sur les parties postérieures; doigts velus; bec allongé , couleur de corne jaunâtre ; taille un peu supérieure à celle de notre che^^êche. Cet oiseau est au Mu- séum d'Histoire naturelle. Je ne connois pas son pays.

La Chouette suinda , Strix suinda , Vieill. Nous devons la connoissance de celte chouette à M. de Azara, ou du moins une description plus détaillée de la chouette ou grande chevêche de Saint-Domingue, si, comme le dit Sonnini dans sa traduction , elles appartiennent l'mie et l'autre à la même espèce ; mais ce ne peut être la chouette ou grande chevêche d'Europe , puisque le suinda a la tête sans aigrette et que l'autre en a deux, courtes il est vrai, qui lui ont valu le nom de brarhyotos. Le suinda n'entre point dans les bois et ne se perche pas sur les arbres ; il fréquente les campagnes découvertes et abondantes en gibier, se cache dans les trous ou les terriers des tatous, mais il n'en creuse pas lui-même ; ce qui suffit pour ne pas le confondre avec la chouette à ter- rier, qui fait elle-même celui dans lequel elle niche, et son seul abri dans les temps de repos : fait que j'ai vérifié à Saint- Domingue. Le suinda chasse une heure avant le coucher du soleil, volant en ligne directe et sans discontinuité à cinq à six pieds au-dessus «lu sol, pour fondre sur le gibier qu'il dé- couvre. Il est fort rare , et ne se voit au Paraguay qu'au vingt-septième degré : cependant on dit qu'on le trouve plus communément au sud de la rivière de la Plata,

Il a quatorze pouces et demi de longueur; la collerette noirâtre , et tachée de gris roussâtre sur les bords , brune avec des lignes noirâtres au centre, avec un peu de blanc à Tangle antérieur de l'œil; les plumes de la tête, de la gorge et du cou d'une teinte sombre dans le milieu, et d'un brun roussâtre sur les bords; la couleur de la poitrine plus claire, avec des raies déliées et longitudinales; le ventre et les par- ties postérieures d'un gris roussâtre ; quelques taches noires, oblongues et pointues sous l'aile ; le dessus du corps , des ailes et de la queue noirâtre, varié de brun et moucheté de gris roussâtre ; le bec sombre et l'iris jaune.

La Chouette tengmalm, Sirix tengmalmi, Lath., a huit pouces quatre lignes de longueur; tout le corps d'un rou\ rembruni et noirâtre, avec des taches blanches, arrondies sur la tête et sur le dessus du cou ; l'iris d'un jaune brillant ; le bec jaune ; les pieds et les doigts couverts d'un duvet Jilanc La femelle est un peu plus forte que le mâle; son plu-

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mage snpcrieur d'un brun grisâtre; une tache noire entre l'œil et ie bec ; les parties inférieures variées tle blanc pur. Cette espèce se trouve en Suètle, en Norwégc , en Russie et dans les sapinières de plusieurs parties de rAlleuiagne. On la rencontre, mais rarement, dans les \osges et dans le Jura. Elle niche dans des troncs de sapins. Sa ponte est de deux œufs blancs.

La Chouette a terrier, Stn'x mnirulan'a, Vieill. , x:reuse elle-même le trou qui doit servir d'asile à sa progéniture. Il est rond,(îuvertà son entrée comme celui d'un lapin, et pro- fond de deux pieds environ. Elle se plaît dans les endroits découverts , voit à toute heure du jour , et se trouve souvent dans les habitations des mornes. Elle ne fréquente point les forêts, se' plaît dans les savanes, n'est nullement sauvage; mais , si on continue de l'inquiéter , elle se réfugie dans son terrier , d'où il est difficile de la faire sortir. Sa ponte est de douze oeufs blancs , presque sphéroïdes.

La seule différence que j'aie remarquée entre le mâle et la femelle , consiste dans la couleur des yeux : le premier les a d'un jaune irès-vif, et l'autre d'un jaune pale. Longueur to- tale, neuf piouces et demi. Bande blanche et large en dessus des yeux ; dieux cercles sur la face , l'vm blanchâtre , l'autre gris; tête, dos, croupion de cette teinte, mais variée de points blancs sur toute la première partie , et nuancée de roussâtre , coupée par de grandes taches blanches et brunes sur les ailes , et enfin traversée sur la queue par des bandes de ces deux couleurs; gorge et toutes les parties postérieures marquées de brun sur un fond blanc, un peu roussâtre sur les côtés ; bec d'un blanc verdâtre et noir sur les bords ; tarses et doigts couverts d'un duvet gris. La chouette de Saint-Do- mingue , striv dominicensis , a des rapports avec celle-ci ; mais elle est décritte trop succinctement pour la bien déterminer.

Je rapproche de cette espèce la Chouette de Coquimbo et I'Urucureu de M. de Azara.

La Chouette tolchiquatli , Strix iolchiquatii ^ Lath. , se trouve à la Nouvelle-Espagne ; elle est tellement emplu- mée , que , bien que petite de corps , elle paroît aussi grosse qu'une poille. Son plumage est varié de noir, de jaunâtre , de blanc, fauve en dessus; blanc en dessous ; les couvertures des ailes sont noires; l'iris des yeux est jaunâtre.

Le tolchiquatli fréquente le voisinage des lacs, pour faire sa nourriture de grenouilles et d'autres reptiles, (s.)

La Chouette wapacuthu , Strix (vapacuthu^ Lath. Lon- gueur, dix-huit pouces ; bec noir ; iris jaune ; plumes de la tête noires à leur extrémité; face, joues et gorge blanches , ainsi que les scapulaires et les couvertures des ailes ; mais

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celles-ci sont agrëablemenl variées de lignes transversales et de taches longitudinales dun rougeâlre sombre; pennes alaires et caudales tachetées irrégulièrement, rayées de noir et de rouge pâle ; dos et couvertures de la queue traversés d'un très-grand nombre de lignes rougeâtres; bas-ventre blanc; pieds couverts de plumes jusqu'aux doigts, qui le sont eux-mêmes de poils.

Cet oiseau habite les bois de la baie d'Hudson , y niche dans des tas de mousse sèche , et fait une ponte de cinq œufs blancs. Les petits éclosent en mai, et portent dans leur premier âge un plumage blanchâtre assez uniforme ; ce qui suffit pour les distinguer de ceux du harfang, qui sont d'un brun obscur. JVapaculhu est le nom que lui donnent les na- turels du pays.

La Chouette aux yeux verts, Slrix syhesiris, Lath. Scopoli donne à cette chouette la longueur du coq ; le bec jau- nâtre ; la face entourée d'une jolie fraise blanchâlre , qui s'é- tend d'une oreille à l'autre , en passant sur le front; tout le plumage varié de blanc et de brun ; l'iris d'un vert de mer. On la trouve dans la Carniole. Cet oiseau, qu'a décrit Scopoli, est donné par les auteurs allemands pour une variété de la chouette hulotte.

C. Chanel les-Hihoux.

Le Hibou a aigrettes couchées , Stiix griseata , Larh. , pi. enl. , n." 4-^ i de VHisl. mit. des Oiseaux d Afrique , par Le- vaillant. Les faisceaux que porte cet oiseau sur la tête , sont composés de plumes longues , flexibles, qui ne se redressent que difficilement au-dessus de la ligne horizontale , et qui retombent aux côtés de la tête ; ils prennent naissance près de la racine du bec , et , passant au-dessus des yeux, descen- dent vers le bas du cou; une teinte brune rousse, finement rayée de lignes brunes foncées et entremêlées de taches blan- ches sur les ailes et la queue , couvre les parties supérieures du corps; le dessous est blanchâtre et d'un roux léger, avec des stries fines et brunes sur la poitrine ; le bec est jaune , et les doigts sont brunâtres. Taille du moyen duc. On trouve ce hibou à la Guyane.

Le Hibou a aigrettes courtes , Strix brachyotos et ulula., Lath., pi. enl. de Buff. , n.» 4-38. Les aigrettes, dont cette espèce est pourvue, sont si petites, et elle les relève si ra- rement que des auteurs la rangent parmi les chouettes à tête simple , et que d'autres en ont fait deux espèces , l'une sous le nom de rhouette., strix ulula , et l'autre sous le nom de IruchYotos. Ce hibou a treize pouces de long , la tête et le des- sous du corps d'un blanc roux et varié de taches longitudinales brunes; la partie inférieure du dos, le croupion et les couver-

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tures supérieures de la queue d'un roussâtre mélangé de brun ; les pennes des ailes rousses , et celles de la queue dun blanc roussâtre ; toutes ont des raies transversales brunes ; les plu- mes qui entourent les yeux forment un cercle noirâtre ; en- suite elles sont d'un blanc sale mclé de roussâtre et de brun foncé ; liris est jaune ; le bec et les ongles sont noirs.

La femelle diffère par des couleurs plus ternes , et des ta- ches moins larges : le duvet des jeunes est d'un blanchâtre gris mêlé de brun.

Cette espèce s'approche peu des habitations , se tient plus volontiers dans les rochers , les carrières , les vieux châteaux abandonnés., préfère les pays de montagnes , et cherche les lieux les plus solitaires ; elle dépose ses œufs , car elle ne fait pas de nid , dans des trous de rochers ou de murailles ruinées : ils sont au nombre de deux ou trois , totalement blancs , gros comme ceux du pigeon ramier , et parfaitement ronds. IN'au- roil-onpas confondu cette espèce avec une autre dans la des- cription que Ton fait de son nid et de sa ponte F car des au- teurs allemands nous disent qu elle construit son nid à terre, sur les coteaux, dans les marais à tourbe , dans de grandes touffes d'herbes , et que ses œufs sont inconnus.

Ces oiseaux , grands destructeurs de mulots , sont très-uti- les ; aussi les laboureurs en font grand cas. Au printemps , ils font entendre jour et nuit la syllabe goiif ^ prononcée d'un ton assez doux ; et quand il doit pleuvoir, ils changent de cri , et semblent dire goyou. On ks trouve dans toute l'Europe , efc même à Terre-Neuve. L'âge apporte quelques dissemblances dans les couleurs et leur distribution.

Le Hibou d'Amérique. V. Hibou criard.

Le Hibou ascalapiie ou d'Eg\pte, Sirix ascalaphiis ^ Sa- vigny , Brit. zool. a.'^"'^ B. , HI , se trouve en Egypte, et quelquefois en Europe , puisque Pennant dit l'avoir reçu d'E- cosse. Il est d'une taille inférieure à celle du grand hibou , et d'un quart plus grand que celui à aigrettes courtes. Son plu- mage a des rapports avec celui de ce dernier; une teinte fauve tachetée de brun le colore ; elle est vermiculée sur les ailes, et sur le dos , et rayée en travers de lignes étroites sur le ventre ; la queue est blanchâtre en dessous avec trois ou quatre raies transversales étroites et brunes ; le bec de cette couleur ; les huppes courtes ; les ongles sont noirs.

Le Hibou asio, StrLv asio , La th. , pi- 21 de mon Hist. des- Oiseaux de l'Amérique septentrionale. Longueur de huit à neut pouces ; bec couleur de corne ; iris jaune ; milieu de la face roussâtre , avec trois cercles , le premier et le dernier noirs, et étroits , le second plus large et blanc ; le dessus de la tête et du corps , les ailes et la queue d'un beau joux ^ varié de lignes.

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noires sur la lête , le cou et les couvertures des ailes , mélan- gé de raies transversales brunes sur la queue, mais peu appa- rentes , tacheté alternaùvement de roux et de blanc sur les pennes primaires , avec une large bande blanche sur le bord extérieur des scapulaires ; le haut de la gorge blanc ; la partie inférieure rousse et rayée longitudinalemeut de brun; la poi- trine variée de blanc , de noir et de roux ; le blanc occupant le milieu de chaque plume loogitudinalemcnt, et les autres cou- leurs le coupant en travers ; le ventre blanc ; les flancs ta- chetés comme la poitrine ; les couvertures inférieures de la queue blanches , avec des taches terminées en fer de lance ; les pieds et les doigts couverts de plumes d'un blanc roussâ- tre ; les ongles de la couleur du bec.

La femelle ne diffère que par des couleurs moins vives. Ces oiseaux se trouvent dans l'Amérique septentrionale.

Le Hibou BACKAMŒNA, Slrijo backamœna, Lath. ; indica ^ Gm. Le nom que j'ai conservé à cette espèce est celui qu'elle porte dans l'île de Ceylan. Elle a six pouces environ de lon- gueur totale ; des aigrettes très-fournies et d'un roux rem- bruni ; la tèle et le manteau d'un brun noirâtre , parsemé de points d'un roux clair; la face, la gorge et le dessous du corps roux, tirant au cendré près des yeux, et rayé en travers de brun sur la première partie , avec des taches rares et ti- grées sur le reste ; la collerette bordée de noir ; les couver- tures des ailes grises avec quelques lignes étroites noires ; les pennes régulièrement barrées de cette couleur et de blanc ; les tarses en partie couverts de plumes , et les doigts velus ; le bec et les ongles couleur de corne.

Le Hibou blanc. V. Chouette harfang.

Le Hibou blatsc d'Islande. V. Chouette harfang.

Le Hibou du Brésil. V. Hibou cabure.

Le Hibou cabure , Slrix hmsiliana , Lath. , se trouve au Brésil , il est connu sous le nom qu'on lui a conservé. La tète , le dessus du corps , les couvertures supérieures des ailes et de la queue sont d'un brun ferrugineux clair , et variés de taches blanches , fort petites sur la tète et le cou, et assez grandes sur les couvertures; les pennes sont pareilles au dos; celles de la queue ont , de plus, des zigzags blancs ; l'iris est jaune ; le bec et les plumes des pieds sont jaunâtres.

Le Hibou de la Chine , Strix sinensis , Lath. Grandeur de notre hibou commun ; dessus du corps varié de noir et de brun roussàlre sur une teinte cannelle, et ondulé de lignes noires sur le dos et les couvertures des ailes ; quatre bandes transversales d'un roux clair, avec des taches rousses et blan- châtres sur les pennes; devant du cou roux clair, avec des marques noires triangulaires ; dessous du corps d'un fauve

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foncé, entrecoupé d'une bande noire, longitudinale, et di- visée transversalement par des raies blanches ; bec et pieds noirs.

Le Hibou choliba , Strix choUha ^ \it\\\. ^ se trouve au Paraguay. Il a huit pouces deux lignes de longueur totale, les plumes des parties supérieures et inférieures noirâtres dans le milieu et d'un brun clair pointillé de noirâtre sur les bords; les plumes des jambes , des tarses et les couver- tures inférieures des ailes d'un roux clair; les premières pennes alaires noirâtres avec de grandes taches roussâtres; les autres et celles de la queue brunes et pointillées ; une grande tache noire, en forme de croissant, s'étend depuis la base des aigrettes jusqu'au bas de l'ouverture du bec , et couvre les oreilles ; ime rangée de plumes blanches et ter- minées de noir se fait remarquer sur les scapulaires ; le bec est d'un bleu très-clair et jaunâtre à Texlrémité ; l'iris jaune avec un peu de bleuâtre sur son bord intérieur : il y a une variété dans cette espèce qui ne paroît pas dépendre de l'âge ni du sexe. Elle a du brun le précédent a du noir, et du blond il a du brun.

Ce hibou se tient pendant le jour dans les bois très-touffus, il se cache entre les branches ; il vient la nuit dans les ha- bitations champêtres , se pose sur les toits et les murailles , et se laisse approcher au point qu'on peut le tuer à coups de pierre ou de bâton. Son cri , qu'il répète fréquemment, ex- prime les syllabes ////•wra/-ù-/i<-ft/. 11 ne fait point de nid, et pond dans un trou de vieil arbre , trois œufs blancs , par- iailement sphéroïdaux. M. de Azara , qui nous a fait con- noitre cette espèce , pense que c'est le même oiseau que le duc de la Nouvelle-Espagne , indiqué par ISieremberg sous le nom de talchiquatli ; mais je ne suis pas du seriti- nient de Sonnini , qui le considère comme étant de la même espèce que notre petit duc.

Le Hibou de CLocnER. V. Chouette effraie.

Le Hibou commun, Sliixotus^ Lath., pi. enl. de Buff., n.-'sg, a treize pouces et demi de longueur ; l'aigrette composée de six plumes d'un fauve brunâtre; celles de la face blanchâtre et terminées de noir ; la tête et le manteau variés de brun , de roux et de blanc ; le croupion et les couvertures de la queue, roussâtres et mêlés d'un peu de brun ; le devant du cou et la poitrine bruns et roussâtres ; le ventre avec des taches et des zigzags bruns ; les ailes et la queue brunes et roussâtres ; les plumes des tarses de cette dernière teinte, le bec et les ongles noirâtres ; les ailes rousses , variées de brun et de roussâlre.

Ce hibou est le plus commun et le plus nombreux en

France ; il y reste toute l'aiinée : on le voit plus souvca

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en hiver , parce qu'alors il quitte les cavernes des rochers , les forêts des montagnes , pour descendre dans les plaines , s'approcher des habitations ; mais dans l'été il est rare de l'y rencontrer.

Cette espèce se trouve, non-seulement en France, mais dans le nord et le midi de l'Europe. On assure qu'elle se donne rarement la peine de faire un nid , ou se l'épargne presque en entier ; tantôt la femelle pond dans un vieux nid de pie , tantôt dans celui d'une buse , ou autre gros oiseau ; elle y dépose ordinairement quatre ou cinq œufs blancs et ronds; les petits, qui sont couverts d'un duvet blanc en naissant , prennent des couleurs au bout de quinze jours , époque leurs plumes commencent à paroître. Lors- qu'on veut élever ce hibou , il faut le prendre très'-jeune ; autrement il refuse toute nourriture , dès qu'il est enfermé. Son cri est fort et s'entend de très - loin ; lorsqu'il s'envole il en pousse un autre aigre et soupirant , qu'on at- tribue à l'effort des muscles pectoraux qui , dans ce moment, entrent en contraction.

On se sert de ce hibou et du chat-huant pour attirer les oiseaux à la pipée, et l'on a remarqué que les gros oiseaux viennent plus volontiers à la voix du premier , qui est une espèce de cri plaintif ou de gémissement grave et allongé , dowcloud , qu'il ne cesse de répéter pendant la nuit ; et que les petits oiseaux viennent en plus grand nombre au h oho , hohô du chat-huant, qui est prononcé d'un ton plus haut, et semble une espèce d'appel.

Le Hibou couronné. V. Hibou de Virginie.

Le Grand Hibou cornu d'Athènes est une variété du Grand-Duc ou Hibou.

Le Hibou a cravate blanche, Olus alhicolHs^ Daudin, est une variété du Moyen Hibou.

Le Hibou criard , Strix mcxkana ^ Lath., pi. 3 de THist. des Oiseaux de V Améiique septentrionale. Face blanchâtre ; col- lerette bordée de roussâtre ; et chaque plume noire dans son milieu ; parties supérieures du corps tachetées longi- tudinalemenl, et pointillées de noir sur un fond roux clair ; plumes de la gorge rousses et blanches , avec la tige noire ;< ailes rayées transversalement de noirâtre et de cendré ; queue rayée irrégulièrement d'un brun-noir ; dessous du corps ferrugineux ; poitrine tachetée de jaunâtre ; croupion et anus d'un blanc entremêlé de taches noires ; bord des premières pennes de l'aile crénelé ; plumes des jambes et des pieds d'un roux cendré ; iris couleur de safran ; bec jaune ; ongles noirs.

Brisson a décrit le mâle, qui est celui-ci, sous le nom

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tie hîhou au Mexique , et a nomme la femelle hibou et Amérique ; elle diffère en ce que le noir des taches est brun foncé , et en ce qu'il y a du gris et plus de blanc sur son vêtement.

Cette espèce se trouve dans l'Amérique septentrionale , et au Mexique. Elle a dans son plumage beaucoup de rapports avec le hibou commun; mais ses couleurs sont plus nettes et plus tranchées. Elle a aussi des aigrettes plus longues, et elle est plus haut montée.

Le Hibou d'Egypte. V. Hibou ascalaphe.

Le Hibou a froîst blanc , S'.rix, alUfrom , Lath. Gros- seur du petit duc ; longueur , sept pouces un quart ; dessus de la tête et du corps brun ; plumes de la face frangées de blanc ; dessous du corps d'un jaune fauve , avec des bandes transversales brunes sur la poitrine ; taches blanches sur les ailes; bec noir; ongles noirâtres.

Un individu pris avec celui-ci et plus petit ( probablement le mâle), diffère en ce que son plumage est noirâtre, et que sa face n'est point frangée de blanc. Ces oiseaux , quand ils sont vivans, relèvent souvent deux plumes qui sont au- dessus des yeux. Latham ayant examiné ces plumes sur des individus morts , dit qu'elles ne sont pas plus longues que les autres ; d'après cela , il trouve de l'analogie entre ces oiseaux et le duc à courtes oreilles. Ils habitent le Canada.

Le Hibou getstil, Slrix pulchelln^ Lath. Sa taille est d'un peu plus de neuf pouces de longueur ; le dessus de son corps est d'une jolie teinte grise et cendrée , tachetée de brun ferru- gineux et pointillée de blanc ; on remarque des taches blan- ches oblongues sur les ailes ; des bandes et des points bruns sur la queue , dont le fond est fauve ; le dessous du corps est blanchâtre et onde de quelques taches noirâtres ; les ailes pliées dépassent le bout de la queue qui est arrondie ; les jambes sont revêtues d'un duvet à taches ondulées , et les ongles bruns. Cet oiseau , que Pallas a fait connoitre , est- il une espèce différente du hibou scops ?

Le GRAND Hibou, Strix Lubo, Lath.; pi. D. i^. fig. 3 de ce Dictionnaire , a vingt-deux pouces de longueur; les aigrettes, la tête , le dessus des ailes et du corps variés de fauve , de rous- sâtre et de noirâtre; les plumes des narines blanchâtres et ter- minées de noir; celles de la face mélangées de roux, de noir et de gris .; la gorge blanchâtre ; le devant du cou et la poitrine noirâtres et roux; le ventre avec des raies longitudinales et des bandes transverses noirâtres ; les couvertures du dessous de la queue et les plumes des tarses , variées de lignes et de zigzags très-étroits et bruns sur un fond roux ; les pennes des ailes brunes, roussâtres à l'extérieur , fauves à l'intérieur, et rayées de noirâtre sur les côtés ; les deux pennes intcraiédiai-

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res de la queue raye'es de noirâtre et de roussâtre ; les lalé- ralesne diffèrent qu'en ce que du côté intérieur, vers l'origine, elles sont fauves, et cette couleur s'étend d'autant plus loin, que la plume est plus éloignée des deux du milieu; l'iris est couleur de safran, le bec noir, et les ongles sont noirâtres. femelle diffère du mâle en ce que ses couleurs sont un peu plus sombres.

Le grand hibou n'habite que les rochers ou les vieilles tours abandonnées, et situées au-dessus des montagnes ; rarement il descend dans la plaine ; rarement on le voit perché sur les arbres ; il détruit d'autant plus de gibier , que c'est dans le silence de la nuit qu'il lui fait la chasse ; les jeunes lièvres , les lapereaux sont ordinairement sa pâture ; il se nourrit aussi de taupes, de mulots , de souris , qu'il avale tout entiers, après leur avoir brisé, avec son bec , la tête et les os ; et au bout de quelques heures, ilvomit les poils, les os et lapeau pelotonnés dans son estomac par petites masses ; il mange encore les chauve-souris, les serpens , les lézards , les grenouilles et les crapauds ; mais l'époque ce Carnivore chasse avec le plus d'activité et fait un plus grand carnage , c'est celle il a des petits; alors son nid regorge de provisions, et c'est, de tous les oiseauxde proie , celui qui en rassemble le plus pour ses petits, qui sont des plus voraccs. Dans l'état de captivité, on le nourrit de chair et de foie de bœuf; il s'accommode volontiers de poissons , petits et moyens; il les mange de lamêmemanière que les petits quadrupèdes, car il dépèce les grands , et en rend par le bec les arêtes pelotonnées. Ces oiseaux peuvent se passer de boire ; cependant , quand ils sont à portée, ils boivent , mais se cachent , comme font plusieurs oiseaux de proie diurnes ; ce besoin de boire doit être plus rare dans les carnassiers, lorsqu'ils ne se nourrissent que d'animaux vivans ; il en est de même pour les vermivores , les insectivores , et ceux qui mangent des fruits succulens. Quoique les grands- ducs supportent plus aisément la lumière du jour que les autres oiseaux nocturnes , les momens ils chassent avec le plus d'avantage sont le soir et le malin , et ils le font avec plus de légèreté que leur grosse corpulence ne paroît le per- mettre ; ils disputent leur proie à divers oiseaux rapaces , se battent avec eux , et souvent l'enlèvent aux buses et aux mi- lans. Attaqué par une troupe de corneilles , un seul en peut soutenir le choc, et finit souvent par les disperser; quelquefois mêuie une des assaillantes devient sa victime, surtout si le com- bat a lieu vers la fin du jour. Leur vol est assez élevé à l'heure du crépuscule , mais ordinairement ils ne volent que bas , position qu'exige leur manière de chasser ; et dans les autres heures du jour , ils ûc parcourent que de petites dist(^uces.

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Dans le silence de la nuit , leurs cris hûhioiî , houhou , boûhovy poûhoû , sont effrayans ; lorsque cet oiseau a faim , il fait en- tendre son cri poûhoû^ et dans d'autres circonstances, il com- mence d'un ton très-haut çt très-fort , et le fait durer autant qu'il peut être de temps à reprendre haleine ; mais lorsqu'il est agité par la peur, c'est un cri très-désagréable, et assez semblable à celui des oiseaux de proie diurnes.

On se sert du duc dans la fauconnerie pour attirer le milan; on attache au duc une queue de renard , pour rendre sa figure encore plus extraordinaire : il vole à fleur de terre , et se pose dans la campagne , sans se percher sur aucun arbre ; le milan qui l'aperçoit de loin, arrive et s'approche du duc, non pas pour le combattre ou l'attaquer, mais comme pour l'admirer, et il se tient auprès de lui assez long-temps pour se laisser tirer par le chasseur , ou prendre par les oiseaux de proie qu'on lâche à sa poursuite; la plupart des faisandiers tiennent aussi dans leur faisanderie un duc, qu'ils mettent toujours en cage sur des juchoirs dans un lieu découvert , afin que les corbeaux et les corneilles s'assemblent autour de lui , et qu'on puisse tirer et tuer un plus grand nombre de ces oiseaux criards , qui inquiètent beaucoup les jeunes faisans; mais pour ne pas effrayer les faisans , on tire les corneilles avec une sarbacane. (Buffon, article du Grand-Duc.)

Celte espèce niche dans les cavernes de rochers ou dans des trous de hautes et vieilles murailles , et quelquefois sur des arbres creux. Elle donne à son nid près de trois pieds de diamètre , le compose de petites branches de bois sec, qu'elle entrelace de racines souples , et garnit l'intérieur de feuilles; laponte est d'un à trois œufs , mais très-rarement de ce dernier nombre; leur couleur est d'un blanc grisâtre, et leur grosseur au-dessus d'un œuf de poule. Les jeunes , comme ceux des autres oiseaux nocturnes, naissent couverts d'un duvet auquel succèdent les plumes, au bout de quinze jours.

Cette espèce, moins nombreuse que celle des autres hiboux, est rare en France ; comme à l'automne on la volt plus com- munément dans les plaines, il paroît qu'elle quitte alors ses rochers et ses montagnes ; peut-être est-ce aussi l'époque elle voyage , car l'on n'est pas certain qu'elle reste toute l'an- née. Elle est répandue sur une partie du globe. On l'a trouvée au Cap de Bonne-Espérance ; on la volt dans les contrées les plus septentrionales de l'Europe ; enfin on la rencontre en- core au Kamlschalka et dans la Sibérie.

Le Grand Hibou blanc sans aigrettes. V. Chouette Harfang.

Le Grand Hibou de Ceylan, Slrix ce^'lanensis , Lath. ; Si. ze/itolfnsù j Gui. ; Browu, I//usl. zool. , lora. 4", habite les

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rochers et les bois •, ses plumes auriculaires sont courtes et pointues ; sa longueur totale est de deux pieds ; lirissafrané ; le dessus du corps d un brun noir, plus clair et inclinant au jaune sur les parties inférieures ; le tour des piumes de la face, d'un roux tirr.nt sur le brun et rayé de noir ; cette dernière teinte forme des lignes transversales sur les premières pennes des ailes et sur celles de la queue , qui , de plus-, en ont de blanches et de fauves ; les pieds sont presque nus ; les ongles et le bec d'une couleur obscure.

Le Hibou a gros bec, Strix crassirostris , VielU. Taille du hihou despim, mais plus allongée; aigrettes noires ; collerette grisâtre bordée de noir; plumage varié de raies très-nom- breuses, transversales et brunes sur un fond blanchâtre ; dessous des ailes et de la queue de cette teinte , avec cinq ou six bandelettes transversales brunes ; bec très-fort , très-gros, d'un brun noirâtre ; ongles de la même couleur ; doigts velus. Je ne connois pas le pays natal de ce hibou. Il est au Muséum d'Histoire naturelle.

Le GRA^D Hibou a huppes courtes. V. Hibou asca-

LAPHE.

Le Hibou d'Italie, Asio italwus , Brisson , est regardé par cet auteur comme une variété du Moyen Duc ou Hibou commun.

Le Hibou Jacurutu. V. Hibou Nacurutu.

Le Hibou du Mexique. V. Hibou criard.

Le Hibou moucheté , Slrix maai/osa, Yieill. , se trouve au Cap de Bonne-Espérance , d'où il a été apporté vivant par M. Peron , à la ménagerie du Jardin du Roi. Il a le men- ton , le bas-ventre , les couvertures inférieures de la queue et les plumes du tarse d'un be; u blanc ; cette couleur règne aussi sur le reste du plumage ; mais elle est couverte de mou- chetures brunes sur les parties supérieures du corps. 11 est rayé en travers de la même teinte sur la tête ; la face , la gorge , la poitrine et le baut du ventre ; l'extrémité de la col- lerette , le tour de l'œil , le bec et les ougles sont noirs ; sept bandes, alternativement brunes et blanches , traversent la queue ; les aigrettes sont de moyenne longueur. Taille un peu au-dessus de celle du chut-liuunt.

Le Hibou tsacurutu, Sirix nar.urutu, Vieill. , pi. enl. de Buff. , n.° 383 , sous le nom de hihuu des terres magellanlque^. La dénomination sous laquelle je décris cet oiseau est celle qu'il porte au Paraguay, et qui me paroît être générique pour plusieurs chouettes ou hiboux. Les Brasiliens l'appellent ya- curutu. Il a dix-sept pouces de longueur totale. Les parties supérieures d'un brun noirâtre rayé en zigzags et pointillé de brun clair et d'un peu de roux; les inférieures mélangées do

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lignes transversales blanchâtres et brimes ; les plumes des tarses variées de noirâtre sur un fond brun ; les pennes des ailes et de la queue avec des bandelettes d'un brun noirâtre, interrompues par des taches rousses etpointillées de noirâtre; la plume antérieure de l'aigrelte noire et bordée de roux; un croissant noir qui part du derrière de l'œil et entoure la face ; une bande noire et étroite sur le sourcil ; la collerette d'un brun clair, mêlé de roux; l'iris jaune, la prunelle de l'œil bleu de ciel et entourée d'un cercle noir; le bec noirâtre jus- qu'à sa moitié, et noir dans le reste; la cire brune et les aigrettes longues de trente lignes. Le mâle et la femelle ne présentent point de différences, et les jeunes leur ressem- blent dès qu'ils ont quitté le duvet qui les couvre à leur nais*- sance.

Le nacunitii a trois cris différens ; le premier est une sorte de sifflement ; le second un son cadencé , aigre et aigu , ac- cent de la douleur ou de la colère ; par le troisième, l'oiseau semble prononcer son nom d'une voix forte et nasarde. C'est par ce cri qu'il effraie les voyageurs qui passent la nuit dans les grands bois , son unique demeure. Il fait son nid avec des bûchettes à la cime des arbres très-élevés. Ce nid , qu'a vu M. de Azara dans les environs de la rivière de la Plata , est plat et spacieux.

Ce grand-duc présente , dans son plumage, son genre de vie , la position de ses aigrettes , la situation et la construc- tion de son nid , de grands rapports avec le hibou des pins ou le grand-duc de Virginie. Si ces deux oiseaux ne sont pas de la même espèce , on ne peut se refuser à les regarder comme deux races très-voisines, dont l'une habite le nord de l'Amé- rique, et l'autre le sud; mais ce ne sont point des variétés de notre grand-hibou , quoique Buffon les ait présentées comme telles.

Le Hibou nacurutu tacheté, Strix maculata, Vicill., se trouve au Paraguay; il est décrit par M. d' Azara sous le nom de nanacuruiu (acheté; il a quatorze pouces de longueur; l'aigrette composée de six plumes noires , blanches , et terminées en pointe; lesplumesdusommetdelatête, noires au milieu, blon- des sur les bords; celles de l'occiput , du dessus du corps, et les couvertures supérieures des ailes noirâtres et frangées de blanc jaunâtre, avec des lignes et des points bruns; les pennes des ailes et de la queue rayées en travers de noirâtre et d'un gris blanchâtre pointillé de brun; la collerette de la face noire et rousse ; celle-ci blanche , a^^ec un peu de noir à la paupière supérieure et à l'angle intérieur de l'œil, et un peu de roux sur les joues; le menton blanc; la gorge , la poitrine et les côtés du corps avec des taches longues et noires, sur un fond

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blanc ; le ventre de cette dernière couleur ; les jambes et le duvet des tarses d'un blanc lavé de roux ; le bec noir; i'iris couleur d'or et la queue étagée.

Le Hibou îs ain , Strix demînuta. Il est absolument semblable au grand-duc d'Europe par ses couleurs et la disposition des taches; mais celles-ci tranchent moins sur le fond. Cet oi- seau, fort petit, a été vu par Pailas sur les montagnes de l'Oural et dans les contrées du Jaïk. Est-ce une espèce dis- tincte du hibou scops F

Le Hibou nudipède, Strix psilopoda, pi. 22 de l'Hist. des Ois. de l'Amérique septentrionale. Bec couleur de corne ; dessus de la tête et du corps brun , varié de taches blanchâtres et de raies noirâtres ; pennes des ailes tachetées d'un blanc roux ; devant du cou et poitrine d'un brun foncé , mélangé de points roux; parties inférieures rayées de noirâtre; pieds jaunâtres ; queue pareille aux ailes. On le trouve à Saint- Domingue et à Porto-Ricco.

Le Hibou ourou-coucou. Oiseau encore peu connu., dont parle Stedman dans son Voyage à Surinam et à la Guyane^ et qu'on ne peut rapporter à aucune espèce de hibou de cette partie de l'Amérique, la description qu'il en donne étant trop succincte. Il a la grosseur d'un pigeon; le bec et l'iris jaunes ; les oreilles très-visibles. Un brun-gris est généralement ré- pandu sur tout son plumage , excepte sur la gorge et le \'enlre qui sont d'un blanc mêlé de taches grises. Il entre da ns les habitations, et les Nègres le regardent comme un oiseiau de mort.

Le Petit Hibou de la côte de CoROMA^DEL , Strix co- romanda, Lath. Il est moins gros d'un tiers que le hibpui com- mun ; parties supérieures d'un gris roussâtie tacheté de blanc et de roux ; petites pennes des ailes avec des bandes trans- versales de la même couleur, et bordées d(i rougeâlre ; gran- des pennes avec des taches roussâtres ; d>essous du corps de cette teinte traversée par des bandes noire s lunulées ; plumes des pieds rougeâtres ; bec brun ; iris jaune.

Le Hibou des pi>s, Strix virginiana^ L;ith. , pi. 2 de l'Hist. des Ois. de l'Amérique septentrionale , a dix-huit pouces de longueur; le bec d'un brun noirâtre; les plumes de la colle- rette noires et rousses à leur base; celles de la face variées de blanchâtre et de roussâtre , et, à tige; noire ; la cravate blanche: le dessus du corps mélangé de; taches et de point.s noirâtres ; le cou varié de roux el t de bla ne , ainsi que le crou- pion et les couvertures supérie ures de la queue , dont les pennes latérales sont barrées d e noir ; les deux premières des ailes ont le bord extérieur ci "énelé ; le dessous du corps est varié de blanc, de roussâlr* î, avec des raies étroites.

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transversales et noirâtres ; les plumes de la poitrine poin- tillées, et terminées de cette dernière couleur; le dessous des pennes alaires et caudales blanchâtre , avec des bandes trans- versales noirâtres : les plumes des tarses et des doigts d'un blanc roussâtre ; les ongles noirs-

Buffon a fait de ce duc de TAmérique septentrionale une variélé du grand-duc d'Europe, dont il ne diffère, dit-il, que par les aigrettes qui partent du bec, au lieu de partir des oreilles ; mais, comme il existe d'autres dissemblances assez marquantes dans les couleurs et leur distribution, dans les taches et leur forme, ainsi que dans la longueur et la gros- seur du corps, je crois qu'on en doit faire une espèce par- ticulière.

Ce hibou, qui porte à la baie d'Hudson le nom de nato- wokey omisseiv , fréquente ordinairement les forêts de pins. 11 place son nid sur un vieil arbre , le compose de rameaux secs à l'extérieur , de mousse et d'herbes à l'intérieur. Sa ponte est de deux œufs d'un blanc terne.

On assure que cette espèce se trouve aussi dans la Sibérie, depuis Astracam jusqu'au Kamtschastka.Les habitans de ces contrées regardent son cri comme un présage funeste : cette opinion est aussi celle des naturels de l'Amérique du nord.

Le Hibou rayé , SirLv lîneaia , Vieill. , a le bec blanchâtre; la face rousse et variée de points noirs; les aigrettes, la télé et le dessus du corps variés de lignes étroites, transversales, j^iunâlres , noires et d'un blanc terne ; les pennes des ailes brunes; le dessous du corps rayé comme le dessus sur un fond blanc ferrugineux ; le ventre tacheté ; les plumes des pieds d'un blanc roux. On le trouve dans l'Amérique septentrionale.

Le Hibou sans corne. V. Chouette hulotte.

Le Hibou scops ou le Petit-Duc, Sttix scopsy La th., pi. enl. de Buff., n." 436. Longueur, sept pouces trois lignes ; aigrettes courtes ; dessus du corps brun , mêlé de nuances grisâtres et de fauve terne , de noirâtre et de brun ; il y a plus de gris sur les parties inférieures ; côtés extérieurs des ailes marqués de bandes transversales d'un blanc roussâtre ; queue pareille au dos; iris jaune; bec noir; plumes des pieds d'un gris roussâtre mêlé de taches brunes. Peu d'oiseaux offrent une aussi grande variété dans les couleurs que ceux-ci ; ils sont tout gris dans leur premier âge ; il y en a de plus bruns les uns que les autres ; la couleur des yeux paroît suivre celle du plumage ; les gris l'ont d'un jaune très-pâle ; d'autres l'ont couleur de noisette. On donne à cette espèce des habitudes différentes des autres ; elle est , dit-on, voyageuse, se réunit en troupe à l'automne pour passer l'hiver sous un climat plus doux, part quelque temps après les hirondelles, et re-

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vient à peu' près en même temps. Quoique les petils-tTacs préfèrent habiter les montagnes, ils se rassemblent volontiers dans les endroits il y a plus de mulots , et rendent, par la destruction qu'ils en font , de grands services à l'agriculture. Mauduyt prétend que ce duc n'est point voyageur, mais seu- lement erratique ; qu'on le voit le plus souvent réuni par paire , mais assez rarement en troupe ; cependant d'autres observateurs prétendent le contraire. Il fait son nid dans les arbres creux. Sa ponte est de deux à quatre œufs blancs. Cette espèce est répandue dans la plus grande partie de l'ancien continent; mais l'on assure qu'elle ne se trouve point en Angleterre.

Le Hibou des terres magellamques. F. Hibou na-

CURUTU.

Le Hibou zorca. Cetti fait mention , dans son Hist. nai. des ois. de la Sardaigne., d'une espèce de petit-duc qui vit solitaire dans les lieux retirés , et qui ne découvre sa retraite que par ses hurlemens aigres et plaintifs. 11 se distingue, selon 'cet ornithologiste , par les huit ou neuf plumes de ses aigrettes auriculaires , son bec dun jaune verdatre , et ses jambes cou- vertes de duvet jusqu'aux doigts, qui en sont dénués. Sa lon- gueur est de sept pouces. JVL Cuvier ( Rè^ne animal), le rap- porte à notre petit-duc, et je le crois fondé, (v,)

CHOUETTE. V. Choucas, (v.)

CHOUETTE DE MER. On donne ce nom, dans quel- ques cantons , à la lompe ou lumpe , poisson du genre Cy-

CLOPTÈRE. (B.)

CHOUGH. Voyez Chouc. (desm.)

CHOUHAK et TOUCHY. Noms arabes d'une nouvelle espèce de Genêt {Sparlium ihebdirum , Deiisle ), qui croît en Nubie et dans la haute Egypte. Elle est figurée pi. 87. f. 1 , partie botanique de l'ouvrage sur l'Egypte, (ln.)

CHOUKet A'AQOUL. Noms arabes d'une espèce d'A.s- PERGE {^Asparagus nphyl/us, Linn.). Les Arabes appellent en- core ClIOUC {Epine) le ChaRDON de Syrie {Cardmis syriaais , Linn. ) , et Chouk EL-gemel {Epine de chameau ) l'ECHINOPE ÉPINEUX {EcJiinops spinusus, Linn.j. (ln.)

CHOULAN, KOULAN ou KHOULAN. Noms kal- mouclcs et kirguis de l'onagre ou Ane sauvage, (desm.)

CHOULOUMANOUM. Nom caraïbe du Ricin {Ri- ciniis commiinis , Linn. ). (ln.)

CHOUPO, CHOPO. Noms portugais et espagnols du Peuplier ( Populus nigva, Linn.). Les Portugais nomment le tremble , Choupo tremedor. (ln.)

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CHOURLES. Vieux nom français d'une espèce d'omi- ihogalc , que l'on nomme communément dame donzel.eures, parce que ses fleurs s'épanouissent à onze heures du matin ( Onniliogalum album , Linn. ). (ln.)

CtiOVA. Voyez Choba. (desm.)

CMOYANNA-:\lA]NDx\HU. Nommalabare de deux es- pèces de Bai/hiniuj figurées par Rlieede: l'une est le B. varie- gata, Linn. (Rh. mal., t. Sa); et l'autre le B. purpurea^ Liim. (Rh. mal. , t. 33). La piemlère est Vassitra de Zanone (Hist. a6, t. i5). (lim.)

CHOYKA. F. Choina. (ln).

CHRACHOLEK. Les Polonais appellent ainsi le Cor- MORAIS {Pelecanus carho^ Linn,). (des3I.)

CHRiffi.SL Nom arabe de la Salicorne herbacée (5'«- licomia herhacea, Linn.). (ln.)

CHRtSAORE, Chrysaor. Genre de Coquille établi par Denys de Montfort, pour placer une espèce que Knorr a dé- crite elfiguréesous le nom de vis à dix lames, quoiqu'elle n'ait aucun rapport avec les Vis. 1%

Ses caractères sont : coquille libre, univalve, cloisonnée, celliîlée dans toute sa longueur, droite , conique ; ouverture arrondie, horizontale; siphon central; cloisons unies.

Le Ciirisaore uercinien se trouve dans la montagne Sainte-Catherine, près Rouen, et à Hutenrode. Il acquiert de deux à trois pouces de longueur, (b.)

CHRISTBEERE, CHRISTOPHBEERE, CHRIS- TORENBEERE, CHRISTDORN. Autant de noms don- nés en Allemagne au Groseillier épineux (^Ribes grossularia, Linn.). (ln.)

CHRïSTDORN. L'un des noms allemands du Paliure {B.hammis paliunis, Linn.); d'un Groseillier (ii«^«.y ^rossu- knia, Linn.), et de I'Aube-épine {Cratœgiis oxyacantha^ Linn,). Ce nom signifie épine du Chnst. (ln.)

CHRISTE-MARINE. L'un des noms vulgaires de la Salicorne herbacée {Salicomîa herhacea , Linn,). On le donne aussi a I'Inule maritime (/«z/A? man'fima, Linn,), et plus rarement à la Bacille {Chrilmum marilimum). Toutes ces plantes ont les feuilles charnues, (ln.)

CHRISTIANA-RAD IX. C'est ainsi que Dodonée nomme r Astragale chrétien {Astragalus christiamis , Linn.), qu'il regarde comme l'astragale de Dioscoride. (LN.)

CHRISTIANSAVURZ. ^om donné, dans quelques par- ties de l'Allemagne, à I'Orobe tubéreux (Orobus iuberosus , Linn, ). (ln.)

CHRISTIE, Christia. Genre de plantes. C'est le même que le LouRÉE de Necker. (b.)

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CHRISTMASS'PRIDE {Gloire de Noël). Nom angla.'s d'une espèce de Crustolle {Ruellia paniculata., Linn.) qui croît sur les coteaux arides de la Jamaïque : elle y fleurit en décembre et en janvier; et, dans cette saison, ses fleurs rouges font un très-bel effet au milieu des buissons.* Les Anglais nomment encore Christmass rose l'Ellébore noir {Helleborm niger), parce qu'il fleurit vers Noël ; en France, on rappelle aussi quelquefois Fleur de Noël, (ln.)

CHKISTOGA en suédois, ou CHRISTOYE en da- nois. C'est r Aster amelle, nommé autrement œil de christ^ ainsi que plusieurs plantes de la même famille, (ln.)

CHRISTOPHBEERE. V. Christbeere. (ln.)

CHRISTOPHORIANA. Nom donné par Clusius , et jusqu'à Toumefort, à V Actœa spicata ., Linn., dite herbe de Saint-Christophe. Plukenet , Almag. , et Morison , nomment christophoriuna des espèces d\\R\LIE {Aralia spinosa., race- mosa et nudiraidis ., Linn.). Boerhaave appelle de ce nom VAdanis rapensis , Linn. , que Plukenet avoit nommée im-^ veratoria. DojQpiis, plusieurs naturalistes en ont fait un genre particulier, qui a reçu les noms de anamenia et de knowltoma,

(ln.)

CHRISTORENBEERE. V. Christeeere. (ln.)

CHRIST-THORN {Epine du christ.). Nom donne en An- gleterre , ainsi que celui de White-tiiorn , à I'Aube-épine {A/baspina), espèce du genre Alisier de Linnœus. Ce même arbrisseau est encore appelé Haw-tohrn en Angleterre.

(ln.)

CHRISTORN, CHRISTORNE (Epine du christ). Le Houx porte le premier nom en Danemarck, et le second ei» Suède, (ln.)

CHRISTOYE. F. Christoga. (ln.)

CHRIST \YURZ. Lun des noms allemands de I'EllÉ» bore noir {Hellchorus niger , Linn.). (ln.)

(^HRITHMON. Nom donné par les Grecs modernes à la Salicorne herbacée ou Christe-marine {Salicornia her* tacea , Linn.). (ln.)

CHROtvIEL. V. Caille DE Pologne, article Perdrix.

(V.)

CHROMATE. Combmaison de l'acide chromique avec •une base alkaline , terreuse ou métallique. On ne connoît encore, dans l'état naturel, que les chromâtes de fer et de |)lomb. (LUC.)

Chromate de fer. V. Fer chromaté.

Chro3iate de plomb. V. Plomb chromaté. (lug.)

CHROME. Ce nom, qui signifie couleur ., a été imposé par le savant Haiiy auraétalque Vauqu^Un a découvert dans

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le plomb rouge de Sibérie ( F. Plomb Chromaté ) , à cause de la propriété qu'il a de colorer diverses substances miné- rales.

Depuis un travail que ce célèbre chimiste avoit fait avec Macquart, en 1789, sur le plomb rouge que ce dernier avoit rapporté de son voyage à Moscou, il soupçonnoit que ce minéral recéloit une substance métallique particulière.

Enfin, dans le mois de juin 1796, il publia, à^nsle Jour- nal des Mines, n." 34., les détails de la découverte qu'il avoit faite de ce nouveau métal, et des diverses propriétés qui le caractérisent.

Le chrome est un des quatre métaux connus jusqu'ici pour avoir la propriété de passer à l'état d'acide, par leur combinaison avec une surabondance d'oxygène. (Les autres métaux acidifiables sont , l'arsenic , le tungstène , le molyb- dène. )

Dans le plomb rouge , le chrome est à l'état d'acide. Vau- quelin commença d'abord par séparer du plomb rouge cet acide métallique ; il y parvint par divers moyens , et entre autres en faisant dissoudre le plomb rouge dans l'acide mu- riatique affoibli , qui s'empare de l'oxyde de plomb, et Suisse libre l'acide chromique qu'on obtient sous forme concrète par la dessiccation.

Vauquelin parvint ensuite à réduire cet acide métallique en régule ou métal parfait ; il en mit soixante-douze parties dans un creuset de charbon , qu'il enferma dans un creuset de por- celaine , rempli lui-même de poussière de charbon, et qui fut exposé pendant une heure à un feu de forge très-vif, animé par le vent de trois tuyères; et il eut la satisfaction de trouver dans le creuset de charbon une masse métallique d'un ^ris- blanc, brillante, cassante, à la surface de laquelle il y avoit beaucoup de cristaux en barbe de plume de la même couleur, et parfaitement métalliques : cette masse pesoit quarante- trois parties.

Il paroît, par le résultat de cette opération , que l'oxygène n'adhère pas avec une très-grande force à la base métallique, quoiqu'il lui soit combiné dans la proportion d'environ qua- rante pour cent.

Le culot métallique ayant été cassé , offroit dans son inté- rieur des points compactes et formés de grains serrés, et dans d'autres des aiguilles entrelacées en tous sens, et laissant des espaces vides entre elles ; ce qui ne permit pas d'en déter- miner la pesanteur spécifique.

Ce métal ne fond point au chalumeau , même à l'aide du

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borax , qu'il colore seulement en beau vert J'énieraude , et

en même temps il diminue un peu de volume.

Il est très-difricilement attaqué par l'acide nitrique; néan- moins Vauquelin est parvenu, à force d'opérations réitérées, à le dissoudre , et même à le convertir en acide , qui avoit toutes les propriétés de l'acide chromique naturel.

Le chrome à l'état d'acide est d'une belle couleur rouge- orangée ; à l'état d'oxyde il est d'un beau vert, et 11 commu- nique ces couleurs, avec différentes nuances , aux bases avec lesquelles on en fait la combinaison.

Vauquelin a reconnu que c'est l'oxyde de chrome qui donne à l'cmeraude du Pérou sa riche couleur verte ; et que c'est l'acide de ce métal qui fournit au rubis spinelle son éclatante couleur de feu.

Usager (lu Chrome , de son oxyde et de son acide. La fragi- lité du chrome , sa résistance à l'action du feu , et les mani- pulations compliquées et dispendieuses qu il faut employer pour l'obtenir à l'état métallique, ne permettent guère d'es- pérer qu'il puisse être d'une grande utilité dans les arts.

Il n'en'sera pas de même de son acide et de son oxyde ; le premier par sa belle couleur vert d'émeraude, qu'il commu- ril(ra| aux émaux dans toute sa pureté ; le second par sa belle couleur rouge de cinabre, qu'il prend dans sa combinaison avec le mercure ; la couleur rouge-orangée qu'il donne avec le plomb ; la couleur carmélite qu'il communique à l'oxyde d'argent , peuvent les rendre précieux dans les divers genres de peinture.

« Si quelque jour, dîsoit Vauquelin , on trouvoit abondam- ment r acide chromique dans quelque autre combinaison que celle du plomb, on pourroit, en l'extrayant au moyen du carbonate de potasse, faire artificiellement du plomb rouge, et fournir abondammenluneexcellenle couleur rouge orangée à la peinture

« Il y a lieu de présumer, ajoutoit ce célèbre chimiste , que le chrome, soit à l'état d'oxyde , soit à celui d'acide , se trouvera libre , ou engagé dans quelque autre combinaison ; car déjà l'analyse de l'cmeraude du Pérou m'a fait connoître que sa partie colorante lui est fournie par l'oxyde de ce mé- tal, ce qui est un présage fort agréable pour la bonlé et la fixité de celte couleur, puisqu'on sait que l'émeraude peut subir le degré de feu le plus violent sans se décolorer.

« J'ai aussi trouvé que les cristaux verts jaunâtres et velou- tés qui accompagnent souvent le plomb rouge de Sibérie , sont formés de chrome et de plomb, tous deux réunis à l'état d'oxyde. » {Jouriud des Mines ., n." 34-)

La prédiction de Vauquelin sur la découverte future d'une

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substance le chrome se trouveroit abondamment , n'a pas tardé à se réaliser, par la découverte qui fut faite, en 1799, d'une mine de chromate de fer près de Gassin en Provence, par Pontier, minéralogiste instruit, qui envoya des échan- tillons de ce minéral au conseil des mines.

L'on a découvert, à peu près dans le même temps , du chromate de fer en Norwége ; il a pour gangue une serpen- tine ; et j'ai appris par Lelièvre, inspecteur général des mines, que celui du Var se trouve dans une roche stéatiteuse : il paroîlmil , d'après ces faits , que ce minéral se trouve , par préférence , dans les roches magnésiennes.

Par l'analyse que Vauquelin a faite de la belle roche con- nue sous le nom de Vert-de-Corse , il a trouvé que la partie verte ( la diallage ) est colorée par l'oxyde de chrome ; c'est donc à bien juste litre que Tillustre Saussure avoit décoré cette substance du nom de smaragditc ^ puisqu'elle doit sa belle couleur verte au même principe métallique, qui fait tout le prix de Témeraude du Pérou, (pat.)

Chrome ferrugixé. V, Fer chromate.

Chrome oxydé, M. Leschevin, que la science vient de perdre à la suite d'une maladie longue et douloureuse , et auquel les naturalistes doivent l'excellente table des matières des vingt- huit premiers volumes du Journal des 31ines , a décrit sous le nom de chrome oxydé natif, une substance tei- reuse colorée en vert par ce métal, qu'il a découverte, en 1810, dans le département de Saône-et-Loire, elle existe en veines dans une brèche ancienne. Ce savant estimable a été séduit sans doute par l'idée de voir le genre CnR03lE re- présenté dans la méthode minéralogique ; car l'oxyde de chrome ne fait guère que la dixième partie du tout dans les échantillons d'un beau vert-pomme , qui sont ceux qui en contiennent le plus.

Ce mélange est d'une couleur vert-pomme plus ou moins foncée, quelquefois i'un vert-poireau ou d'un vert-jaunàtre. Il est rude au toucher, ordinairement friable et facile à racler avec le couteau. Sa cassure est terreuse , inégale et rabo- teuse , et sa poussière d'un vert-grisâtre pâle.

Soumis à l'action du feu avec le verre de borax , il lui communique une belle couleur vert-émeraude. Il n'est pas, soluble dans l'acide nitrique.

M. Drappiez, de Lille, a trouvé dans une variété de cette substance : silice, 64 ; alumine, 23; oxyde de chrome , 10, 5; et 2,5 de chaux. Il y en a d'autres qui ne contiennent que 2,5 d'oxyde , suivant l'analyse de M. Descotils.

Le chrome oxydé d'un beau vert se trouve en veines minces d'une demi-ligne à lroisli§ncs(ià7 millimètres) d'épaisseur,

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dans une roche granitoïde , à grains fins , véritable brèche composée de fragmens de feldspath d'un rouge pâle et de quarz gris , avec quelques parcelles de mica noir : cette brèche forme le sommet de^ la partie sud de la montagne des Ecou- chets, entre le Creusot et Conches. Il se rencontre encore disséminé dans un quarz laiteux qui traverse la roche sur la pente de Test. Quant aux variétés d'un vert sombre , elles sont en veines presque verticales de ce même côté , la brèche est plus décomposée et à grains plus gros; c'est le gisement le plus abondant de l'oxyde à différens états. Il est très-^rare d'en trouver des masses arrondies de deux à trois pouces de diamètre.

La variété de quarz translucide, colorée en vert , qui a été nommée calcédoine du Creitsot^ doit cette couleur à l'oxyde de chrome, ainsi que le quarz verdâtre, qui forme des veines dans la roche des Ecouchets, et auquel M. Leschevin a donné, par cette raison , le nom de quarz hyalin chromifère. ( V. son Mémoire , auquel nous avons emprunté les détails ci-dessus, Journal des Mines, t. 27,pag. 345. à Syo. ). (luc.)

On trouve du chrome oxydé pulvérulent avec le fer chro- maté de Sibérie.

CHROMIS, Chromis. Genre de poissons établi par Cu- vier, auprès de celui des Labres, et aux dépens de celui des Spares. Il diffère du premier par des dents nombreuses et courtes aux mâchoires et au pharynx ; des nageoires verti- cales filamenteuses; la ligne latérale interrompue.

Le type de ce genre est le Petit Castagneau , Spams rhm~ mis^ Linn. , qu'on pèche par milliers dans la Méditerranée. Il réunit encore le holfi ou labre du Nil ^ le lahre ponctué, le labre filamenteux , le spare des rochers, le spare de Surinam, le chœtodon de Surate, Bloch. V. Plesiops. (b.)

CHRONAS. Nom grec de la Truie. Voyez Cochon.

CHROSCIEL. Nom polonais du Râle de terre, Rallus crcx , L. (desm.)

CHROSCINA, Nom vulgaire donné en Pologne aux Roses sauvages, Rosa canina, amensis. (lN.)

CHRPA, CHRPOWY, KWET. Noms donnés en Bo- hème au Bluet, Centaurea cyanus, L. Les Polonais l'ap- pellent Chabrek. (lis.)

CHRYLLOS. L'un des noms grecs du Cochon, (desm.)

CHRYPHIOSPERME, Quyphiosperwum. Plante an- nuelle de la côte occidentale d'Afrique , que Palisot-Beau- vois (Flore d'Oware et de Bénin) , regarda comme devant seule constituer un genre dans la syngénésie égale, et dans la famille des chicoracées.

Les caractères de ce genre sont, suivant lui : un calice à

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trois folioles; des demi-fleurons en capuchon ; des semences surmontées d'une aigrette membraneuse ; un réceptacle garni de paillettes caduques.

Cette plante passe pour vulnéraire, (b.)

CHKYS.^OS des Grecs. C'est le Chacal. V. Chie!«.

CHRYS^TOS. Le Grand Aigle, en grec, (s.)

CHRYSALIDE. Second étal par la rhenUle doit passer, pour parvenir à son état parfait , et paroîlre sous la forme de papillon.

Nous avons vu dans l'article Guenille , comment ces in- sectes semblent pressentir de loin le changement qu'ils doi- vent subir, et quelles sont les précautions , quels sent les pro- cédés admirables qu'ils savent employer pour se mettre à l'abri de tout danger, et parvenir à leur nouvel état sans obs- tacle et avec le plus de facilité. Le derrière et les deux der- nières pattes sont les premières parties que la chrysalide dégage du fourreau de chenille. La manœuvre qu'elle a em- ployée pour se retirer des deux ou trois derniers anneaux , est celle dont elle se sert pour se dégager des deux ou trois anneaux suivans; elle les gonfle et les allonge en même temps, et ensuite elle s'en relire. Quand elle est parvenue à ne plus occuper que la moitié du fourreau, elle doit le distendre con- sidérablement ; pour le distendre encore davantage , elle se gonfle plus qu'ailleurs vers les premiers anneaux , et l'enve- loppe se fend en dessus , vers le troisième anneau. La direc- tion de la fente est la même que celle de la longueur du corps. Elle n'est pas plutôt ouverte que la portion du corps qui y répond s'élève au-dessus de ses bords ; là, elle cesse d'être comprimée. Ensuite la chrysalide renfle encore davan- tage cette même partie et les parties voisines; aussi, dans un clin d'œil , la fente s'agrandit , et quand elle l'est jusqu'à un certain point , l'insecte retire sa partie antérieure du côté de celte ouverture , par il la fait sortir ; il retire de même sa queue , et il se trouve enfin hors de ce fourreau , dont il a eu tant de peine à se défaire.

Quelques chrysalides , après avoir assez agrandi la fente , et après en avoir fait sortir la tête , se recourbent pour faire sortir leur queue par cette même ouverture ; au lieu que d'autres , après avoir dégagé leur tête et la partie antérieure de leur corps, poussent successivement la dépouille d'où elles veulent achever de se tirer, vers leur derrière , au bout duquel elle se trouve bientôt réduite en un petit paquet plissé, et comme chiffonné.

L'intervalle est bien court entre le moment la chrysa- lide a commencé à dégager sa queue du fourreau de chenille, et celui elle fait sorlir sa tête et tout son corps de ce four-

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leau; il est au plus d'une minute. On peut prendre hardi- nient Tinsecte entre ses doigts , quand l'opération est com- mencée ; on ne l'arrêtera pas , on n'y apportera même aucuu retardement. Pour peu que la fente de dessus le dos soit grande , la chrysalide achève de se dépouiller au milieu même de l'esprit-de-vin , qui pourtant la fait périr bientôt après.

Les manœuvres que nous venons de voir employer sont celles de toutes les chenilles , des sphinx et des phalènes , qu-i ont leurs chrysalides coniques , cachées , et à couvert dans une coque plus ou moins forte. Les chrysalides des papillons , ohlongues, anguleuses et comme armées de plusieurs pointes, sont à nu , attachées ordinairement par leur partie posté- rieure , et quelquefois encore par le milieu de leur corps , à une branche ou à quelque endroit saillant d'un mur , qui les met à l'abri de la pluie. Toute la famille des papillons qui ne se servent que de quatre pattes pour marcher , donne des chrysalides qui ne sont attachées que par la queue. Nous avons vu comment la chenille tient aux fils qu'elle a tendus , par ses patles postérieures ; lorsque la peau se fend, que la chrysalide en sort , il faut que sa queue aille , au sortir de l'étui qu'elle quitte, s'implanter dans ces mêmes fils : c'est ce que fait la chenille ou du moins la chrysalide. Elle se lient accrochée à la peau quelle quille , en la pinçant; et pendant ce temps , elle fait une espèce de saut , par lequel la queue doit quitter sa peau et être poussée contre les fils elle s'ac- croche , le tout au risque de tomber par terre , si elle man- quoit son coup , ce qui n'arrive cependant que bien rarement. Ainsi suspendue , elle abandonne sa peau ou sa dépouille , que l'on trouve souvent en ui^etil paquet chiffonné, encore attaché auprès d'elle.

D'autres chrysalides, d'où naissent les papillons de jour à six pattes, et ceux qu'on appelle ptérophoros ou porte- plumes, ont une manœuvre un peu différente. Elles sont, à la vérité, attachées par la queue, ainsi que les premières; mais , au lieu d'être suspendues perpendiculairement la tête en bas, elles sont posées horizontalenient, et comme atta- chées contre le plan du loil ou de la branche elles sont fixées, par le moyen d'un anneau ou d'une anse de fil, qui passe par-dessous le corps à l'endroit du corselet. Lorsqu'elles sortent de la peau de la chenille, elles se trouvent soutenues par le même anneau, ce qui les aide à exécuter avec plus de facilité l'espèce de mouvement par lequel elles tirent la queue de la peau qu'elles quittent , et vont l'accrocher dans les fils qui sont placés à cet endroit. Elles sont posées plus horizontalement ou plus obliquement, selon que l'anneau de fil, qui les tient suspendues, est plus court ou plus lâche.

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Il y à une remarque essentielle par rapport à ces chry- salides : toutes sont angulaires et ont le devant de leur tête qui se termine en une seule pointe ou corne , en quoi elles diffèrent de celles des papillons de la première fa- mille, dont la tele est garnie de deux pointes; il faut ex- cepter de cette règle générale, les chrysalides des chenilles cloportes, qui ne sont point angulaires pointues, mais coni- ques et ovales et comme celles des phalènes, quoiqu'elles soient nues et suspendues transversalement.

La chrysalide est d'abord molle et gluanle. On peut, avec la pointe d'une épingle, séparer et développer toutes les parties de l'insecte parfait, mais encore foihles, sans consistance et sans mouvement. Quelques heures plus tard, on ne peut plus faire la même opération. Cette malière visqueuse, qui enduit la chrysalide, se sèche, unit toutes les parties, et lui forme une espèce de peau qui devient dure ett coriace. C'est sous cette enveloppe ou peau étrangère, que les membres de l'insecte parfait se trouvent à l'abri , se fortifient et acquièrent la solidité nécessaire. Des insectes de genres très-différens ne diffèrent pas plus entre eux, à nos yeux, que ne diffère le même insecte sous ses trois formes différentes. Cependant, cet insecte, qui ctoit chenille, paroît, après quelques instans, chrysalide. Il ne faut de même que quelques instans pour qu'il soit pa- pillon. De si grands changemer.s , opérés si subitement , ont été regardés comme des métamorphoses semblables à celles que la fable raconte. De grands anatomistes ont vu, et très-bien prouvé, que le pa()illon croît, se fortiiie , que ses parties se développent sous la figure de cet insecte que nous nommons une chenille, et que l'accroissement du papillon se fait par un développement, comme se font ceux de tous les corps organisés qui nous sont connus. Ils ont fait dispa- roître tout le faux merveilleux dont les noms de métamor- phose et de transformation donnoient des idées confuses ; mais en même temps ib nous ont laissé bien du merveilleux réel à admirer. En nous servant encore de ces termes, il n'y aura plus à craindre qu'ils donnent de fausses idées, après que nous aurons observe à quoi précisément se réduisent ici les changemensde formes. La seconde métamorphose n'a plus rien de miraculeux, dès qu'on veut bien considérer la pre- mière avec quelque attention : on reconnoît que la chry- salide est bien un véritable papillon , mais qui est en quelque sorte emmailloté. On lui trouve généralement toutes les par- lies du papillon, les ailes, les pattes, les antennes, la trompe, etc. Mais ces parties sont posées, pliées et empa- quetées de façon qu il n'est pas permis à la chrysalide d en.

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faire usage; ne cnnvcnoit pas qu'il lui fi\l permis de s'en servir , (Utns un temps elles sont encore trop tendres et trop molles. *

Pour trouver les principales parties du papillon sous la forme de chenille, il n'est pas même besoin d'attendre que le monient de la transformation soit bien proche. Si on fait périr la chenille dans l'esprit-de-vin , dans le vinaigre, ou dans quebiue autre liqueur forte , un jour ou deux avant celui la transformation devoit se faire, et si on la laisse dans la liqueur pendant quelques jours , afin que ses chairs s'y affermissent, on parvient, avec un peu d'adresse et d'at- tention, à enlever le fourreau de chenille, à mettre le pa- pillon à découvert, et on peut reconnoitre toutes ses parties. Ce dépouillement artificiel fait voir que tant que les parties <lu papillon sont contenues sous la peau de chenille, elles sont plus repliées , plus resserrées et autrement arrangées que sur la chrysalide. On a pu découvrir dans celle-ci et même dans la chenille, avant sa métamorphose, les œufs du papillon.

Toutes les parties extérieures du papillon sous la forme de chrysalide, otit obtenu leur véritable grandeur, et l'on peut se convaincre que les ailes de celle-ci, quelque peu de place qu'elles occupent, ont toute Tétendue de celles qui soutien- nent le papillon dans l'air. Il seroit sans doute très-curieux de connoître toutes les communications inlimes qui sont entre la chenille, et le papillon, de savoir précisément en «pioi elles consistent et conjment elles se font; mais elles <iépendent de parties si fines et si molles, qu'il ne nous est presque pas permis d'espérer d'avoir sur cela tout ce qu'il est naturel de souhaiter. Contentons-nous de reconnoitre quelles sont les principales parties propres à la chenille , et celles qui n'appartiennent aucunement au papillon. TSous voyons qu'il y en a dont il se dégage , et qu il rejette pour pa- roître en chrysalide. On trouve seize pâlies à quantité de chenilles, et on n'en trouve que six à tout papillon. On seroit porté à croire que ces dix pattes membraneuses, dont on retrouve tout l'extérieur, jusqu'aux ongles, sur le fourreau de la chenille, sont rejetées en entier; mais ces pattes ou parties charnues, retirées vers le corps du papillon, ou plutôt vers la membrane qui l'enveloppe et qui la con- tient dans la forme de chrysalide , se raccourcissent d'ins- tant en instant, deviennent de moins en moins sensibles, et elles le sont si peu au bout de quelques jours, qu'il faut de l'attention pour reconnoitre leurs places; elles se dessèchent totalement; elles sont attachées à une mem- Lrane peu propre^ à l;*ur fournir de la nourriture , puisqu'elle se d;;^sèchc cUe-inême jouracUcuicnt. Les positions des sis

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pattes du papillon donnent lieu de croire qu'elles étoient logées dans les six pattes ccailleuses de la chenille, et Ton ne se trompe pas. La tête de la chenille, comparée avec celle de la chrysalide, ou, ce qui est la même chose, avec celle du papillon, nous fait voir encore plusieurs portions extérieures qui étoient essentielles à la première forme de l'insecte , et que ses dernières formes demandent qu'il rejetle. Les dents ou les espèces de mâchoires et les muscles qui les faisoient agir, restent attachés à la dépouille que la chrysa- lide vient de quitter. 11 n'y a jai papillon ni chrysalide qui fde. Cette filière, qui est une espèce de petit bec qui part de la lèvre inférieure, est devenue un instrument inutile , et elle est aussi une des parties dont la chrysalide se dé- pouille; elle se défait en même temps de la lèvre inférieiuT, à laquelle elle tenoit : cette lèvre, la supérieure, et géné- ralement toutes les parties qui formoient la bouche de la chenille , sont rejetées avec la dépouille ; elles ne doivent plus servir aux usages auxquels elles étoient employées.

Tout l'extérieur de la chrysalide se dessèche et s'affermit peu à peu,- en moins de vingt-quatre heures, elle devient dans un état on peut la manier hardiment sans risque de i'offenseï". Sous cette forme, qui lui a fait donner le nom de fèi'e par ceux qui élèvent des vers-à-soie , Tinsecte ne paroît avoir ni pattes ni ailes; il ne peut ni marcher ni se traîner ; il semble à peine avoir vie , ou n'être qu'une masse mal or- ganisée : il ne prend aucune nourriture , et n'a point d'or- ganes pour en prendre. Sa partie postérieure est la seule qui paroisse animée ; elle peut se donner quelques mouve- mens, quelques inflexions sur les jointures des anneaux qui la composent. Leur peau ou leur enveloppe extérieure semble cartilagineuse : elle est communément rase et même lisse. On voit pourtant quelques espèces de chrysalides qui ont des poils semés sur leur corps; il y en a même d'aussi velues que des chenilles ; il y en d'autres dont la peau paroît chagrinée. Il n'y a pas, parmi les chrysalides, des variétés aussi consi- dérables, ni en aussi grand nombre qu'entre les chenilles d'où elles viennent, et qu'entre les papillons qui en doivent sortir. ISÎous allons désigner celles qui ont été remarquées : on distingue à toutes deux côtés opposés; 1 un est celui du dos de l'insecte , l'autre est celui du ventre : sur la partie antérieure de ce dernier, on aperçoit divers petits reliefs (îisposés en forme de bandelettes, et l'on prend pour la tête de la chrysa- lide l'endroit d'où ces espèces de bandelettes semblent tirer leur origine. Le côté du dos est uni et arrondi dans le plus grand nombre des chrysalides; mais quantité d'autres ont gur la partie aulciieurc de ce même côté, el même tout le

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long lies bords qui séparent les deux côte's ou les deux faces, de pelitcs bosses, des éminences plus larges qu'épaisses, qui finissent par des pointes aigiies , et qui ont fait nommer ces chrysalides, angulaires. On aformé de celles-ci et de celles qui Sontarrondies, deux classesgénérales, dontladivision s'accom- mode assez à la division générale des papillons : les angulai- res donnent toutes des papillons diurnes, et il n'y a que peu d'arrondies qui ne donnent pas des papillons nocturnes. La tête de celles de la première classe se termine, quelquefois par deux parties angulaires, qui s'écartent Tune de l'autre, et lui forment deux espèces de cornes; ces deux parlies sont courbées en croissant, et sont tournées en dedans ; d'autres n'ont, au bout de la tête , qu'ime seule partie pointue. Ces espèces de cornes levir font à toutes une coiffure sin- gulière, lorsqu'on les_ regarde du coté du ventre ; du côté du dos, on est encore plus frappé de la figure qu'on aperçoit sur quelques-unes : on y croit voir une face humaine , ou celle de certains masques de satyres. Une éminence qui est au piilieu du dos, a autant la forme d'un nez qu'un sculpteur pourroit la donner si en petit; diverses autres petites émi- nences et divers creux sont disposés de façon que Timagina- lion a peu à faire pour trouver un visage bien complet. Il y a d'ailleurs beaucoup d'autres variétés dans le nombre, la forme, la grandeur, et dans l'arrangement des éminences qui sont sur le reste du corps des différentes espèces de chrysalides : quelques-unes en ont un rang d'assez petites , le long de chacun de leurs côtés; elles ne semblent que des épines qui parlent de chaque anneau; d'autres ont un rang de pareilles épines, qui commence à peu près finit l'es- pèce de face humaine, et qui va jusqu'au derrière; il en part de la partie supérieure de chaque anneau. Les chry- salides qui en sont ainsi chargées, semblent épineuses : d'au- tres ont moins de ces espèces d'épines; mais elles ont, de chaque côté, une ou deux plus grandes éminences angulaires, qui ressemblent un peu aux ailerons des poissons.

Les couleurs des chrysalides, au moins les couleurs de quelques-unes de celles de la première classe , ou des an- gulaires , sont plus propres que leurs figures à leur attirer nos regards : il y en a de bien superbement vêtues; elles parois- sent tout or. (>et or, plus pâle, plus verdâtre , plus jaune dans différentes espèces, a toujours le brillant et l'éclat de l'or bruni. L'or se trouve employé avec plua d'économie sur d'autres chrysalides ; elles n'ont que quelques taches dorées sur le dos ou sur le ventre : on trouve de rnéme sur quelques autres des taches d'argent. Celles qui n'ont ni or pi argent , n'ont pas des couleurs capables de les faire remar-

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quer. Parmi les angulaires, il v en a pourtant qui restent toujours (Vun assez beau vert ; d'autres sont jaunes ou jau- nâtres ; d'autres, sur un fond de jaune verdàtre, sont mar- «juées de taches noires et alignées avec ordre. Mais la couleur du plus grand nombre des clirvsalides est brune ; elles font voir diilérentcs nuances de brun qui tirent assez commune'- ment sur le marron; il y a de ces nuances de brun plus claires ou plus foncées; il y en a même d'absolument noires et d'un très-beau noir, luisant et poli comme le vernis noir de la Chine. 11 y a pourtant entre les chrysalides arrondies, des mélanges de couleurs, comme des taches noires sur un fond jaunâtre; au reste, avant que d'arriver à une couleur per- manente, elles en ont toutes eu de passagères, et la chry- salide qui vient déclore est autrement colorée qu'elle le sera deux ou trois jours après sa naissance. Mais la cou- leur qu'elle a prise au bout de deux ou trois jours, elle la conserve tant qu'elle est chrysalide; si par la suite on voit sa couleur noircir en quelques endroits, c'est qu'elle est morte, ou prêle à périr. En général, les couleurs des chrysalides n'offrent rien de bien remarquable que leur dorure.

On sait que c'est à la belle couleur d'or de certaines chry- salides, que toutes ont leur nom. il avoit été réservé à rilluslre Piéauniur de nous découvrir l'art secret que la na- ture emploie pour opérer à peu de frais cette brillante déco- ration ; il a prouvé qu il n'entre pas la plus petite parcelle d'or dans cette dorure , et qu'elle est due uniquement à une pratique analogue à celles dont nos ouvriers font usage dans la fabrique des cuirs dorés. Une membrane mince , transpa- rente et légèrement colorée, appliquée immédlalemenl sur une substance d'un blanc brillant, suffit, dans les mains de la nature, pour produire une dorure fort supérieure à celle de nos beaux cuirs dorés. La chrysalide qui vient de sortir de sa dépouille, n'est nullement dorée , quelque parfaitement qu'elle doive l'être par la suite ; à mesure que la peau se des- sèche et s'affermit, on lui voit prendre des nuances qui tirent sur le jaune , et qui ont quelque brillant. Peu à peu ces nuances montent et deviennent de plus en plus éclatantes ; eiifiu , en moins de vingt-quatre heures, et quelquefois au bout de dix ou douze , la ''chrysalide paroit toute couverte du plus bel or. On entrevoit assez que diverses circons- tances peuvent contribuer à rendre cette couleur d'or plus ou moins belle sur différentes espèces , plus ou moins ap- parente sur certains endroits de la peau , et empêcher quel- quefois qu'elle ne paroisse nulle part ; le plus ou moins d'é- paisseur de la peau extérieure, et les variétés qu'il peut y

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avoir dans les nuances de sa couleur, produiront ces diiïe- rens effets : l'état de l'air, qui fait que la peau de la chrysa- lide se dessèche plus ou moins vile, peut encore contribuer à les rendre plus ou moins dorées. Quelques expériences ont paru prouver que celles qui se dessèciient trop promptement, ne prennent pas une belle couleur d'or ; mais on peut revenir encore à dire que la couleur de quehjues chrysalides est si belle, si éclatante, si haute, qu'il n'y a pas d'or poli plus beau ; leur couleur surpasse extrêmement toutes celles de nos dorures faites sans or, comme sont celles de nos cuirs dorés. L'observateur qui, le premier, nous a dévoilé ce petit mvstère, n'avoit pas suivi la chrysalide jusqu'au moment le papillon se dégage de ses enveloppes. 11 n'avoit donc pu s'assurer du temps la dorure de la chrysalide commence à disparoître ; il^a pensé que ce n'étoit qu'au moment de la sortie du papillon ; mais de nouvelles observations exactes ont prouvé, que les couleurs dorées des chrysalides com- mencent à s'altérer quelque temps avant la transformation en papillon , et que cette altération est même un des signes les plus certains d'une transformation prochaine.

INous avons vu à quoi se réduit la métamorphose qu'on peut appeler extérieure. 11 s'en doit faire une intérieure qui , sans doute , n'est pas moins considérable : des parties qui étoient propres à la chenille , et qui ne peuvent plus servir à leurs anciennes fonctions, doivent périr ou changer de con- formation; d'autres, propres au papillon, doivent se déve- lopper, croître, 6e fortifier. Mais la métamorphose intérieure, celle des parties contenues dans la grande capacité du corps, ne se fait pas subitement comme la première ; le temps que l'insecte passe sous la forme de chrysalide , est employé à la rendre complète. Les vaisseaux à soie, par exemple, qui sont considérables dans plusieurs chenilles , se voient encore dans la chrysalide née depuis peu; on les retrouve plus ou moins de jours après, selon que le papillon doit rester plus ou moins long-temps sous cette forme. Enfin ils s'effacent , ils disparoissent entièrement, comme il arrive dans les ani- maux , aux autres vaisseaux qui cessent de recevoir le li- quide qui avoit coutume de les remplir et d'entretenir leur cavité. Dès qu'on a une fois conçu que toutes les parties extérieures de même genre sont renfermées les unes dansles autres, ou posées les unes sous les autres , la production des nouveaux organes n'a plus rien d'embarrassant, et il ne doit y avoir aucune différence essentielle entre les mues qui pré- cèdent la transformation; il ne s agit dans tout cela que d'un simple développement ; mais il n'en est pas absolument de môme des changemens qui se font dans les viscères, avant.

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pendant et après la indtamorpliose. Ici , la lumière s'éteint entièrement, et nous sommes réduits à talonner.

11 ne paroît pas que rinsecte change de viscères confime il change de peau Ceux qui exisloient dans la chenille, existent encore dans la chrysalide , mais modifiés ; et ce soni la nature de ces modifications et la manière dont elles s'opèrent que nous voudrions pénétrer, et qui nous échappent. Nous sa- vons que peu de temps avant la mélamoiphose, la chenille rejette la membrane qui tapisse intérieurement le sac intes- tinal. Ce viscère, qui n'a encore digé; é que des nourritures assez grossières, doit désormais en digérer de très-délicates. Le sang qui circuloit dans la chenille du derrière vers la tête, circule en sens contraire après la transformation. Si ce ren- versement est aussi réel que les observations paroissent l'indi- quer, quelle idée ne donne -t-il pas des changemens que subit l'intérieur de l'animal ? Ceux qu'éprouve la circu- lation du sang dans l'enfant nouveau-né, ne sont rien en comparaison. Si Ton met les trachées au rang des viscères, le changement est alors bien réel. Nous avons remarqué que pendant la mue Ion voit des paquets de ces vaisseaux qui suivent la dépouille et sont rejetés avec elle. De nouvelles tra- chées sont donc substituées aux anciennes : mais comment se fait cette substitution.'' comment des poumons sont-ils rem- placés par d'autres poumons ? Plus on cherche à approfondir cette matière et plus l'obscurité s'accroît. Mais, quel est le sujet de physique nous n'éprouvions pas de pareilles diffi- cultés, lorsque nous voulons en atteindre le fond ? Il semble que notre condition actuelle soit de ne voir que la première surface des choses.

Pendant que la nature travaille à changer les viscères et à leur donner une nouvelle vie , elle s'occupe en même temps du développement de divers organes qui éloient inutiles à l'insecte, tandis qu'il vivoit sous la forme de chenille, et que le nouvel état auquel il est appelé lui rend nécessaires. Pour mieux assurer le succès de ses différentes opérations , elle fait tomber l'insecte dans un profond sommeil , pendant lequel elle opère à loisir, et par degrés insensibles. J.e corps grais- seux , substance délicate et préparée de loin , paroît être le principal fond de la nourriture qu'elle distribue à toutes les parties, pour les conduire à la perfection. L'évaporation qui se fait des humeurs aqueuses ou superdues , donne lieu aux élémens des fibres de se rapprocher et de s'unir plus étroi- tement. De naît une augmentation de consistance dans tous les organes. Les petites plaies , que la rupture de plusieurs vaisseaux a occasionées en divers endroits de l'intérieur, se consolident insensiblement. Les parties qui ont été mises dans

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un élat violent, ou ilonl les formes et les proportions ont éié modifiées jusqu'à un certain point, se plient par degrés à ces changemens. Les liqueurs , obligées d'enfiler de nouvelles routes, prennent peu à peu cette direction. Enfin, les vais- seaux qui étoient propres à la chenille, et dont quelques-uns occupolenl une place considérable dans son intérieur , sont effacés ou convertis en un sédiment liquide , que le papillon rejette après avoir déposé le fourreau de chrysalide.

Nos insectes doivent rester plus ou moins long-temps sous la forme de chrysalide. En général, les papillons de jour, dont la chrysalide est nue , y restent moins de temps. Presque tous deviennent insectes parfaits au bout de quinze ou vingt jours, du moins pendant l'été. 11 n'y a que ceux qui se sont trans- formés à la fin de l'autonme , qui ne subissent leur dernier changement qu'au printemps. Au contraire , les sphinx , les phalènes et les autres p.iplllons de nuit, dont la chrysalide est enfermée dans une coque, restent beaucoup plus long-temps dans cet élat. La plupart ne deviennent Insectes parfaits, que l'année suivante. 11 y en a même qui n'éclosent qu'au bout de deux, de trois ans, et même davantage : plus la coque est clure , forte , serrée , plus ils doivent y rester. Mais la chaleur ou le froid contribuent beaucoup à accélérer ou retarder leur sortie. On peut aussi, par une chaleur ou un froid artificiels, changer à cet égard l'ordre de la nature ; il paroit prouvé par des expériences , que les organes de la respiration qui étoient nécessaires à la chenille , le sont encore au papillon dans les premiers temps qu'il paroit sous la forme de chrysalide, mais qu'une partie de ces organes se bouche dans la suite ; que lors- que le papillon s'est foriifié jusqu'à un certain point, il n'y a pins d'ouvertures pour lui fournir de l'air, qu'à la partie an- térieure de la chrysalide. On peut penser que les stigmates doivent se fermer plus ou moins tard, selon que les chrysa- lides ont à rester plus ou moins long-temps dans cet élat. Tout dépend de la transpiration qu'elles ont à éprouver. H suffit de la retarder ou de la hâter , pour éteindre ou abréger la durée de leur vie ; il en est à peu près d'un œuf de poule , comme dune chrysalide ; il doit aussi transpirer , et trans- pirer beaucoup ; si on l'enduit de vernis, ou simplement de graisse , on le conservera frais des mois entiers. 11 est assez constaté que moins les animaux transpirent, moins ils ont besoin de manger, et plus ils vivent long-temps.

11 est donc bien certain que la chrysalide n'est autre chose qu'un papillon , dont les parties sont cachées sous certaines enveloppes , qui les collent toutes ensemble ; qu'elle n'est précisément , comme on a dit , qu'un papillon emmailloté. Dès que ce papillon aura acquis la force de briser ses enve-

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loppes ; dès que seS ailes el ses patJes seront devenues capa- bles de faire leurs fonctions , et que ses besoins exigeront (}u il se débarrasse des fourreaux qui ne lui seront plus qu'incommodes, il cherchera à s'en défaire ; toutes les par- ties extérieures, devenues libres, s'étendront ou se plieront, se placeront ou s'arrangeront comme le demandent les usages auxquels elles sont destinées. C'est à quoi se réduit la se- conde métamorphose , celle de chrysalide en papillon; et c'est aussi à l'article Papillon que nous devons renvoyer, pour développer les détails qui la concernent, (o.)

Je présenterai, à l'article Métamokphoses des insectes quelques nouvelles considérations sur le même sujet, (l.)

CHPiYSALITE. Nom donné par Mercati à une espèce de Corne d'Ammon, dont la surface ridée ressemble à celle dune Chrysalide, (ln.)

CHRYSAMMONITES. Nom donné autrefois aux Cor- nes d'Ammon pyritisées. (ln.)

CHRYSANTELLE , Chrysantelluvi. Genre établi pour placer la Verbesine mutique, qui s'écarte des autres par ses caractères.

Ceux de ce nouveau genre sont : un calice cylindrique, lé- gèrement écalUeux à sa base ; les demi - fleurons de la cir- conférence courts, linéaires, à deux dents; les fleurons peu nombreux, la plupart stériles; le réceptacle garni de pail- lettes; les semences nues, presque cylindriques, cannelées, entières en leurs bords, (b.)

CHRYSANTHÈME, ChrysaniMmum. Genre de plantes de la sy.igénésie polygamie superflue, et de la famille des corymbifcres, dont les caractères sont d'avoir: un calice hé- mlsphériqae, imbriqué, à écailles coriaces, scarieuses sur les bords, renfermant dans son centre, sur un réceptacle nu, des fleurons hermaphrodites, et sur ses bords des demi- fleurons ovales, oblongs, ouverts, presque toujours tronqués à leur sommet, femefles fertiles ; les semences sont oblongues, sans aigrettes ni rebords.

Ce genre , dans Linnseus , contenoit un grand noml^re d'espèces , dont les unes avoient la fleur blanche , et d'autres la fleur jaune. Plusieurs botanistes, entre autres Lamarck , les ont réunies aux Matkicaires ; mais Gfcrtner, Jussieu , etc. , croyent qu'on peut conserver le nom de cluysanihème pour quelques espèces. Ainsi le caractère , tel qu'il vient d'être développé , ne convient plus à toutes les plantes de Linnaeus. Mais comme on est encore dans l'usage d'appeler ces dernières chrysanthèmes, on mentionnera ici quelques unA d'entre elles. Desfonlaines a rétabli pour plusieurs le genre Balsamite de Touraefort.

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La Chrysanthème frutescente a la tige frutescente v les feuilles charnues , plnnées , trifides à leur extrémité , les divisions linéaires peu nombreuses et dentées. Elle se trouve aux Canaries, et se cultive dans les jardins sons le nom de pyrèihre des Canaries. Sa fleur est jaune au centre , et blanche à la circonférence. Elle fleurit tout Thiver et orne beaucoup les orangeries dans cette saison.

La Chrysanthème pinnatifide a la tige frutescente , les feuilles pinnées et leurs folioles dentées. Elle est originaire du même pays que la précédente , et se cultive également dans nos orangeries.

Ces deux plantes se multiplient très-facilement de bou- tures qui se font, au printemps, dans des pots qu'on plonge dans une couche à châssis. On doit , par une taille ména- gée , leur conserver une forme globuleuse.

La Chrysanthème des près, Chrysanthcmum leiicanthc-^ mumi, Limi., a les feuilles oblongues , semi-amplexicaules , les radicales spatulées et dentées. Elle se trouve très-abon- damment dans les prairies , le long des chemins , etc. EU^ est vivace ; sa fleur est grande , jaune au centre , et blanche à la circonférence. Elle est connue vulgairement sous le nom de grande marguerile. Elle passe pour vulnéraire , diu- rétique , et bonne contre la difficulté de respirer, mais on en fait peu d'usage. Qui n'a pas dans son enfance , joue avec sa fleur? Qui, dans son âge mûr, n'a admiré le bel effet qu'elle produit dans les prairies ?

La Chrysanthème a, corymbe a les feuilles pinnées, les découpures fendues, dentelées, et les fleurs en corymbe. Elle se trouve dans les parties méridionales de l'Europe, La fleur est jaune dans son disque, et ses rayons sont blancs.

La Chrysanthème des Indes a les feuilles ovales , si- nuées, lobées, dentelées, et les écailles du calice arrondies. Elle est vivacé et vient de la Chine. Son disque est jaune et ses rayons sont pourpres. On la cultive dans l'Inde et à la Chine, avec un soin particulier. C'est un des ornemens des parterres, et même des tables de ces contrées dans les jours de fête. On la cultive également depuis quelque teiiips dans nos jardins, où, par le semis de ses graines sur couche à châssis , elle a doublé et donné des variétés nombreuses , dont les jaunes sont en ce moment les plus recherchées. Elle multiplie très-aisément par drageons, marcottes et même par boutures ; mais la gelée arrive au moment on jouit de tout le luxe de sa beauté , c'est pourquoi il est bon de la tenir en pot pour pouvoir la rentrer aux premiers froids. Elle se conserve eu fleur, dans une chambre, peudant une partie de l'hiver.

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Cette plante a une odeur agréable, analogue à celle de la camomille, et une saveur amèro. L infusion de ses (leurs passe pour calmante et résolutive. On l'emploie principalement dans l'ophtlialmie.

La Chrysanthème des blés, Oirysanthemitm segetum, Linn., a les feuilles amplexicaules, oblongues, dentelées ^ les inférieures presque en spathule, fendues a leur extrémité. Elle est annuelle, et se trouve communément dans les champs argileux et Teau séjourne pendant 1 hiver. Elle doit, d'après Gœrtner, faire partie du genre Pvrèture. Ses fleurs sont jaunes.

La ChRVsaîsTHÈME SPATULÉE, Chrysanthêmum myroni , a les feuilles amplexicaules, spalulées, dentées, et les écailles du calice presque égales. Elle ressemble beaucoup à la pré- cédente , est annuelle comme elle, et se trouve dans les par- lies méridionales de l'Europe.

La ChrysatsthÈme des parterres , Chrysanthêmum roro- narhim ^ a les feuilles amplexicaules, pinnées, profondément fendues, plus larges du côté extérieur. Elle est annuelle et; vient des parties méridionales de 1 Europe. On la cultive beaucoup dans les jardins à raison de la beauté de ses Heurs d'un jaune vif. Elle s'élève à la hauteur de deux pieds , et jette beaucoup de branches. On ne la multiplie que de graines que l'on sème au printemps, sur du terreau, dans un endroit abrité, et on transplante dans les parterres les jeunes pieds, lorsqu'ils ont cinq à six pouces de hauteur. C'est cette plante, qui, comme on l'a dit plus haut, fait le type du genre actuel des Chrysanthèmes, (b.)

CHRYSANTHÉMOÏDES (qui ressemble au chrysan- thème). Nom donné par Tourneforl, Dillen et Isnard i\ { Os- téospemie à collier {^osieospervmm moniliferum^ , et , par Corn— melin, aune autre espèce du même genre (O spinesreiis, W.'). Ces deux plantes croissent au Cap de Bonne - Espérance.

F. MONILIFERA et OSTÉOSPERME. (LlNf.)

CHRYSANTHEMON et CHRYSANTHEMU3I ,

fleur d'or, en grec). Le Souci des jardins est ainsi nommé, suivant Lobel , par Dioscoride, tandis que , selon le même auteur, cette plante est le Caltha des poètes latins ; mais d'autres botanistes pensent que le Chrysanthème des mois- sons {rhrysanth. segelum , L.), ou une des espèces voisines, est la plante de Dioscoride.

Tournefort a fixé ce nom à un genre de la famille des co- rymbifères, auquel Linnaeus l'a conservé. Peu de noms ont été donnés à autant de plantes différentes (presque toujours de la même famille ), que celui-ci, On l'appliquoit spéciale"

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ment à des espèces à Heurs jaunes. On trouve maintenant, dans le genre chrisanthcmum , beaucoup plus d'espèces à fleurs blanches (JeucaniliemuTti) que des autres.

Les genres suivans sont ceux qui renferment les espèces nommées chysatUhemum ^av les botanistes, et qui n'appar- tiennent point au genre qui en perle le nom: Amélie ^ Attio- nasle, ylrctotlde, Baltimore, Bident , Buphthalme , Cuiiile, Souri, Chry'sogonum , Cacalie , Carpesion , Camomille , Coréope , Éthulie , Helenium , Hélianthe , Kleinie , Lavenie , Ostéospenne , Ot lionne , Polymnie , Pha'éthme , Pyrèthre, Rudbeckia , S pilante , Silphium . Verhesine , Balsamite^ Protées ti Stau\>ies. (ln.)

CHRYSANTHEMOS. Nom qui , précédé de celui de carduus ( chardon ) , désigne les ScOLYlMES dans les ou- vrages de Bauhin, de Dodonce , de Dodart et de "Vail- lant, (ln.)

CHRYSAOR. Nom latin des coquilles dn genre Chri- SAORE de Denys de Montfort. (desm.)

CHRYSAORE, Chrysaores. Genre établi par Péron, aux dépens des méduses , et , depuis , réuni aux Cyatsées par Lamarck. (b.)

CHRYSEOS des anciens Grecs, est, suivant Belon , le Chacal. V. l'article Chien, (s.)

CHRYSELECTRE, Chr)'selectrum , Pline. Ce mot, qui signifie éleclre doré^ en grec , désignoit une pierre jaune seiri- Llable à de l'ambre. Il y a des auteurs qui pensent que ce peut être Thyacinlhe. (ln.)

CHRYSIDES , Chrysides. Tribu ( auparavant famille (Vs chrysidides) d'insectes, de Tordre des hyménoptères, famille des pupivores , ayant pour caractères : ailes inférieures sans nervures; tarière de la femelle composée des derniers anneaux de l'abdomen , rélractile , à la manière des tubes d'une lu- nette d'approche, terminée par un petit aiguillon; abdomen des individus du même sexe n'ayant , le plus souvent , quç trois à quatre anneaux extérieurs , plat ou voûté en dessous, el pouvant se replier contre la poitrine-; corps ayant alors l.i forme d'une boule.

Les chrysides sont des hyménoptères qui , par la richesse et l'éclat de leurs couleurs , vont de pair avec les colibris et les oiseaux mouches ; aussi des auteurs les ont-ils désignés sous le nom de guêpes dorées. On les voit se promener, mais toujours dans une agitation continuelle et avec une grande vitesse , sur l<\s nmrs et les vieux bois , exposés aux ardeurs du soleil. On les trouve aussitrès-souvcnt sur les fleurs. Leurs antennes sont courtes, filiformes, coudées, vibratiles , et composées de treize articles dans k's deux sexes ; les mandi- bules sont étroites , arquées et poiutues ; les palpes maxil-

C IT R Or)

lalres sont ordinairement plus longs que les labiaux, cl de cinq articles: les labiaux n'en ont que trois ; la languette est le plus souvent échancrée ; le corselet est demi-cylindrique , et offre plusieurs sutures ou lignes imprimées ; les ailes su- périeures ont une cellule radiale et une cellule cubitale, mais incomplète et recevant une nervure récurrente, éloignée du bout de l'aile ; l'abdomen du plus grand nombre est en demi - ovale , tronqué à sa base , et , quoique pédicule , semble , au premier coup d'œll, tenir au corselet par son plus grand diamètre transversal ; son dernier anneau a de gros points enfoncés , et se termine par des dentelures.

Ces insectes déposent leurs œufs dans les nids des apiaires solitaires maçonnes , ou dans ceux de quelques autres hymé- noptères. Leurs larves dévorent celles de ces Insectes.

Geoffroy associe ces hyménoptères aux guêpes. Linnaeus en a formé le genre chrysis , qui se divise maintenant de cette manière :

I. Mâchoires et lèive irh-allongées , formant une sorte de trompe fléchie en dessous , le long de la poitrine.

Nota. Palpes très-petits , n'ayant que deux articles. Ab- domen formé extérieurement de quatre segmens dans les mâles, et de trois dans les femelles ; le terminal plus grand que les autres , dans les deux sexes. ' Le genre Parnopès.

II. Mâchoires et lèvre courtes ou peu allongées , et ne formant point de trompe fléchie en dessous.

Nota. Palpes maxillaires de cinq articles ; les labiaux de trois.

A. Abdomen demi-cylindrique ou presque demi-circulaire, voûté, n ayant que trois segmens apparens.

* Mandibules sans dentelures , ou unidentées , au plus , au côté interne ; dernier segment extérieur de V abdomen ayant , soit un cor- don élevé , 50/'^ une rangée transocrse de gros points enfoncés ., et , le plus souvent., dentelé au bout.

Les genres Stilbe , Euchrée , Chrysis.

** Mandibules ayant deux dentelures , ou davantage , au côté interne ; abdomen uni et sans dentelures.

Les genres Hédichre , Elâmpe.

B. Abdomen presque ovoïde , point voxilé , ayant quatre à cinq segmens apparens ( toujours uni et sans dentelures au bout ).

Le genre Clepte.

Ce dernier genre est le seul que M. Jurine ait adopté : il réunit tous les autres en un , sous le nom de chrysis. Fabri-

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cius n'admet encore que ceux de depte et de pamopès ; les

aulres font également partie des chrysis. (l.)

CHRYSIDIDES, Ohr^'sidldes. F. Curysides. (l.)

CHKYSIS , Chiysis , Lat. Genre d'insectes de l'ordre des liyménoplères , section des térébrans , famille des pupivores, tribu des chrysides , et distingué des autres genres qui y sont compris , aux caractères suivans : mandibules n'ayant qu'une crénelure ou qu'une dent au côté interne ; palpes maxillaires sensiblement plus longs que les labiaux, de cinq articles; lan- guette entière et arrondie.

Les chrysis sont distingués des parnopès en ce que leurs mâchoires et leur lèvre ne forment point , par leur prolon- gement , une sorte de trompe , et que leurs palpes maxillaires sont composés de cinq articles. Ils diffèrent des élampes, des hédychres et des cleptes par leurs mandibules moins dentées, leur abdomen plus allongé et ayant souvent sur son dernier segment extérieur une rangée transverse de gros points en- foncés , mais sans cordon élevé ou bourrelet , caractère pso- pre aux stilbes et aux euchrées. Dans ceux-ci , d'ailleurs , les palpes sont presque de la même longueur, et la languette est Lifi l<s leur cellule radiale est ouverte , au lieu qu'elle est fer- mée dans les chrysis. Ces trois genres se ressemblent quant à l'abdomen , également composé de trois segmens extérieurs et voûté en dessous dans les deux sexes.

Ils ont, ainsi que les autres hyménoptères de la même tribu , les antennes courtes , filiformes , vibratiles , insérées près de la bouche , et composées de treize articles dans les deux sexes ; la léte un peu plus large que le corselet, contre lecjuel elle s'applique ; le corselet plus long que large , demi- cylindrique , dont le segment postérieur se meut sur l'anté- rieur , et se termine latéralement par deux angles pointus ; l'abdomen en demi-ovale , paroissant joint au corselet par tonte sa largeur , le plus souvent dentelé à son extrémité pos- térieure , et pourvu , dans les femelles , d'une tarière rétrac- tile , formée par les derniers segmens , et composant une suite de petits tuyaux , dont le dernier est armé d'un petit aiguillon ; c'est leur oviducte ; leurs pieds sont de longueur moyenne : leurs ailes supérieures ont une cellule radiale très -grande, ovale , el une cellule cubitale allongée et incomplète.

On a donné le nom de chrysis à ces jolis insectes, à cause de la beauté de leurs couleurs , qui ont le brillant et l'éclat des pierres précieuses. On les trouve pendant l'été sur les mu- railles autour des vieux bois, souvent sur les fleurs. Us sont très-vifs et ont le vol léger. Quand on les prend , ils se met- tent en boule , courbent leur ventre en dessous, portent son extrémité jusqu à la tête, appliquent en même temps leurs

C ÎI R 7,

pattes et leurs antennes contre leur corselet , et renferment toutes les parties dans la cavité de leur ventre ; les femelles n'ayant qu'un faux aiguillon , on peut les toucher sans craindre d'en être piqué ; leurs larves ne sont point connues; mais on croit qu'elles ressemblent à celles des guêpes et des sphex par leur manière de vivre et par leur métamorphose.

Chrysis enflammé , Chrysis igniia , Linn. , B. 28 , i3. Il a les antennes noires; la tête d'un vert doré brillant ; tout le corps finement pointillé ; le corselet d'un vert doré antérieu- rement , bleu postérieurement ; l'abdomen d'un rouge pour- pre , cuivreux en dessus , d'un vert brillant en dessous , de trois anneaux , dont le troisième couronné de pointes fines et serrées ; les pattes vertes ; les tarses noirâtres ; les ailes lé- gèrement teintes de brun avec les nervures obscures.

On le trouve voltigeant près des trous de murs et autour du vieux bois. 11 est très-commun aux environs de Paris.

Chrysis brillant , Chrysis mkaiis , Degeer. Il a environ trois lignes de longueur ; tout le corps d'un bleu verdâtre ; les antennes noires ; le corselet grand , allongé , chagriné ; l'ab- domen lisse , de trois anneaux , avec une grande tache ovale , noire , très-brillante sur le premier ; l'anus entier ; les ailes supérieures transparentes depuis leur origine jusqu'au rai- lieu , avec une teinte noirâtre à l'extrémité , et les nervures noires.

Degeer, qui a trouvé cet insecte dans une galle résineuse du pin , présume que sa larve s'est nourrie d'une chenille qu'elle renfermoit , parce qu'il a trouvé au fond de la galle une coque vide , d'une soie lâche , que le chrysis avoit percée pour en sortir, et les excrémens de la chenille qui avoit dis- paru. (L.)

CHRYSIS, Nom donné par Renaulme , spec. 84, t. 83 , au Soleil , helianthus annuus , Linn. (ln.)

CHRYSITE. Nom que les anciens donnoient à la Pierre- de-touche, (pat.)

CHRYSITIS , Dioscoride. Cette plante est rapportée au, genre Chrysocome. (F. ce mot.), (ln.)

CHRYSITRICE, ChrysilrLv. Genre de plante de la po- lygamie dioécie , et de la famille des Graminées , qui offre pour caractères: des fleurs toutes mâles sur certains pieds, et toutes hermaphrodites sur d'autres ; chaque fleur ayant une balle calicinale de deux valves, et pour corolle un grand nom- bre d'écaillés sétacées , beaucoup d'étamines entre les écailles ; un ovaire ovale , terminé par un style à trois longs stigmates velus. Le fruit est une graine ovale.

Ce genre ne contient qu'une espèce venant du Cap de Bonne -Espérance. Elle a les feuilles des graminées , et ses.

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fleurs sont accompagnées d'une feuille plus courte que ics autres , et qui leur sert de spathe. (b.)

CHRYSOBAL/VNUS {gland d'or, en grec. ). Nom géné- rique, donné par Linnseus et Jacquin, à un arbrisseau nommé IcACO en Amérique, et dont on mange le fruit. V. Icaquier.

CHRYSOBATE.Yégétation d'or Opérée par le feu. (pat.) CHRYSO BÉRYL. M. Werner donne ce nom à la subs- tance que M. Haiiy appelle rymophane. V. ce mot. (luc.) CHRYSO BERYL. V. Cymovhane. (luc.) CHRYSOCALIS , de Dioscoride. Cette plante est cap- portée à la Matricaire. (ln.)

CHRYSOCANTHARUS. V. Cétoine dorée, (desm.) CHRYSOCARPOS, de Dioscoride. Cette plante est rap-

f»orlée au LiERREpar Adanson. Ce nom, qui signifie fruit cou- eur d'or, ne paroît pas convenir au lierre, qui les a rouges. (ln.) CHRYSOCHLORE, ChrysorldoHs. Genre de mammifè- res carnassiers insectivores, établi par M. Cuvier , et adopté par MM. Lacépède , Geoffroy, Duméril, Illiger, etc.

La seule espèce de ce genre jusqu'à présent bien connue , a la taille et le port d'une taupe. Sa mâchoire supérieure a deux incisives fortes et aiguës ; celle d'en bas en a deux sem- blables à ces dents et qui leur correspondent ; mais elles sont séparées par deux autres très-petites qui ne paroissent être d'aucune utilité. Les molaires supérieures aune seule pointe ( fausses molaires ) sont au nombre de trois , à moins qu'on ne prenne celle qui est la plus voisine des incisives pour une canine , dont elle n'a pas la forme. On compte ensuite six vraies molaires , toutes séparées les unes des autres par un intervalle égal à l'épaisseur des molaires inférieures -, leur forme , excepté la dernière , est triangulaire : un tubercule nait à chaque angle , et l'angle le plus aigu est en dedans de la mâchoire , puis un quatrième tubercule naît à la base de cet angle ; la dernière ne présente qu'une lame mince , lé- gèrement échancrée.

La mâchoire inférieure est munie de dents semblables ; on y compte seulement une molaire de moins. Ces molaires sont un peu plus minces que celles d'en haut , mais également es- pacées, de sorte que c'est dans les intervalles des dents d'une mâchoire que s'introduisent les dents de l'autre mâchoire. {F. Cui'icr.)

Le corps est court et gros ; la tête n'est point portée par un cou distinct; le museau est un peu prolongé, cartilagi- neux et tronqué au bout ; les yeux sont si petits qu'on ne peu. les apercevoir ; il n'y a point de conque externe de l'oreille t Les pieds de devant n'ont que trois doJgls, dont l'externe en-

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veloppé tout entier dans un ongle fouisseur est d'une grosseur monstrueuse; les pieds de derrière enontcinq, donirexlérieur est le plus court. 11 n'y a point de queue.

Espèce unique. La ChRYSOCHLORE DU CaP ou Taupe DO- RÉE , Chjysochloris rapensis , (ieof. ; Ta/pa sibirka aurea , Bris- son ; Sorex auratus , Gmel. ; Talpa asiatka , Linn. , Schreber , Sauglh, pi. 157 , Brovvn 3 , 4^5 ; Musaraigne dorée ^ Cûvier, tabl. de THist. nat. des anim.

Cet animal , qui n'a guère que quatre pouces et demi de lon- gueur , est conscquemment un peu plus petit que la taupe. Tout son corps est couvert de poils dont la base est brune et l'extrémité d'xui vert brillant qui produit de beaux reflets métalliques lorsque l'on regarde la chrysochlore sous certains aspects.

Elle se trouve aux environs du Cap de Bonne-Espérance, et non en Sibérie, comme on l'a cru sur une fausse indication de Séba. Ses mœurs sont inconnues. 11 est probable, toute- fois, qu'elle vit sous terre , car elle a , comme les animaux des genres voisins , qui sont souterrains , un des osselets du tarse qui se prolonge de manière à former en quelque sorte un troisième os de l'avant-bras , et à donner plus de force au membre antérieur.

Par la forme de ses dents , la chrysochlore se rapproche principalement des scalopcs , des desmans , des musaraignes et des hérissons, qui ont tous , ainsi que le remarque M. Cû- vier, deux longues incisives en avant , suivies d'autres inci- sives et de canines , toutes plus courtes que les molaires ; ce qui rapproche un peu ces animaux des rongeurs , et a déter- miné ce naturaliste à en faire une petite tribu particulière dans la famille des carnassiers insectivores.

La Taupe rouge d'Amérique décrite et figurée par Séba, I , pi. 32 , fig. 1 , Talpa americana rufa , Briss. ; Talpa ruhra , Linn. , paroit appartenir à ce genre ; son poil est roux mêlé de cendré clair ; ses pieds n'ont que trois doigts à ceux de de- vant, et quatre à ceux de derrière qui sont à peu près égaux; tandis que les doigts des pieds de devant sont très-inégaux , l'extérieur étant beaucoup plus long que les deux autres, et armé d'un ongle plus fort et plus crochu ; le second doigt est plus petit , et le troisième l'est encore beaucoup plus.

Elle est un peu plus grande que la taupe d'Europe , avec laquelle elle a d'ailleurs beaucoup de rapports ; ses oreilles sont petites et arrondies. Sa chair est bonne à manger.

Buffonpensoil que letucan de Fernandezn'étoit autre que cette taupe rouge. M. Cuvier se refuse à admettre ce rapproche- ment, et il regarde le tucan plutôt comme un Rat taupe e

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à cause de ses deux longues dents à chaque mâchoire , et de

son i-égime végétal, (desm.)

CHFxYSOCOLLE. C'est le nom que les anciens natura- listes donnoient au Borax et ntênie au Vert de montagne, qui est un carbonate de cuivre. D'après ce que dit Pline , L. 33 , § 2G , il paroît qu'on donnoit le nom du chrysocolle à tous les guhrs, qu'on regardoit comme les générateurs des métaux.

M. Werner applique ce nom à un minéral cuivreux qui a été reconnu pour un cuivre hydraté. V. ce mot.

Les anciens nommoient encore chrysocolle {colle (Toi-), une substance verte el sablonneuse qu'ils employoient pour souder Torcomme nous employons le boraxpour cetobjet. (pat.luc.)

CHRYSOCOME , Chrysocoma. Genre de plantes à (leurs composées, de la syngénésie polygamie égale , et de la fa- mille des CoRYMBlFERES, dont les caractères sont d'avoir un calice commun , hémisphérique , imbriqué d'écailles pointues plus ou moins dentées , renfermant de nombreux fleurons hermaphrodites , tubulés et quinquéfides , posés sur un réceptacle nu. Le fruit consiste en plusieurs petites se- mences oblongues , comprimées et chargées d'une aigrette sessile , dont les filets sont imperceptiblement plumeux.

Les caractères de ce genre sont figurés pi. 6g8 des Illustra- tions de Lamarck.

Les chrysocomes sont des plantes frutescentes ou herba- cées , à feuilles simples et alternes , et à fleurs solitaires ou disposées en corymbcs terminaux. On en connoît une ving- taine d'espèces , dont une seule est d'Europe.

Parmi les espèces à tige ligneuse , on ne peut citer que la Chrysocome dorée, Chrysocoma comaurea , Linn, , dont les feuilles sont linéaires, glabres, écartées de la tige, décur- rentes sur leur dos, toujours vertes, et dont le pédoncule est: droit et uniflore. Cet arbrisseau croît en Afrique , et pourroit être employé à lornement des jardins dans les payschauds, par l'agrément et la durée de ses fleurs.

Parmi les chrysocomes à tiges herbacées on doit men- tionner la Chrysocome linière , Chiysocoma lynosiris , qui a les feuilles linéaires, glabres , les écailles calicinales lâches , qu'on trouve dans les montagnes de l'Europe ; et la Chry- socome graminée , qui a les feuilles linéaires , lancéolées, à trois nervures glabres , les fleurs en corymbe , et les calices imbriqués. Cette dernière croît dans l'Amérique septentrio- nale , je l'ai observée, elle couvre des espaces considé- rables, et produit un bel effet pendant l'automne par ses fleurs jaunes. Elle s'élève souvent à plus de trois pieds, (b^)

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CHRYSOCOMÊ. Dîoscoride (lonnolt ce nom et celui de chrisilis à une plante qu'il dit être semblable à Ihysope , qui s'élève à la hauteur d une palme , et dont Textrémité de la tige forme un bouquet, probablement à fleurs jaunes, comme paroîtroil l'indiquer le nom grec de chiysocomt) ( che- velure dor). Elle croissoil dans les lieux pierreux. Les com- mentateurs de Dioscoride , à commencer par Pline , n'ont su de quelle plante il s'agissoit. On a successivement pensé que ce pouvoitêtre Veslvaiq^on (^ortemisia dracunculus, Linn. ), le stœchas (^gnaphalium stœchas , L. ) , un ciste, un orpin (^sedum), etc. Suivant Columelle , ce seroit la plante nom- mée lynosiris par (iesner, Dalechamps, et Lobel, qui se rap- porte à Vosiris de Clusius , et au chrysoroma linosyris de Linn. Ce dernier naturaliste n'éloit-il pas de ce sentiment, puis- qu'il comprend cette plante parmi les espèces du genre auquel il donne le nom de Chrysocoma? Au reste, toute discussion à cet égard étant inutile, nous nous bornerons à faire remarquer que les botanistes ont donne ce nom à beaucoup de plantes qui se trouvent maintenant dispersées dans les genres, conise , immortelle {xermdhemum) , éli- chryse , bacchante , gnaphale , staeheline , eupatoire , ou qui forment le genre Chrysocome établi par Linnœus.

(LN.)

CHRYSODON. Gmelin place dans le genre Sarelle, sous le nom spécifique de Qiiysodon^ un tuyau cylindrique d'im jaune sale , qui paroît loger un animal voisin des Am-

PHITRITES. (DESM.)

CHRYSOG ASTRE, Chijsogasier. , Meig. Genre d'in- sectes de l'ordre des diptères, que je réunis à celui de Mi- LÉsiE. V. ce mot. (l.)

CHRYSOGONE, Chrysogomim. C'est une petite plante de la syngénésie polygamie nécessaire, dont les feuilles sont opposées , ovales-en-cœur, velues et portées sur de longs pé- tioles ; les fleurs jaunes, légèrement pédonculées , et nais- sant dans les bifurcations des rameaux.

Ces fleurs ont un calice commun, composé de cinq folioles ouvertes et lancéolées , qui renferme plusieurs fleurons her- maphrodites, tubuleux, à cinq dents, stériles , et cinq demi- fleurons femelles fertiles , à languette ovale , oblongue, tron*- quée , placés à la circonférence.

Le fruit consiste en cinq semences solitaires , enveloppées dans un calice particulier de quatre folioles, et couronnées' d'une écaille à quatre dents.

Foyez pi. 718 des Illustrations de Lamarck, cette plante est figurée et accompagnée d'une seconde espèce du même genre , dont les feuilles sont obluscment dentées.

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J'ai vu la première espèce , la Chrysogone de Virgiisie, et observé qu'elle est ordinairement acaule , c'esl-à-tlire , fpe les fleurs sont presque sessiles sur les bifurcations des feuilles qui naissent de la racine , et qu'elle ne <levient telle fpi'elle est représentée dans Lamarck que dans les endroits ombragés et humides, qu'elle n'adopte pas de préférence ; <:ar on la trouve plus généralement dans les lieux secs et dé- couverts, (b.)

CHRYSOGONUM, en grec dgenou dor). Dioscoride fait mention, 9ous ce nom , d'une plante herbacée que Lin- useus nomme leontice chrysogoninn. Ptauwolfius et Ray avoient fait ce rapprochement avant Linnaeus. Celui-ci a donné ce nom ensuite à une plante de l'Amérique septentrionale à la- quelle il avoit associé le genre zùinia , qu'il en a séparé depuis. Adansou avoit réuni le rhrysogomimyle mélampodium de Lin- nœus , et Tuvedalia de Jacquin, en un seul genre, Cargilla.

V. CHRY.SOGO^^E. (LN.)

CHRYSOLACHANOM. Pline et Dioscoride donnent ce nom à la Belle-dame {atriplex. hortensis ^ Linn. ). Pline attribue cependant à sa plante des propriétés qui peuvent faire douter de l'exactitude de ce rapprochement. Adanson pense que ce peut être une plante de la famille des chico- racées et du genre des lampsanes {lapsana^ L ). (ln.)

CHRYSOLAMPE , CA/j5o/</m^H5. Genre d'insectes, de Tordre des hyménoptères, famille des pupivores, tribu des châlcidies, établi par M. Maximilien Spinola, et qui a pour caractères : antennes de douze articles ; abdomen attaché à l'extrémité postérieure et inférieure du métathorax, de sept anneaux dans les mâles, et de six dans les femelles; tarière de ces dernières horizontale et inférieure; premier article des antennes logé dans une fossette du front et inséré à son milieu; cuisses postérieures simples ; abdomen pétiole.

Il cite pour exemple le dlplolepis splendidula de son ou- vrage sur les insectes de la Ligurie, ou des environs de (iènes. (l.)

CHRYSOLAMPIS des anciens. C'est peut-être l'un des noms par lesquels le péridot était désigné, (ln.)

CHRYSOLE, Chrysulus. Genre de coquille établi par Denysde ]Montfort,aux dépens des N autiles de Linnœus, dont il diffère par une ouverture triangulaire , fermée par un dia- phragme qui n'offre point de trou, mais qui est crénelé contre îe tour de la spire.

La coquille qui sert de type à ce genre est presque trans- parente. Elle se trouve dans la Méditerranée , au voisinage de Livo urne. Sa grosseur est celle d'un grain de moutarde.

(c.)

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CHRYSOLITHA. Selon Denys de Monlfort , cenom est Tun de ceux qui servent à désigner les coquillages fossiles du genre des Ammonites, (desm.)

CHRYSOLITH. Nom allemand du ;>m^o^ cristallisé. V. plus bas.

CHRYSOLITHE. Les minéralogistes n'ont point été d'accord sur la substance qu'ils ont appelée cfirysoliihe; et les joailliers le sont encore moins, car ils donnent cenom à toute espèce de gemme d'une couleur jaune-verdâlre qui jouit d'un certain éclat, et ils appellent />m(/o/, une gemme d'un vert foible , et qui n'a que peu d'éclat.

Romé-Delisle a décrit, sous le nom de chrysolilhe ordinaire j une substance jaune verdàtre qu'ontrouve en Espagne , et dont la forme cristalline ressemble beaucoup à celle du cristal de roche ; mais l'analyse a fait voir que celle chrysolithe n'é- loit qu'une apatite phosphatée ou chaux. V. ces mots.

Suivant le même auteur, la chrysolilhe de Saxe étoit une variété verdàtre de la topaze. Cependant j'ai vu des officiers des mines , Saxons, au service de Russie, qui éloient très- instruits, et qui donnoient le nom de chrysolilhe à ce que Werner a, depuis, nommé apatite; ainsi, ils étoient, sans le savoir, d'accord avec Romé-Delisle ; car on ne soupçonnoit pas alors qu'il y eût la moindre identité entre sa chrysolithe d'Espagne et l'apatite de Saxe, qui, en effet, ne se ressem- blent guère extérieurement.

La chrysolilhe orientale étoit la topaze d'Orient, d'une teinte verdàtre.

Les chrysolithes du Rrésil et de Sibérie étoient des va- riétés d'émeraudes et d'aigue-marines d'une teinte jaune plus ou moins foncée.

Comme aucune de ces gemmes ne formoit une espèce par- ticulière , Werner a restreint le nom de chrysolithe à la substance qui étoit déjà connue sous le nom de chrysolithe lies volcans .1 et qui n'a rien de commun avec les différentes gemmes auxquelles on avoit donné ce nom.

Mais il a cru devoir assigner spécialement cette dénomi- nation à celle qui se présente sous une forme régulière et cris- tallisée. Il a donné le nom d'olivine à la matière vitreuse d'une couleur jaune olivâtre qui se trouve en masses irré- gulières d'un volume considérable , ou sous la forme de pe- tits grains disséminés dans la lave ou le basalte.

Haiiy a réuni ces deux substances sous la dénomination de Péribot. F. ce mot. (pat.)

Chrysolithe d'Espagne. F. Chaux phosphatée.

Chrysolite du Rrésil. F. Cymophane.

Chrysolithe du Cap. F. Prehnite.

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Chrysolithe oRUmAiRE. V. Chaux phosphatée.

Chrysolithe chatoyante. V. Cymophane.

Chrysolithe orientale. Voyez Corindon- Hyalin et Cymophane.

Chrysolithe gpalisante V. Cymophane.

Chrysolithe de Saxe. Yarleté de topaze verdâtre de Saxe. V. Topaze.

Chrysolithe de Sibérie. Emeraude d'un jaune ver- dâlre ou algue -marine de Sibérie. V. Aigue-marine et Emeraude.

Chrysolithe des volcans. ( Olhine de Werner). V. PÉ-

RIDOT. (LUC.)

Chrysolithe du Vésuve. V. Idocrase. (luc.)

CHRYSOLITHES. On a nommé ainsi autrefois des pé- trificalions pyriteuses, la pyrite {fer sulfuré^ et le mica jaune d'or. Mercatus donne encore ce nom aux cornes d'ammon pyrltisées. (ln.)

CHRYSOMALON, Chrysomalon. Genre de plantes qui diffère à peine des Gattiliers. (b.)

CHRYSOMELA {pomme d'or). Nom donné aux Ci- trons par Athénée, (ln.)

CHRYSOMÈLE, Chr^somela. Llnn. Genre d'Insectes de l'ordre des coléoptères, section des tétramères, famille des cycliques, tribu des chrysoméllnes.

Les chrysomèles ont le corps plus ou moins ovale , très- convexe; deux ailes membraneuses, repliées, cachées sous des étuis durs ; le corselet rebordé ; les antennes insérées en- tre les yeux , moniliformes , plus longues que le corselet, plus courtes que le corps, composées de onze articles, dont le premier est un peu renflé ; la bouche munie d'une lèvre supé- rieure cornée , de deux mandibules cornées, voûtées , tran- chantes , de deux mâchoires bifides, d'une lèvre inférieure cornée , et de quatre antennules courtes , presque en masse ; enfin, les tarses composés de quatre articles courts, assez larges , garnis de pelotes en dessous , et dont le troisième est bllobé.

Ces insectes ont beaucoup de rapports avec les altlses , les galéruques, les criocères, les érotylcs , les cassides et les coccinelles ; ils en sont distingués , soit par les antennes , soit par le corselet, soit par les tarses. Ils diffèrent aussi des pa-' ropsldes et des doryphores, qu'on avolt confondus avec eux, par leurs palpes maxillaires , dont les deux derniers sont presque de la même longueur, et dont le terminal est en forme d'gvoïde tronqué ou presque cylindrique. Leur corp^

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est ovaie ou arrondi, ce qui les sépare des prasocures ou liélodes.

Les chrysomèles , en général , sont assez petites ; les plus grandes ne s'élèvent qu'à cinq ou six lignes de longueur, sur trois ou quatre de largeur. Leur forme, très-agréable et or- dinairement enrichie des plus belles couleurs, telles que le rouge d'écarlate, Tazur, le bleu , le vert doré, devoit les faire rechercher avec empressement par les amateurs jaloux d'embellir leurs collections; et les naturalistes dévoient les rencontrer trop fréquemment sur leurs pas, pour ne pas les consigner dans leurs descriptions. On n'en trouve point de velues ; elles sont toutes très-rases , lisses , sans poils sensiV blés , et le brillant de leurs couleurs jouit de toute sa pureté. Elles vivent sur les arbres et sur les plantes , se nourrissent de leurs feuilles, et y déposent leurs œufs. La femelle , dans quelques espèces , est si féconde , et a le ventre si rempli d'œufs, et par conséquent si renflé, qu'à peine les élytres peuvent le couvrir.

Les larves ont six pattes écailleuses , articulées et assez lon- gues. Leur corps est allongé, divisé en anneaux, et terminé en pointe garnie au bout d'un mamelon charnu qui leur sert de septième patte ; elles le posent sur le plan elles mar- chent, et comme il est ordinairement couvert d'une matière gluante , elles se servent de cette espèce d'empâtement pour se tenir fixées sur la feuille. Leur tête est écailleuse et arron^ die , munie de dents, de petites antennes , et de petits barbil- lons. Plusieurs espèces de ces larves aiment à vivre en société sur une même feuille , qu'elles rongent en compagnie. Pour se transformer, elles se servent des mêmes précautions que les larves des coccinelles ; elles s'attachent quelque part, or- dinairement sur les feuilles, avec le mamelon du derrière; ensuite elles font glisser la peau de larve jusqu'au bout da corps , elle reste réduite en peloton. 11 y a cependant quelques espèces qui entrent dans la terre, pour s'y transfor^. mer en nymphe.

Ces nymphes sont ordinairement de figure ovale , plus ou moins allongée, et ressemblant en général à celles de beau-j coup d'autres cole'optères ; elles pestent engagées par le der- rière dans la peau de la larve réduite en peloton, et se soutien- nent uniquement par cet endroit à la feuille. Les chrysomè- les ne restent ordinairement sous la forme de nymphe que quelques semaines , et souvent que quelques jours.

Les espèces les plus connues sont :

La Chrysomèle ténébrion. Elle est aptère , ovale , très- noire, avec les antennes et les pattes violettes. Elle se trouve attoiidi de l'Europe, par terre , dans les bois , les haies, les

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jardins. Sa larve se nourrit de la plante connue vulgairement sous le nom de caille-lait^ et de toutes les plantes rubiacées : elle est violette, très-renflée, avec rextrcmité fauve : elle est auelquefois d'une belle couleur bronzée : sa démarche est fort lourde.

La Chrysomèle sA.^^GumoLE^TE, B. 23. i^, est noire, à élytres rugueuses avec leur bord externe d'un rouge de sang. Elle est commune en Europe.

La Chrysomèle du garmen est ova'e, d'un vert doré brillant , quelquefois bleuâtre : elle se tro'îve sur les plantes labiées et les graminées, (o.)

CHRYSOMÉLINES, Chrysomellnœ , Lat. Famille d'in- sectes de l'ordre des coléoptères, section des létramères, ainsi nommée, du genre chiysomcla de Linnajus, dont elle se compose. Elle ne forme plus qu'une division ou tribu de la famille des cycliques (^Règne animal de M. Cuvier, tôm, 3), et qui a pour caractères essentiels : antennes insérées au- devant des yeux ou dans l'intervalle qui les sépare , et peu éloignées de la bouche.

L Antennes insérées au-devani des yeux.

Les genres : Clythre, Chlamyde, Gribouri, Eumolpe, CoLASPE,. Paropside, Doryphore , Chrysomèle, Pra-

SOCURE.

IL Antennes insérées entre les yeux. Les genres : Adorie, Galéruque et Altise. Voyez ces mots et Cycliques, (l.)

CHRYSOMITRES. Nom grec du Chardoniseret, se^- lon Aldrovande et Willughby. (v.)

CHRYSOPALE. V. Cymophane. (luc.) CHRYSOPHYLLUM (feuilles d'or, en grec. ) Nom la- tin du genre CaÏmitier. On trouve dans les genres Jacqui- nier, Bumelia et Sydéroxyle, des espèces qui avoient été placées dans le genre Chrysopiiyllum. (ln.)

CHRYSOPHYS , Pline. C'est la Topaze, suivant quel- ques auteurs, (ln.)

CHRYSOPHYS. C'est le nom grec de lâ'DoRkBE, Spari^s auratus. (desm.)

CHRYSOPIE, Chrysopia. Grand arbre de Madagascar' que Dupetlt-Thouars regarde comme devant former seul un genre dans la polyadelphie polyandrie, et dans la famille des millepertuis.

Les caractères de ce genre s'expriment ainsi: un calice de rinq folioles colorées; une corolle de cinq pétales épais, coulés, avec un appendice épais, urcéolé, divisé en cinq

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lobes connivens; des étamlnes nombreuses, rfanîes en plu- sieurs paquets; un ovaire à cinq loges, surmonté d'un style partagé profondément en cinq stigmates.

Le suc de cet arbre est jaune, (b.)

CHRYSOPRASE ou simplement Prase (Quarz- Agatheprase, Haiiy.). C'est une pierre qui est de la même nature que le silex ^ mais remarquable par sa jolie couleur vert de pomme; quelquefois elle passe au vert